L’histoire de Jubillar : la violence, les causes des décès… Que nous apprend l’examen des ossements ?

Avant trouversur les conseils de Cédric Jubillar, d’os à une dizaine de kilomètres de Cagnac-les-Mines, les analyses médico-légales nécessaires vont désormais être réalisées pour confirmer qu’il s’agit bien des ruines de Delphine Jubillar.

Outre cette identification, ces ossements – état inconnu à l’heure actuelle – peuvent fournir des informations importantes sur la cause du décès, même six ans après les faits. « On aurait des choses qui iraient bien si les coups de poing avaient provoqué des tumeurs osseuses », explique Bernard Marc, médecin légiste, sur BFMTV.

Bernard Marc donne plusieurs exemples : si la personne est poignardée à la poitrine, « généralement le couteau détruit les côtes, ça laisse une marque ». Des fractures, des blessures aux mains et des traumatismes crâniens peuvent par exemple être diagnostiqués. À l’inverse, des fractures ou des blessures peuvent être résolues grâce à ces os.

Lorsqu’il s’agit de rejet, de nombreux os « sains et importants » peuvent parler. « Par exemple, c’est l’os hyoïde qui est l’os du cou, qui se trouve au dessus du larynx », explique le médecin. « Ce petit os est celui qui révélera les chemins les plus intéressants. »

Une simple dent peut « indiquer une asphyxie »

Il y a aussi un signe indirect de décoration, et ici il faut regarder les dents. « La couleur peut être présente sur les racines des dents, elle indique une asphyxie qui aurait pu être provoquée par la pression ou le mode de poinçonnage », explique Bernard Marc. « Les dents sont très solides, durent longtemps et deviennent roses dans ces cas-là. »

Pour Bernard Marc, dans ce cas, « les os parleront mais la tumeur doit être les os ». « Si vous avez des lésions pulmonaires, cela ne se reproduira évidemment pas », ajoute-t-il.

« Les os peuvent parler », affirme le professeur Olivier Jardé. « Y a-t-il eu une fracture du crâne ? Y aurait-il eu un traumatisme crânien. Y a-t-il des coups de couteau ? Et cela pourrait être trouvé sur une vertèbre ou une côte. Ce sont des éléments importants pour tenter de reconstituer cette scène de crime. »

La médecine légale bénéficie en effet d’un certain nombre de méthodes qui permettent de privilégier une méthode plutôt qu’une autre. Pour rappel, dans une lettre adressée à son avocat au début du mois, Cédric Jubillar avait reconnu son rôle dans la dissolution de son épouse, confirmant avoir agi « après un conflit conjugal ».

« Très difficile »

Si ces ossements fournissent la clé pour les comprendre, ils ne pourront pas dire l’heure exacte du décès de Delphine Jubillar, si l’analyse prouve qui elle était. « Ce sera très difficile », a déclaré Bernard Marc. « Ce seront des chercheurs qui seront plus affinés pour présenter à travers des images numériques, notamment », poursuit-il.

Toutefois, la présentation des ossements peut renseigner sur le déplacement du corps vers la zone : « comment il a été traîné, s’il était sur la couverture, s’il était enveloppé », mentionne le médecin légiste.

« Par rapport aux animaux et aux plantes, on pourra aussi dire si le corps aurait bougé grâce à la science des parasites », explique le général François Daoust. « Les signes destructeurs peuvent le dire. »

L’article original a été publié sur BFMTV.com

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