Le grand séminaire de Sébikotane, le « havre de paix » où sont formés les prêtres sénégalais

Le grand séminaire de Sébikotane, le « havre de paix » où sont formés les prêtres sénégalais
Les diocèses du Sénégal.

En venant de Dakar par l’autoroute à péage, vous devez sortir à Sébikotane, traverser le village et suivre la route de Bambilor sur 2,5 kilomètres. Juste avant le village de Ndoyenne, il faut tourner à droite à proximité des installations Sen’Eau et emprunter une route cahoteuse.

Après quelques minutes de trajet, le quartier du grand séminaire de Sébikotane se dévoile. Calme et austère. Une institution dont le nom résonne comme un pilier de l’Église sénégalaise.

C’est ici, sur les 211 hectares du domaine de Sambam, que le père Alphonse Diomaye Niane, recteur des lieux depuis 2022, veille sur ses pensionnaires, loin de l’agitation et du tumulte de la capitale. Ici, on respire de l’air pur. Un véritable havre de paix pour les citadins en quête de dépaysement.

Le propriétaire des lieux ne s’y trompe pas lorsqu’il décrit les lieux. « C’est un havre de paix. C’est un lieu de rupture, loin du bruit, indispensable au discernement et à l’étude. Pour un citadin dakarois, cela peut ressembler à une prison, mais c’est une prison qui nous convient bien, car elle sert notre objectif spirituel », il confie.

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L’histoire de ce site est celle d’une longue quête de stabilité. Si la formation du clergé sénégalais remonte à 1847, il fut longtemps nomade, ballotté entre (les villes de) Ngazobil, Popenguine ou Thiès au gré des épidémies et des guerres. Il faudra attendre 1951 pour que l’Église s’installe définitivement à Sébikotane, transformant cet ancien domaine de colons en sanctuaire d’études.

En cette année 2026, la communauté célèbre avec émotion ses 75 ans de présence, un (anniversaire) qui marque les racines profondes de cette terre dans l’histoire de l’Église au Sénégal.

Diriger cette maison, c’est avant tout soutenir la liberté. Le père Alphonse refuse le terme « élite » pour qualifier ses pensionnaires. Pour lui, le prêtre n’est pas un privilégié ; il est serviteur de la mission au même titre que le laïc, chacun (étant) invité à se sanctifier dans la vocation et l’engagement qui sont les leurs.

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