Premier parachute, enquête… Ce que l’on sait du crash d’avion qui a fait onze morts en Meurthe-et-Moselle

Onze personnes sont mortes le crash d’un avion civil lors d’un baptême de parachutisme ce dimanche 28 juin près de l’aérodrome de Nancy-Essey, sur la commune de Tomblaine, en Meurthe-et-Moselle.

• Tous les passagers tués

Toutes les personnes qui étaient à bord de l’avion sont morts. Il s’agissait du pilote et de dix parachutistes : cinq instructeurs et leurs cinq élèves. Ils s’apprêtaient à réaliser un saut en tandem, comme environ 100 000 autres personnes chaque année en France.

Sur BFMTV, Thierry Pechey, président du Conseil de l’Ordre des infirmiers libéraux de Meurthe-et-Moselle, a indiqué qu’il « apparaît que ce sont les infirmiers libéraux qui en sont victimes ». « Ce serait un baptême qui aurait été organisé » ce dimanche, a-t-il expliqué.

• L’accident s’est produit à proximité des habitations

Hervé Féron, maire de Tomblaine, indique que l’avion « est descendu à pic », « à côté d’une piste cyclable ».

« Aucune habitation n’a été touchée, il n’y a pas de dégâts collatéraux », déclare-t-il.

L’avion civil s’est en effet écrasé à proximité d’habitations, dans un lotissement. John Curaka, un habitant de Tomblaine, explique que l’engin est tombé « à une centaine de mètres » de son domicile, alors qu’il se trouvait dans son jardin avec son fils. « Nous ne pouvions pas nous rapprocher parce que nous avions peur d’une explosion », a-t-il déclaré à notre micro.

• « Il y avait un bruit comme si le moteur s’était arrêté en plein air »

S’adressant à BFMTV, le préfet de Meurthe-et-Moselle Yves Séguy indique que l’avion, « qui appartenait à un club de parachutisme », « était en train d’effectuer des exercices de saut lorsqu’il a subi des avaries qui ont visiblement provoqué le crash ».

« L’avion est tombé quasiment à la verticale, à proximité immédiate d’un lotissement, en bordure de l’aérodrome », précise le préfet, qui ajoute que « de nombreux témoins se trouvaient autour de l’accident », dont des proches des victimes. L’accident s’est produit à 11h25 au sud de l’aérodrome.

John Curaku, un habitant de Tomblaine, a entendu l’avion passer au-dessus de nous. « Tout à coup, il y a eu un bruit comme si le moteur s’était arrêté en l’air et juste derrière, il y a eu un boum », raconte-t-il à BFMTV.

Il explique qu’il entend souvent des avions venir de l’aérodrome. « On les voit régulièrement, on n’y prête pas attention, mais là, le bruit m’a tapé dans l’œil, il me semblait très proche », poursuit John Curaku.

• Un avion Pilatus « assez difficile à piloter »

L’avion qui s’est écrasé était un avion de type Pilatus, un B2H4, immatriculé en Allemagne. Cet avion robuste est traditionnellement utilisé pour les sauts en parachute. « Ces avions sont des monoturbines, qui tombent très rarement en panne », explique Gérard Feldzer, consultant aéronautique de BFMTV.

Toutefois, Pierre-Yves Eugène, président du Syndicat national des parachutistes, a indiqué qu’il s’agissait d' »un engin assez difficile à piloter ». Dans ce cas, l’avion en était à son troisième décollage consécutif, selon le président du Syndicat national des parachutistes. Le nombre de passagers à bord, 10 ce dimanche matin, est le maximum que pouvait accueillir cet avion, précise Pierre-Yves Eugène.

• Une enquête en cours

Lors de la conférence de presse, le vice-procureur de Nancy, Amaury Lacôte, a indiqué avoir « saisi la section de recherche de Paris en co-responsabilité avec la brigade de gendarmerie aérienne de Nancy-Metz, qui vient de démarrer les constatations techniques ».

Sur place, outre la brigade de gendarmerie des transports aériens Metz Nancy Lorraine, et la gendarmerie des transports aériens SR (SRGTA), 15 gendarmes dont cinq techniciens en identification criminelle et des enquêteurs aéronautiques sont déployés. Ces chiffres devraient augmenter avec le temps, a indiqué la gendarmerie. L’incident a nécessité l’intervention de 50 pompiers équipés de 25 moteurs. Les services de police se sont également « mobilisés en masse, ainsi que l’association de la sécurité civile », a précisé le préfet.

Premier parachute, enquête… Ce que l’on sait du crash d’avion qui a fait onze morts en Meurthe-et-Moselle

Sur BFMTV, Jean-Paul Troadec, ancien président du Bureau d’enquête de l’aviation civile (BEA), a détaillé les futurs travaux des enquêteurs. Ils vont tout d’abord « tenter de retrouver tous les enregistrements réalisés par la tour de contrôle, éventuellement les enregistrements des radars de navigation aérienne si l’avion était équipé d’un transpondeur mais aussi tous les témoignages du sol ».

« Nous nous appuyons aussi beaucoup sur les enregistrements qui ont pu être réalisés à bord de l’avion car les passagers ont pu réaliser des vidéos », a expliqué Jean-Paul Troadec, qui a indiqué que les enquêteurs s’intéresseront également « à l’état technique de l’avion et à son entretien ».

• Deux ministres attendus sur place

Chaynesse Khirouni, présidente du département de Meurthe-et-Moselle, a indiqué à BFMTV qu’une équipe d’enquêteurs spécialisés arriverait sur les lieux de l’accident « d’ici quelques heures ».

« Nous attendrons ce soir, lorsque nous aurons plus d’informations sur les enquêtes pour comprendre les causes de ce drame », dit-elle.

Le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez et le ministre des Transports Philippe Tabarot sont tous deux attendus sur les lieux de l’accident dans l’après-midi.

Article original publié sur BFMTV.com

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