Le changement climatique en France « pire que prévu », selon des chercheurs

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Selon une étude récente, les températures moyennes en France pourraient augmenter de 3,8 degrés d’ici la fin de ce siècle, un niveau supérieur à la moyenne mondiale.

« Cela représente une augmentation allant jusqu’à 50% par rapport aux prévisions précédentes », a déclaré Aurlien Ribes, climatologue au Centre national de recherches météorologiques (CNRM), l’un des auteurs de l’étude.

Dans le pire des cas, si la France continue de dépendre fortement des énergies fossiles, les températures moyennes pourraient augmenter de 6,7 degrés, prévient l’étude publiée le 4 octobre dans Earth Systems Dynamicsjournal.

Dans le meilleur des cas, l’augmentation serait de 2,3C.

Impact cumulé des émissions

Des chercheurs du CNRS, du CNRM et du Centre européen de recherche et de formation avancée en calcul scientifique (Cerfacs) ont utilisé les données collectées depuis 1899 par une trentaine de stations météorologiques à travers la France pour calculer le réchauffement actuel et futur.

Ces données ont montré que la température moyenne actuelle en France est supérieure de 1,66 degrés à celle de la période 1900-1930.


« Chaque tonne de CO2 compte car le réchauffement dépend du niveau cumulé des émissions », a expliqué Ribes, ajoutant que « d’ici 2023, nous aurons déjà atteint +1,8 degrés ».

Le dernier rapport des experts du climat de l’ONU (GIEC) a montré que la planète s’était déjà réchauffée en moyenne de près de 1,2 degré depuis l’ère préindustrielle en raison des gaz à effet de serre générés par les activités humaines.

Forte chaleur, sécheresse, inondations

La hausse de 3,8 degrés d’ici 2100 en France n’est qu’une moyenne, préviennent les chercheurs : certaines régions, notamment autour de la Méditerranée ou en montagne, pourraient connaître des hausses encore plus importantes.

Le réchauffement peut également varier considérablement selon la saison. Alors qu’en hiver, la hausse de température serait de 3,2C (2,3 à 4,2C selon les régions), l’été pourrait connaître une hausse moyenne de 5,1 degrés (3,6 à 6,6C).

« Cela voudrait dire que les phénomènes extrêmes comme les sécheresses et les inondations, seraient beaucoup plus sévères que ceux que nous avons connus à l’été 2022, où la hausse moyenne des températures n’était ‘que’ de 4 degrés », pointe Julien Bo, chercheur en climatologie au CNRS. .

Écosystèmes, biodiversité en danger

Dans tous les cas, ce réchauffement aura « des conséquences sur les écosystèmes et la biodiversité, avec des habitats devenant moins favorables à certaines espèces, et aussi sur le système agricole » avec l’abandon de certaines cultures en raison d’un manque d’eau ou d’une modification des cycles de récolte, explique Bo.

Seule leçon positive, « nous sommes au point où le réchauffement augmente le plus vite » en raison de la diminution de l’utilisation des aérosols, qui ont un effet refroidissant.

« Le rythme d’augmentation devrait donc ralentir après 2030 », précise Ribes.

Pour autant, si rien ne change, la France n’échappera pas aux 3,8 degrés supplémentaires moyens.

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