La surpopulation carcérale a atteint un nouveau record, au milieu d’une rafle de gardiens de prison

Les prisons françaises comptaient 88 145 détenus au 1er avril 2026, un nouveau record selon les termes de de plus en plus d’incarcérationselon les chiffres officiels de la Chancellerie publiés jeudi 30 avril.

« C’est une cocotte minute, ça va exploser » : plusieurs prisons ont été fermées en raison de la surpopulation et du manque de personnel

Cela représente une augmentation de plus de 5 000 détenus en un an (+6,3 %) due à une augmentation d’au moins mille places disponibles dans les prisons françaises (+1,6 %).

Encore plus dangereux dans les prisons, où les peines sont courtes ou les personnes en attente de jugement parce qu’elles sont présumées innocentes (171,1%), le nombre de personnes atteint 139,1%.

Le risque d’évolution vers un « ménage »

La France se classe parmi les pays les plus pauvres d’Europe en termes de population carcérale, seules la Slovénie et Chypre faisant pire avec les taux d’incarcération les plus bas.

Fin janvier, le Conseil de l’Europe a critiqué le régime pénitentiaire français, alertant dans un rapport sur le risque d’évolution vers « maison des gens ». La surpopulation, la saleté et la violence y sont particulièrement courantes.

Surpopulation carcérale : « Nous voulons réfléchir à la durée appropriée des peines »

Signe frappant du problème et des destructions en cours, ce sont les matelas qui ont dû être placés sous les cellules, faute de place dans les lits : ils étaient 7 540 au 1er avril, soit une augmentation impressionnante de près de 60 % en un an (4 752). Deux détenus sont confinés dans le même établissement (taux égal ou supérieur à 200 %) dans trente des 190 établissements que compte l’unité. Une image qui ne cesse de s’agrandir.

Le problème est particulièrement grave dans les régions parisienne (+ 162,9 %) et toulousaine (+ 156,3 %), ainsi qu’en outre-mer (+ 148,1 %).

Se battre en prison

Les gardiens et les administrateurs pénitentiaires avertissent depuis des mois que la prison est sur le point d’exploser. Environ 22% des établissements étaient concernés par le mouvement fin avril, selon le ministère de la Justice, tandis que l’Ufap-Unsa a indiqué qu’une centaine de prisons étaient mobilisées.

Et facture en préparation son objectif est de lutter contre la surpopulation carcérale et prévoit notamment de mettre fin à la pratique des matelas posés à même le sol dans les cellules. Pas de temps à gagner, la révision et la mise en œuvre n’ont été annoncées publiquement.

Droits des détenus, coût de l’intervention chirurgicale… Pourquoi exporter les prisonniers n’est pas une solution miracle

Le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, a exprimé son dégoût pour tout système de gestion pénitentiaire, système qui prévoit, comme en Allemagne, qu’au-delà d’une certaine limite, l’entrée en prison doit s’accompagner d’une sortie.

Le ministère de la Justice prévoit d’ouvrir 3 000 places supplémentaires dans les prisons de sécurité, dont la moitié d’ici 2027, alors que moins de 15 000 prisons prévues dans le plan national lancé en 2018 ont été aménagées.

Gérald Darmanin a reçu fin avril une augmentation des expulsions de prisonniers étrangers, dans le cadre de la libération officielle ou des accords internationaux. Mais cela ne concerne qu’un petit nombre de détenus et ne résoudra pas le problème, affirment les associations de gardiens et d’administrateurs de prison.

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