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Pourquoi 2024 est clé pour l’entreprise nationale de l’énergie française

Le chantier de construction du réacteur nucléaire EPR de troisième génération à Flamanville (nord-ouest de la France), le 14 juin 2022.

Cette année c’est le année. Du moins selon l’énergéticien EDF, seul exploitant du parc nucléaire français, qui mise beaucoup sur 2024. EDF a des échéances importantes à respecter : un chantier à terminer et un autre à préparer, tous deux en Normandie.

À la centrale de Flamanville, où deux réacteurs sont déjà en service, le premier réacteur de troisième génération jamais construit dans le pays est encore loin. Le désormais célèbre EPR (« European Pressurized Reactor ») devrait finalement entrer en service avec 12 ans de retard. Comme d’autres avant lui, le nouveau Premier ministre français, Gabriel Attal, est optimiste. « Cette année, l’EPR de Flamanville sera opérationnel », a-t-il déclaré dans sa déclaration de politique gouvernementale à l’Assemblée nationale, le 30 janvier. EDF devrait commencer à charger le réacteur en combustible à l’uranium enrichi en mars. Le raccordement de « Flamanville 3 » au réseau électrique est prévu pour mi-2024.

Le réacteur devrait être pleinement opérationnel et produire plus de 1 600 mégawatts à la fin de l’année. C’est du moins la théorie. En pratique, le maître d’ouvrage a souvent dû « ajuster le calendrier », le dernier report ayant été annoncé en décembre 2022. Jusqu’à présent, sur les 56 réacteurs déjà en exploitation en France, la mise en service la plus récente remonte à 1999. La deuxième tranche à Civaux, dans le sud-est de la France, est déjà en activité depuis un quart de siècle.

D’un retard à l’autre, le coût de construction de l’EPR de Flamanville a quadruplé depuis la pose de la première couche de béton, il y a plus de 16 ans, en décembre 2007. EDF a récemment revu à la hausse ses prévisions à 13,2 milliards. Or, selon un rapport de la Cour des comptes de 2020, la facture atteindra au moins plus de 19 milliards. Les coûts supplémentaires, tels que les frais financiers, doivent également être pris en compte.

Travail préparatoire

Contactée, l’entreprise n’a pas fourni de détails sur le coût actualisé de ce projet, qu’elle a financé sur ses fonds propres. Il n’a pas non plus donné de détails sur le calendrier. Bernard Doroszczuk, président de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), avait déclaré fin janvier que le calendrier était encore « très serré », mais « possible » à respecter. Avant d’autoriser une quelconque mise en service, son organisme attend encore les « derniers éléments » d’EDF, sur la « préparation globale du site à l’exploitation » et sur « quelques points » concernant la « certification de conformité de certains équipements sous pression ».

Les difficultés rencontrées à Flamanville n’ont pas dissuadé le président français Emmanuel Macron, en février 2022, d’annoncer la construction d’au moins six nouveaux réacteurs EPR 2, à commencer par deux à Penly. Cette autre centrale normande dispose déjà de deux réacteurs actuellement en exploitation. C’est là que doit commencer la relance d’un nouveau programme nucléaire français.

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