« On n’abandonnera pas ! » : Gisèle Pelicot et sa fille Caroline Darian côte à côte à Paris pour la Journée des droits des femmes

Des milliers de femmes se sont rassemblées et parmi elles, Gisèle Pélicot et sa fille Caroline Darian : des manifestations ont eu lieu ce dimanche 8 mars à Paris et dans 150 lieux en France pour défendre les droits des femmes, dénoncer les violences sexuelles et la montée des conservatismes.

Gisèle Pelicot, victime des viols de dizaines d’hommes organisés par son ex-mari et devenue une figure mondiale de la lutte contre les violences sexuelles, et sa fille Caroline Darian rejoint les rangs de la Fondation des Femmes au moment où le cortège parisien s’élance de Stalingrad, vers 14h30

« Nous n’abandonnerons pas ! » Gisèle Pelicot a déclaré à la foule au début de la manifestation, acclamée par les manifestants, dont certains lui ont crié « merci ». « Je suis « extrêmement honorée d’être ici en présence de ma mère qui envoie un vrai message d’espoir à toutes les victimes de France », a assuré Caroline Darian, qui a porté plainte contre son père qu’elle accuse de l’avoir agressée sexuellement.

« En France, on a de la chance, ce n’est pas le cas partout »

La septuagénaire est partie au bout de quelques dizaines de minutes, laissant sa fille aux côtés des militantes féministes et de la chanteuse Suzane, dont la chanson « Je t’accuse » dénonce les violences sexuelles.

En tête du cortège, la banderole du collectif organisateur, Grève féministe, a été brandie notamment par la leader de la CGT Sophie Binet et la porte-parole du Collectif national des droits des femmes, Suzy Rojtman.

Un peu plus loin, Alice, 39 ans, venue avec ses enfants de 6 et 8 ans qui avaient chacun confectionné leur pancarte « stop au sexisme » et « femmes = hommes », a voulu leur « expliquer » qu’il est « important d’exprimer ce qu’on pense », qu' »en France, on a de la chance, ce n’est pas le cas partout », a-t-elle déclaré à l’AFP.

Alerter sur le « danger » de l’extrême droite pour les droits des femmes

A Bordeaux, Lille, Marseillemais aussi Albi ou Alençon… Pour cette journée internationale des droits des femmes, la centaine d’associations organisatrices se sont retrouvées dans 150 lieux en France. Le collectif veut notamment alerter sur le « danger » que représente selon lui l’extrême droite pour les droits des femmes à l’approche élections municipales des 15 et 22 mars.

Les Etats-Unis de Donald Trump, par exemple, « sont un laboratoire », estime Anne Leclerc, du Collectif national des droits des femmes. Depuis son retour à la Maison Blanche, le président américain a pris une série de mesures contre l’avortement et démantelé les politiques de lutte contre les discriminations.

« Les droits des femmes ne sont jamais définitivement acquis. Ils sont le fruit de combats constants, de conquêtes gagnées avec courage et d’une vigilance qui ne doit jamais faiblir », a écrit le président Emmanuel Macron sur X.

« Nous sommes en alerte », a déclaré Sarah Durocher, du Planning familial, qui observe en France « des difficultés d’accès à l’IVG sur le terrain », liées à un « manque de moyens » et à la « fermeture des structures locales ».

Une action devant la pyramide du Louvre

De leur côté, une vingtaine de militantes Femen ont mené une action à la mi-journée devant la pyramide du Louvre pour dénoncer « l’impunité, la criminalité et le déni total » des acteurs l’affaire Epsteinl’une d’elles, Sophia Antoine, a expliqué à l’AFP.

« On n’abandonnera pas ! » : Gisèle Pelicot et sa fille Caroline Darian côte à côte à Paris pour la Journée des droits des femmes

Donald Trump, Jack Lang, Bill Clinton : chaque militante torse nu avait inscrit sur son corps le nom de la personne qu’elle représentait. Portant des masques de cochon, ils ont exécuté une danse satirique visant à montrer « toute l’horreur et la répugnance » des personnes évoquées dans cette affaire de trafic sexuel de mineurs.

L’émancipation économique des femmes, qui occupent des emplois moins rémunérés et davantage à temps partiel, figurait également en tête des revendications. LE salaire moyen des femmes dans le privé était encore inférieure de 21,8 % à celle des hommes en 2024, selon l’Insee. L’écart en équivalent temps plein « à emploi comparable » reste estimé à 3,6%, à quelques mois de l’échéance de transposition de la directive européenne sur la transparence salariale.

L’année dernière, les organisateurs ont revendiqué 120 000 participants à la marche parisienne et un total de 250 000 en France. La police a dénombré 47 000 manifestants à Paris, soit près du double du nombre de l’année précédente.

Article original publié sur BFMTV.com

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