Comment l’extrême droite française a changé de discours sur les pesticides
» Regardez les pesticides, herbicides et autres produits phytosanitaires, dont les résultats économiques sont sans doute négatifs une fois tous les effets secondaires pris en compte. Ils coûtent à la collectivité plus qu’ils ne rapportent (…) La France doit être guidée par le souci de ses propres intérêts. ressources : sols, forêts, eau, pollinisateurs, diversité des espèces. » Ce discours a été prononcé par un candidat à l’élection présidentielle française de 2017, dont la rhétorique était plus proche des Soulvements de la Terre, un collectif écologiste radical, que du syndicat agricole majoritaire FNSEA. Cette candidate était Marine Le Pen. En 2017, lors de sa deuxième campagne pour l’élection présidentielle, la dirigeante d’extrême droite s’était positionnée comme une protectrice déterminée de l’environnement, ainsi que de la santé des agriculteurs et des consommateurs.
A l’époque, le candidat du Front National (aujourd’hui Rassemblement National, RN) promettait d’inscrire dans la Constitution le droit des Français à la « sécurité environnementale », invitait les agriculteurs à se tourner vers la permaculture et plaidait en faveur de normes réglementaires et de contrôles affirmant que le La part de marché mondiale du secteur agricole français tient notamment à « l’excellence agricole, environnementale et sanitaire de nos produits ». De manière symbolique, Le Pen a inclus ses mesures pour le secteur agricole dans la section environnementale de son programme. Sept ans plus tard, alors qu’elle se rendait au Salon international de l’agriculture de Paris, mercredi 28 février, le discours n’était plus le même.
Depuis le début de la crise du secteur agricole à la mi-janvier, le RN a aligné ses positions sur celles des syndicats agricoles majoritaires, déclarant la guerre aux réglementations environnementales et sanitaires. Le RN ne défend plus la réduction du recours aux produits de traitement des plantes, après avoir exprimé que cela serait préjudiciable à la capacité de production des filières agricoles et vitivinicoles françaises, et n’évoque plus leurs effets néfastes à long terme. Cette lutte contre une prétendue « écologie punitive » est devenue le cœur de sa rhétorique sur le secteur agricole prenant le pas sur la lutte pour la sécurisation des revenus des agriculteurs. Le RN a donc adopté la position traditionnelle de droite sur le sujet, et affirme être rejoint en cela par le bloc majoritaire de Macron.
« La rhétorique de Gabriel Attal est la nôtre »
Renaud Labaye, bras droit de Le Pen à l’Assemblée nationale, a démenti tout changement de position : « La ligne qui a toujours été défendue et appliquée est : « Oui à la réduction des produits agrochimiques, à condition que cela n’affecte pas nos capacités de production ». « . Sur de nombreux points, la rhétorique de (Premier ministre) Gabriel Attal est la nôtre. » Le virage de l’extrême droite sur la protection de la biodiversité, entamé en 2021, est l’un des plus spectaculaires de l’histoire récente du parti.
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