La favorite française Marine Le Pen attend une décision de justice

Une autre impossibilité, par exemple pour une invalidité de deux ans, est de faire appel devant la plus haute cour d’appel, la Cour de cassation.

S’il est reconnu coupable mardi mais autorisé à se présenter à la présidentielle, il ne lui sera pas utile de se pourvoir en cassation car sa décision – qui pourrait intervenir en janvier – pourrait être contre lui et lui rendre la disqualification.

Toutefois, le demandeur n’est pas le seul à pouvoir saisir la Cour de cassation. Un procureur le peut aussi. Dans ce cas, Le Pen pourrait se présenter pendant les prochains mois (car la disqualification initiale serait suspendue) pour être à nouveau déclarée disqualifiée au début de l’année prochaine.

Tous ces doutes ont amené certains à penser que, dans son cœur, Le Pen a déjà renoncé à se présenter et a confié la campagne à Bardella.

S’exprimant dans une interview accordée à la télévision française avant le verdict, il s’est montré satisfait de cette perspective : « Quoi qu’il arrive, je vivrai. Quoi qu’il arrive, je continuerai à me battre pour mes idées. »

Mais il existe une autre école de pensée qui soutient la théorie selon laquelle – malgré toute l’excitation de Bardella – ce sera finalement Le Pen qui affrontera l’électorat en avril-mai prochain.

Selon cette interprétation, apparemment plus répandue dans les cercles publics, les juges ne seront pas d’accord avec l’importance politique de leur décision et ne voudront donc pas retirer les candidats pour être plus populaires comme Le Pen.

Bien entendu, personne ne sait comment la décision tombera. Ce que nous pouvons dire avec certitude, c’est que beaucoup de choses en dépendent. La nomination de Le Pen à la présidence française n’est pas la même chose que celle de représenter Bardella.

D’une part, les deux représentent des points de vue différents au sein du camp national.

Le Pen a toujours affirmé n’être « ni de gauche ni de droite » et son appel est populaire parmi les anciens travailleurs. Bardella s’appuie fortement sur l’économie libérale traditionnelle, comme en témoignent ses récentes interactions avec de hauts dirigeants d’entreprises.

Les initiés du parti affirment que les deux sont « utiles », chacun attirant différents segments de la population et une combinaison qui pourrait amener le RN à briser son plafond de verre et à conquérir le pouvoir.

Mais même s’il réduit l’écart – et même s’il prétend y être fidèle – la séparation du pouvoir entre le vétéran, bien connu et loyaliste qu’est Marine Le Pen et l’écuyer inexpérimenté qu’est Jordan Bardella serait une étape inconnue.

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