« Je suis indépendant » : l’inquiétant cas d’Hacène Larbi, accusé d’avoir commandité le meurtre à Marseille contre la mafia DZ

Il sourit, est heureux, s’explique clairement et semble connaître son dossier par cœur. Cheveux bouclés, petite moustache, accent marseillais, Hacène Larbi, à première vue, pourrait paraître sympathique s’il n’était pas accusé de crimes graves comme le meurtre manqué dont il est accusé depuis lundi 11 mai, ou sa participation à Décès du chauffeur VTC Nessim Ramdane en octobre 2024.

Similitudes entre plusieurs cas

On parle déjà beaucoup de cette dernière étape du procès qui doit durer jusqu’à mercredi, même si Hacène Larbi n’est pas jugé pour cela. Qu’est-ce que c’est? Parce que les deux cas sont similaires. À chaque fois, des enfants embauchés pour tuerà chaque fois le projet échoue à cause du manque de connaissance du crime de la part de ceux qui viennent et à chaque fois des victimes.

Les similitudes ne s’arrêtent pas là. Car de ces deux manières, un homme appelle la police pour tout lui raconter sur la façon dont les choses se sont passées. Signez des faits ou niez-les. Personne ne le sait.

Depuis le début du procès, Hacène Larbi est interrogée sur le mystérieux appel téléphonique intervenu dans la nuit du 11 au 12 juin 2023 au commissariat du 15e arrondissement de Marseille, annonçant qu’un meurtre était sur le point d’être commis. Le téléphone est issu d’une ligne que les détectives ont faite sur Hacène Larbi, alors que ce dernier se trouve à la prison de Réau en Seine-et-Marne.

« C’est impossible, ce n’est pas moi, il n’y avait pas de réseau », argumente Hacène Larbi dans sa loge. Dans ce cas, le garçon admet généralement tout ce qui lui est reproché, à l’exception de cet appel téléphonique.

« Sur la route, on a des amis ou des obstacles »

Ensuite, on l’interroge sur sa personnalité très complexe. Il a déclaré : « On essaie de comparer une personne qui n’est pas la mienne, arrêtons de prendre le caractère des personnages de cette histoire. Fils de DASS depuis l’âge de 13 ans, en prison tout le temps depuis 2018, Hacène Larbi ne reste ni dans son enfance ni dans les deux rencontres où il a été torturé et il semble que cela ait beaucoup changé dans son parcours criminel.

« Ça m’a enlevé ma personnalité, j’étais proche de la mort et maintenant, à tous les gens qui veulent me déranger, je dois répondre. Dans la rue, on a des amis ou des obstacles », dit-il très calmement. Très vite, il évoque aussi son quotidien en prison.

« Cette affaire est l’occasion de montrer une nouvelle fois les conditions très révoltantes de l’arrestation de M. Hacène Larbi », déclare sur BFMTV Mme Géraldine Vallat, l’une des deux juges d’Hacène Larbi.

« DZ Mafia n’existe plus. Je suis indépendant »

Au cœur des doutes qui l’entouraient, il y a aussi membre actuel ou potentiel de la mafia DZ. Si pendant un temps Hacène Larbi montrait avoir rejoint un groupe terroriste en 2021, il ne ferait plus partie de ce groupe. « Je n’appartiens à aucune mafia, je ne suis pas un terroriste, je protège mes intérêts, je me protège. Actuellement, DZ Mafia n’existe plus, nous sommes tous en QLCO (« Quartier de lutte contre le crime organisé », sections spéciales dans plusieurs prisons françaises, NDLR) », poursuit-il.

Selon nos informations, Hacène Larbi est incarcérée à la prison de Condé-sur-Sarthe, en isolement.

« Je suis travailleur indépendant », a-t-il déclaré à la fin, provoquant les rires d’une salle d’audience remplie de journalistes et du public. Des rires, sauf pour le président du tribunal qui essaie de continuer à poser des questions, même si l’accusé essaie parfois de parler plus fort que lui. « Deux secondes, je n’ai pas fini », n’hésite-t-il pas par exemple à lui dire quand il voit qu’il n’a pas fini son histoire.

Pourtant, Hacène Larbi s’est dit un jour loin de la famille de la principale mafia du DZ : Mehdi Laribi, dit « TIC », se présente désormais à l’étranger. Cette dernière question semble peu probable aujourd’hui. « Il faut analyser les informations que vous avez données, dont certaines sont discutables », raille le président, rappelant ainsi qu’il existe aujourd’hui des doutes sur les informations que peut fournir Hacène Larbi sur la base des accusations dans lesquelles il est impliqué.

L’affaire, sans cesse interrompue par le dialogue entre Hacène Larbi et son coaccusé, se dégrade. Il était fatigué et l’a dit au président. « Je suis debout depuis 6 heures du matin, je dois partir à 5 heures de l’après-midi, il me reste encore une heure et demie de route jusqu’à la prison. » Le tribunal est irrecevable, tout comme le tribunal.

« Es-tu prêt à tuer pour que nous puissions parler ? »

Interrogé sur ce qui se passe en juin 2023, jugé cette semaine, Hacène Larbi accuse le jeune homme qui l’a envoyé à Marseille pour tuer son rival. « S’il ne peut pas faire son travail… », » a-t-il dit à propos d’Anatole, dont le nom a été changé et qui sera jugé plus tard par le tribunal pour enfants.

Le président rappelle à ce dernier qu’il a tenté « à trois reprises de se suicider après l’incident », et des recherches d’experts ont confirmé que sa conscience était altérée ou détruite à ce moment-là. « Je ne savais pas qu’il était jeune. Au moment des faits, il savait exactement ce qu’il allait faire. S’il veut tenter à trois reprises de se suicider pour passer pour un irresponsable, c’est sa décision », répond avec une assurance inquiétante Hacène Larbi, tenant le tribunal avec un sentiment de peur.

« Es-tu prêt à tuer pour que les gens parlent de toi ? » lui a demandé le président. « Je résous mes problèmes, je me protège, je protège mes proches », répond Hacène Larbi, lorsqu’on évoque le psychiatre qui la concerne. « Il n’a pas peur d’être emprisonné pour le reste de sa vie. Personne ne peut nous juger en 27 minutes. », répond au dernier.

« Hacène Larbi a toujours accepté les faits de l’accusé et les conséquences. Depuis de nombreux mois, on n’a pensé qu’à sa personnalité et cette audience est importante car elle permettra, nous l’espérons, qu’il soit entendu, écouté et jugé selon son rôle dans cette affaire, ni trop ni pas », montre Me Shanna Benhamou, l’avocate d’Hacène Larbi sur BFMTV.

Quiconque semble avoir une réponse à quelque chose et qui est éloquent et détaillé risque jusqu’à 20 ans de prison. Deux coaccusés doivent encore être entendus ce mardi.

L’article original a été publié sur BFMTV.com

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