Accord UE-Mercosur : le ton est dur entre Paris et Bruxelles, la France demande le report du vote

C’est l’un des rares sujets sur lequel les députés français sont d’accord : ils s’opposent tous à l’accord signé par Le coût du Mercosurdit notre envoyé spécial à Strasbourg, Daniel Vallot. Et les mesures de sécurité qui seront votées mardi 16 décembre au Parlement européen n’y changeront pas grand-chose. C’est la conviction de l’eurodéputée LR Céline Imart : « Ces anciens accords, comme le Mercosur, étaient comme de grandes entreprises régionales où tout se mettait en place sans se concentrer d’un côté, votre industrie et votre agriculture. L’agriculture est sacrifiée. Ce n’est pas possible aujourd’hui. Ce sont d’anciennes alliances. »

Céline Imart, en tant que ministre LR, fait partie du PPE, le groupe conservateur, principal groupe politique au Parlement européen. Mais au sein du groupe, de nombreux élus d’autres pays sont fortement favorables à une coopération avec le Mercosur. C’est une situation pour les Allemands qu’ils voient comme une opportunité pour leur entreprise :  » D’un côté nous avons la guerre à l’Est, de l’autre nous avons davantage de problèmes avec les Etats-Unis. explique Daniel Caspary, député européen de la CDU. Si nous voulons que nos partenaires aident nos entreprises à sauvegarder des emplois, les pays du Mercosur représentent une formidable opportunité. »

Les députés favorables à l’accord ne comprennent pas que la France demande à nouveau de retarder la décision.  » L’Europe n’a pas réussi à se mettre d’accord après 25 ans de négociations ? Cela pourrait envoyer un message négatif à notre réputation et à nos activités à l’échelle mondiale, estime Daniel Caspary. J’espère qu’en cette période difficile, les responsables sont conscients de cette affaire. »

Selon l’eurodéputé allemand, la plupart des experts français approuvent l’accord. «  Ils savent que non seulement les Allemands mais aussi les Français en bénéficieront. Pareil avec les agriculteurs français, j’entends beaucoup de bons commentaires : sont des producteurs de lait ou de produits transformés qui achètent des produits agricoles français. »

Mettez tout le monde sur  » égalité égale »

Le mécanisme permet de suspendre temporairement les expéditions de produits agricoles en provenance d’Argentine, du Brésil, du Paraguay et de l’Uruguay si ces marchandises nuisent aux producteurs européens. Mais pour Christian Arvis, président de la Fédération départementale des syndicats agricoles (FDSEA) de la Creuse, le Mercosur ne l’est pas.

« Nous ne sommes pas d’accord pour plusieurs raisons, explique Christian Arvis. Nous voulons importer des produits qui ne respectent même pas notre processus de production, l’environnement et notre santé. On ne peut pas forcer les éleveurs français et français à produire sous certaines conditions et à se rendre dans ces pays pour obtenir des produits agricoles fabriqués selon des méthodes interdites il y a 30 ans en France. »

Le Président de la FDSEA rappelle que « utilisent des stimulateurs de croissance, des antibiotiques et des cultures OGM dans leur alimentation animale et il n’y a pas de suivi des animaux. ». « Il faut tout vérifier. Nous ne pouvons pas importer en Europe des produits qui ne répondent pas à nos normes. Tout le monde devrait être au même niveau. », du temps à autre.

Lire aussiFrance : les agriculteurs se sont rassemblés pour relancer la « rébellion des paysans » et critiquer l’accord avec le Mercosur

    (tagsTraduction)Daniel Caspary 

www.actusduweb.com
Suivez Actusduweb sur Google News


Ce site utilise des cookies pour améliorer votre expérience. Nous supposerons que cela vous convient, mais vous pouvez vous désinscrire si vous le souhaitez. J'accepte Lire la suite