Vive la France? Stocks Off à un dépliant en 2023

« Chaud devant » est l’avertissement que les serveurs français utilisent pour annoncer un plat chaud à venir aux clients. Et cela pourrait bien s’appliquer à la bourse française.

Avec un rebond de 6% depuis le début de l’année, l’indice Morningstar France connaît un bon début d’année, après avoir surperformé l’Europe depuis un moment déjà.

Nous avons analysé la performance récente de l’indice pour comprendre ses moteurs et s’ils semblent durables.

En 2022, l’indice Morningstar France n’a perdu que 8,3 % tandis que Morningstar Global Markets a reculé de 13 %. L’année précédente, il avait bondi de 28 %, à égalité avec les actions mondiales (tous les chiffres de performance sont en euros).

Au cours des 10 dernières années, la France est l’un des pays les plus performants d’Europe, ne perdant que le Danemark, les Pays-Bas, la Finlande et la Suisse, tous des marchés plus petits et plus concentrés.

Par exemple, l’indice Morningstar Danemark s’appuie fortement sur la société pharmaceutique Novo Nordisk (NOVO B) qui représente 46 % de sa performance.

Morningstar Pays-Bas est très dépendant du sort d’ASML (31% de l’indice), alors que Nestlé, Roche et Novartis représentent respectivement 20,1%, 13,9% et 13,7% de Morningstar Suisse.

Leaders mondiaux

Alors que la France a longtemps été aux prises avec un certain nombre de problèmes structurels – baisse du taux de natalité, faible productivité, déclin industriel, manque d’entreprises de taille moyenne, intervention politique et étatique excessive – elle abrite également un certain nombre d’acteurs mondiaux de premier plan dans une variété des industries.

Cette diversité se reflète quelque peu dans l’indice CAC 40, bien que les investisseurs devraient probablement se tourner vers des indices plus larges, tels que l’indice Morningstar France, pour avoir une meilleure vision de la composition du marché boursier français.

À la fin de l’année dernière, les composants de l’indice Morningstar France ont atteint une capitalisation boursière totale de 2,45 billions d’euros (2,16 milliards de livres sterling), proche du PIB du pays de 2,6 billions d’euros (sur les 12 derniers mois).

Les produits de luxe ouvrent la voie

L’une des raisons pour lesquelles l’indice Morningstar France se porte bien est en partie parce que les actions de luxe ont surperformé et ont gagné en poids dans l’indice au fil des ans.

Fin 2022, LVMH (MC) représentait 10,7% de l’indice Morningstar contre 3,6% douze ans plus tôt. Le poids d’Hermes International (RMS) a presque triplé, passant de 1,01 % en 2010 à 3,02 %.

Kering (KER), une autre société de luxe, a diminué de manière plus substantielle l’année dernière, principalement en raison de performances inférieures à la moyenne de sa marque Gucci. Mais son poids dans l’indice est passé de 1,1 % à 2,5 % au cours des 12 dernières années.

L’augmentation de la part du luxe dans l’indice s’est accompagnée de la même évolution pour quelques sociétés défensives, telles que la société pharmaceutique Sanofi (SAN), L’Oréal (OR), la société de lunettes EssilorLuxottica (EL) et les entreprises alimentaires et de boissons Pernod Ricard (RI) ou Danone (BN).

Cela reflète également leur croissance solide et rentable depuis la crise financière mondiale de 2008, et le résultat de multiples de valorisation plus élevés alimentés par la baisse des taux d’intérêt.

Le résultat net cumulé des trois entreprises du luxe est passé de 4,2 milliards d’euros à 17,6 milliards d’euros en 2021 et devrait atteindre 28,1 milliards d’euros en 2025, selon les estimations consensuelles. Les noms défensifs de la consommation ont vu leurs bénéfices augmenter à 16 milliards d’euros en 2021 contre 11,1 milliards d’euros en 2010.

L’énergie s’est également très bien comportée l’an dernier, avec TotalEnergies (TTE) bondissant de 28%, ainsi que des valeurs de l’aéronautique et de la défense comme Safran (SAF) ou Thales (HO), qui ont gagné respectivement 8,6% et 58,7%.

Il reste encore quelques entreprises à valeur attrayante

Bon nombre des noms qui ont le plus contribué à la récente surperformance du marché français se négocient aujourd’hui avec une prime par rapport à leur estimation de la juste valeur Morningstar. Mais beaucoup sont encore valorisés de manière attractive selon Morningstar (voir tableau ci-dessous).

Le multiple de valorisation médian des 142 composantes de l’indice Morningstar France est également faible par rapport à l’histoire, se négociant à 12,5 fois les bénéfices estimés pour 2023, selon le consensus, contre un ratio P/E médian sur 20 ans de 16x.

Cette décote reflète la faiblesse des multiples de valorisation de plusieurs grandes capitalisations : TotalEnergies, Sanofi, BNP Paribas (BNP), AXA (AXA), Engie (ENGI), Saint-Gobain (SGO), Capgemini (CAP) et Vinci ( DG) se négocient actuellement à escompte par rapport à leurs multiples de valorisation historiques.

Pourtant, quelques-uns d’entre eux devraient profiter d’une solide croissance de leurs bénéfices au cours des prochaines années.

En moyenne, les composants de l’indice Morningstar devraient voir leurs bénéfices croître de 7,7 % par an jusqu’en 2025, selon les données consensuelles.

(Cet article a été adapté de Morningstar France, la version originale est ici.)

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