« La première affaire de la série noire » à Paris : le réalisateur après l’école a tenté de violer et torturer neuf élèves
A la fin de son année de CM1 à l’école de Titon, dans le 11e arrondissement de Paris, la fille de Pénélope lui a fait part du malaise qu’elle ressentait devant le directeur du projet postsecondaire : Nicolas G. s’adressait toujours à elle et à ses amis en les surnommant « chaton » ou « mon cœur ». Prenant l’affaire au sérieux, Pénélope envisage d’en informer les autorités scolaires, mais sa fille s’y oppose. « Avec le recul, il semble que ce soient des signes précoces », a déclaré la mère à BFM.
Quelques mois plus tard, en octobre 2024, une petite fille et ses amies ont trouvé le courage de pousser la porte du bureau du directeur. Là, ils révèlent leurs doutes sur le caractère du leader. Au-delà des injures inappropriées, ils critiquent les embrassades serrées et non sollicitées, ainsi que les histoires de viols et de meurtres. Le toucher est également dit.
« Il faut apprécier le grand courage de ces petites filles, qui ont trouvé la force de critiquer cet homme malgré l’amour qu’elles lui portaient. » C’est très puissant.
Après leur témoignage, Nicolas G., 47 ans, a été suspendu de ses fonctions. Il sera renvoyé en mai 2025 et placé sous contrôle judiciaire, accusé d’avoir « harcelé » neuf étudiants et « violé » trois d’entre eux. Il doit être jugé mardi 5 mai devant le tribunal de grande instance de Paris. « J’attends que le réalisateur soit reconnu coupable des crimes qui lui sont reprochés et qu’il ne travaille plus jamais avec des enfants », nous confie Pénélope avant le début du procès. J’espère aussi que notre fille reconnaîtra son courage et qu’elle comprendra que parler clairement était important et utile. »
Tests de « purification »
Si les faits ont débuté en 2024, cette audience est la première à se tenir depuis le début des destructions de violences dans le périscolaire parisien en 2025. « C’est une mesure importante, la première d’une série de ténèbres », souffle Barka, du groupe MeToo École, fondé à la suite des signalements de l’école Alphonse arthéréndi 1 Baudin 1. Le directeur de l’école de cette organisation sera également jugé, le 26 mai, pour « violer » cinq enfants.
« Après la décision, les faits examinés, il faut expliquer toute la chaîne de responsabilité : ce qui s’est passé et ce qui n’a pas échoué. La décision doit être un exemple », ajoute Barka, qui estime que l’audience « sera le signe du moment de vérité ».
Même son de cloche chez SOS Périscolaire : « Ce que nous souhaitons, c’est que cette affaire ouvre une voie définitive », dit Anne, membre du groupe. « Les épreuves, il faut les traverser, il faut les supprimer. Et elles nous permettent de créer les bases, les lois. »
Éléonore, mère d’un écolier et membre du groupe des parents du 11e arrondissement de Paris, souligne l’importance de cette rencontre judiciaire alors que certaines recherches conduisent à diviser les personnes en groupes sans les suivre. « Je vois cela comme un moment qui, je l’espère, aidera les personnes touchées à avancer dans la reconstruction, en tenant compte de leurs voix. »
Un problème structurel
L’année dernière, la multiplication des signalements de telles violences dans le système étranger a montré une grave rupture, à commencer par le processus de recrutement des producteurs de cinéma à Paris, employés sans diplôme ni BAFA et obligés de gérer le nombre d’enfants dans des groupes de travailleurs défavorisés, sans suivre aucune formation.
Dans plusieurs cas, le manque d’information de la Dasco (le département des écoles) et de la Caspe (les affaires scolaires et les districts de l’enfance), qui supervisent les événements extérieurs dans la capitale, n’a fait qu’accroître les conflits déjà existants, comme en témoigne Pénélope : « Malgré les faits révélés sont très difficiles et les demandes répétées et impérieuses de protection d’urgence des parents, les enfants sont toujours insuffisants, incapables de faire face à la situation et incapables d’agir en cas d’urgence.
Alors que 78 réalisateurs ont été suspendus à Paris entre janvier et fin mars 2026, dont 31 pour soupçons d’abus sexuels, parents et associations critiquent le problème du manque d’action rapide des autorités, et au vu de la forte médiatisation de nombreux incidents violents contre de jeunes enfants lors de la remise des diplômes.
« Si on veut éviter des procès comme ceux de Titon, de Baudin, ça va arriver, la question est : pourquoi ces gens étaient-ils au pouvoir et qu’ont-ils fait de nos enfants ? », demande Barka, de l’école MeToo.
« Un scandale d’État »
A son arrivée à la tête de la mairie de Paris, Emmanuel Grégoire a annoncé vouloir prendre la tête, annoncer. un projet de dépenses d’une vingtaine de millions d’euros qui prévoit principalement la mise en place d’une cellule d’écoute et l’arrêt prudent de chaque agent impliqué dans le signalement. Un projet que les groupes et les parents d’élèves accueillent favorablement, mais qui revoient aussi leurs limites. Pour Pénélope, ces mesures « restent incomplètes et trop lentes à être créées ». « Actuellement, les criminels continuent de prétendre qu’ils sont des victimes », a-t-il déploré.
Pour MeToo École, cette « lenteur » est un signe global du manque de prise au sérieux : « C’est une insulte au gouvernement, et je pense que nous n’en sommes qu’au début. Aujourd’hui encore, la voix de l’enfant n’est ni écoutée ni crue », déplore Barka, qui souligne également le retard de l’enquête initiale, au moment où les faits sont présentés à la justice. « Il y a des parents qui ont porté plainte et leurs enfants n’ont pas été entendus après 90 jours. »
Anne, de SOS Périscolaire, a dit la même chose. Selon lui, certains enfants tardent à être acceptés par la Brigade de Protection des Mineurs (BPM), et font l’objet d’une enquête lorsqu’ils signalent des abus physiques et sexuels. « En deux mois, la blessure physique (sur l’enfant) n’est plus visible. En matière pénale, c’est ce que nous voulons changer, accélérer le processus.
Après avoir vu Nicolas G., le directeur de l’école Titon, reconnu coupable et condamné à l’issue de son procès, Pénélope espère que la conférence contribuera également à introduire « une vraie culture de protection de l’enfance au sein des institutions publiques ».
« J’espère que cette affaire, qui n’est qu’une partie d’une longue et triste série, montrera l’échec d’un système qui n’a pas su protéger les enfants et aussi faire entendre leur voix », a-t-il plaidé avant d’emprunter quelques mots à Édouard Durand, ancien directeur de Ciivise. « Cessons de nous limiter et de considérer les enfants comme des ‘personnes privées’. »