Siestes sur le viol : pourquoi dénoncer les violences sexuelles reste un défi pour la justice

lundi 16 février 2026 Le dossier Rape Naps a été ouvert à Paris. Accusé d’avoir violé une jeune fille dans un hôtel parisien en 2021, le rappeur nie les faits. Le demandeur décrit une relation établie, tandis que l’artiste affirme qu’il s’agissait d’une relation consensuelle.

Dans ce cas : examen clinique, échange d’informations et plusieurs références ont été analysés, mais très peu d’éléments pour prendre une décision. Face à deux enjeux contradictoires, la justice doit réviser les principes. Une affaire qui relance le débat « mot contre mot ».

À Violaine De Filippis, avocate et co-fondatrice Les femmes dans le droitCette concurrence judiciaire cache les failles d’un système qui peine encore à juger ce qu’il qualifie de « viol vulgaire ». Invité du podcast Titre en vedetteils nous parlent des problèmes juridiques liés aux plaintes pour viol.

Est-ce que ce genre de tests se termine toujours par des « mots contre mots » ?

Premièrement, il est important de rappeler que de tels cas ne peuvent être jugés. Il n’est pas toujours évident que vous ayez le droit de le faire lorsque vous déposez une plainte pour harcèlement sexuel. Selon une étude de 2024 de la chercheuse Maëlle Stricot, en collaboration avec l’Institut des politiques publiques, 94 % des plaintes pour viol sont classées sans suite, principalement faute de preuves. Ils n’ont pas été poursuivis parce que l’enquête n’est pas suffisamment bonne.

Dans quels types d’affaires aboutissent-ils devant les tribunaux, comme l’affaire Naps ?

Lorsque la recherche est effectuée correctement. En droit français, il n’existe aucune obligation pour les procureurs ou les juges d’enquêter sur toutes les affaires. La justice a peu d’argent, cela se fait par nécessité. Lorsqu’une affaire fait l’objet d’une enquête, nous interrogeons l’accusé, sa famille et ses anciens amis pour examiner les preuves.

Son matériel informatique et son téléphone portable ont également été saisis. Ce fut le cas dans l’enquête sur le cas de Dominique Pelicot : d’abord il a été mis entre les mains de la police pour avoir pris des photos sous la jupe d’une femme, c’est l’utilisation de son matériel qui lui a permis d’enquêter sur la méthode. Cette recherche doit être limitée et disponible dans tous les fichiers. Lorsqu’ils ont terminé, ils trouvent souvent des preuves qui permettent de porter l’affaire devant les tribunaux.

Lorsque ces preuves seront trouvées et poursuivies, cela changera-t-il quelque chose ?

La victime se sent écoutée lorsque sa voix déclenche une enquête. Cela ne signifie pas que les preuves soient systématiquement obtenues, mais cela présente deux avantages. En revanche, la victime n’a pas l’impression que sa plainte a été classée sans enquête effective. En revanche, si l’enquête prouve qu’il n’y a pas eu d’acte répréhensible, l’accusé sera acquitté avec succès. Une enquête fermée sans suite, sans enquête de qualité, n’est bonne pour personne, car on ne sait pas ce qui s’est passé.

Quelles preuves peut-on rassembler pour prouver les faits ? Dans le cas de Naps, il y a de l’ADN et des SMS, et un suivi numérique ?

Pour Naps, ce qui ressort dans la presse, c’est qu’il y a des témoignages de filles qui se trouvaient dans la pièce au moment du viol. Ils confirment que leur ami dormait ou était sur le point de dormir et ne pouvait donc pas donner son consentement. Ces références sont très importantes pour sortir du « mots contre mots ».

Dans certains dossiers, on retrouve des références de nos précédents partenaires. La plupart des viols sont commis par des membres de la famille et ces comportements sont souvent uniques. Il existe deux situations principales de viol par un membre de la famille : soit la femme est excitée par l’homme, soit elle cède après insistance.

Dans le cas des Siestes, nous sommes dans le premier sens : profiter de l’occasion de dormir pour réveiller la victime. Qu’il pense qu’il le voudra est un autre débat, mais l’incroyable mémorisation est toujours en cours.

La femme du rappeur dit qu’elle n’en a pas les moyens, et ses anciens amis décrivent le sexe « sans interférence ». Quel rôle ces phrases jouent-elles dans le test ?

Si les anciens amis de Naps déclarent que leur sexe n’était pas excessif, cela ne veut rien dire. La plupart des viols ne sont pas « insensés », les viols sont courants. C’est parce que notre société n’a pas pris la peine d’enseigner l’acceptation.

L’éducation aux émotions, aux relations et à la sexualité, qui devrait être obligatoire, n’est pas dispensée dans toutes les institutions. Si l’on dit aux jeunes que « non » peut signifier « oui » ou qu’une fille endormie veut être réveillée et remplacée, on ne serait pas surpris du nombre de viols dans la société française moderne.

La loi a changé pour inclure la notion de consentement. Est-ce que cela change vraiment quelque chose à l’aide judiciaire ?

Un gros travail devrait être fait par les jeunes pour qu’ils n’adoptent pas le comportement de leurs aînés. L’insertion du mot « consentement » dans la loi permet d’y faire référence lors de l’admission à l’école et d’expliquer son existence juridique.

Avant la réforme, il existait déjà quatre manières de signaler un viol : les menaces, les contraintes, les violences ou la surprise. Ceci est préservé, et c’est une chance. Il est ajouté que la licence doit être disponible, gratuite et renouvelable à tout moment. Cela vient en plus de rendre la loi plus claire.

L’article original a été publié sur BFMTV.com

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