Projets d’assassinat en France, empêchant la bombe d’exploser : la menace iranienne est un « sujet d’inquiétude » depuis plusieurs années.
Assassinats ciblés, détonations de bombes, tirs contre des entreprises affiliées à Israël… Depuis 2018, les terroristes du pays iranien surveillent les renseignements de la France.
À notre connaissance, huit personnes sont en prison avant jugement et une personne est sous contrôle judiciaire, toutes soupçonnées d’avoir commis ou planifié des attentats terroristes au nom de l’Iran en France.
Douze prévenus sont protégés en 2025
Dès le début de guerre au Moyen-OrientLa France a placé douze dissidents iraniens sous protection policière, a appris BFMTV lundi 9 mars. La plus grande crainte : qu’ils soient agressés sur le sol français par des sympathisants ou sympathisants du gouvernement iranien.
Au début du 4 mars, dans un télégramme adressé aux autorités, Laurent Nuñez, le ministre de l’Intérieur, a demandé qu’une attention accrue soit portée aux réunions et rassemblements juifs qui continuent de constituer une cible très difficile, à laquelle il faut ajouter les diverses objections de l’Iran.
Ces dissidents ayant fui vers la France pour des raisons politiques ont été poursuivis. En 2023, le site de l’organisation Cima, dirigée par la résistance iranienne Maryam Radjaviagressé à coups de fusil et de cocktail Molotov à Saint-Ouen-l’Aumône (Val-d’Oise). Des actes « qui font partie des crimes commis par l’Iran depuis de nombreuses années en Europe », a critiqué le tribunal son avocat, Me Vincent Brenghart.
Bombe de Villepinte en juin 2018
Le 30 juin 2018, une bombe devait exploser lors d’une réunion du Conseil national de la Résistance iranienne à Villepinte (Seine-Saint-Denis). L’explosion aurait tué des centaines d’opposants au gouvernement de Téhéran. Mais l’attaque a échoué à la dernière minute.
le même jour, La police belge a arrêté une famille belgo-iranienne à Anvers et un demi-kilo de TATP (explosif terroriste) et un détonateur. Ils prévoyaient d’y transporter une bombe.
L’information judiciaire désignera le chef de file du projet : Assadollah Assadi. Selon les juges belges, le diplomate iranien de 49 ans a également reconnu en 2017 et livré une bombe de grande classe à une famille belgo-iranienne au Luxembourg. Une quatrième personne sera arrêtée ultérieurement. Le gang, qui opère depuis la Belgique et vise la France, a été baptisé « Département 312 » par les juges belges. Une cellule qui agissait « au nom de l’Iran », selon le chef des renseignements belges, Jaak Raas.
« Ce dossier montre la capacité des Iraniens à agir sur notre territoire avec des mesures larges et dangereuses », prévient une source sécuritaire contactée par BFMTV.
« La menace iranienne est, depuis cet épisode, un sujet de préoccupation », ajoute une source proche des services de renseignement contactée par BFMTV.
Assadollah Assadi et ses complices seront condamnés en 2021 et 2022 à 17 à 20 ans de prison. Assadollah Assadi sera libéré au bout de deux ans grâce à un échange de prisonniers avec Téhéran.
Terroristes répertoriés par l’Iran entre 2023 et 2024
Depuis, cette menace n’a pas changé. En effet, la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), dans une note de début mai 2024 et révélée à l’époque par Mediapart, alertait sur la résurgence en Europe du « terrorisme du régime iranien ».
Selon cet article, un groupe d’Iraniens aurait recruté des terroristes « issus d’un État terroriste » pour tuer des Israéliens ou des Juifs en France et en Allemagne.
Parmi les mobiles meurtriers : un ancien consultant d’une société de sécurité à Tel-Aviv, qui travaille à l’ambassade d’Israël en France, a été révélé. Médiapartet trois de ses amis. Mais la DGSI les a protégés. Le peuple iranien a perdu espoir. La cellule a changé de but et de fonction.
Incendies contre des entreprises liées à Israël en 2024
Les 2 et 3 janvier 2024, des commerces israéliens de Lespinasse, près de Toulouse et près de Lyon, ont été touchés par un incendie.
Un petit commando de deux hommes et trois femmes qui circulait entre Marseille et la Haute-Garonne et l’Isère a été rapidement repéré par la police. Le principal responsable de cette affaire, Christophe K., 36 ans, a été interpellé. Il affirme faire partie de la DZ Mafia – un gang basé à Marseille – et affirme avoir agi en échange de grosses sommes d’argent et de l’idée de commettre une fraude à l’assurance.
Mais les enquêteurs soupçonnent qu’il a été recruté par les services de renseignement iraniens. Il dit qu’il l’ignore. Selon son avocat contacté par BFMTV, Christophe K. n’a fait aucun commentaire politique ou anti-israélien dans cette affaire. En janvier 2025, la justice toulousaine ne fait que retenir les faits, et le condamne à 8 ans de prison pour l’incendie.
Mais le parquet national antiterroriste enquête également sur l’implication de l’Iran. Et Christophe K. a été mis en examen pour activité criminelle. Il est actuellement en détention provisoire comme 7 autres suspects.
« Le terrorisme de ce gouvernement montre ce que font les services étrangers sur notre territoire, dans le but de commettre des crimes graves contre les personnes », analyse une source proche des services de renseignement rencontrée par BFMTV.
Quatre autres entreprises liées à Israël ont été ciblées dans les Bouches-du-Rhône.
L’Agitateur en juillet 2024
En juillet 2024, la France a expulsé de son territoire Bashir Biazar, un Iranien de 41 ans, que la DGSI considère comme un dormeur et une menace pour payer Téhéran. Ancien directeur de la télévision iranienne, il est venu vivre avec son épouse à Dijon (Côte-d’Or) en janvier 2022.
L’arrêté d’expulsion lui fait entretenir des relations avec des pro-mollahs d’Iran en France, et il organise des activités contre des dissidents iraniens ou des cibles juives et israéliennes.
Devant le tribunal administratif de Paris, un représentant du ministère de l’Intérieur l’a qualifié d’« assistant » de Téhéran. « Un terroriste qui promeut l’idéologie de la République d’Iran et, plus inquiétant, harcèle l’opposition », a-t-il ajouté, et a agi, selon lui, « en collaboration » avec Al-Quds, le groupe d’élite des Gardiens de la révolution islamique, responsable principalement des menaces, et « en relation avec les opérations de renseignement (…) de l’Iran ».