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Netanyahu affronte le diable

En Cisjordanie, les colons soutenus par le ministre des Finances Bezalel Smotrich, qui fait également partie du ministère de la Défense responsable des affaires civiles (c’est-à-dire des colons), harcèlent les Palestiniens, se livrent à une vigilance et les forcent à quitter leurs terres. Pendant ce temps, l’extrême droite du gouvernement de coalition rend la vie économique des Palestiniens de Cisjordanie intolérable, refusant de lever l’interdiction faite aux Palestiniens de travailler en Israël, imposée comme mesure de sécurité au début de la guerre.

Jusqu’à récemment, les ministres d’extrême droite empêchaient également l’argent des impôts collectés par Israël pour l’Autorité palestinienne (AP), ce qui fait partie d’une stratégie plus large visant à détruire l’un des derniers vestiges des accords d’Oslo et toute chance d’un État palestinien. C’est pour la même raison que Smotrich et ses alliés ont exclu tout rôle de l’Autorité palestinienne dans la bande de Gaza d’après-guerre, le rêve de l’extrême droite étant de restaurer définitivement le contrôle israélien sur l’enclave et de rétablir les colonies évacuées en 2005.

En outre, le ministre israélien de la Sécurité nationale, Itamar Ben-Gvir, distribue des permis d’armes à feu sans pratiquement aucun processus de vérification, ce qui pourrait bien contribuer à la montée de la violence des colons. Et son ministère, dirigé par le ministre de la Justice Yariv Levin, l’architecte de la refonte judiciaire, a également réprimé les manifestations contre la guerre.

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Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu | Menahem KahanaAFP via Getty Images

Toutes ces activités se déroulent sous couvert de sécurité liée à la guerre, mais il y a de bonnes raisons de douter que quelque chose change une fois la crise terminée. Par exemple, Ben-Gvir avait planifié sa distribution d’armes avant la guerre, reflétant ses fantasmes de Juifs israéliens patriotes régnant sur les ennemis de l’État, qu’ils soient de gauche ou Arabes israéliens.

Il est intéressant de noter que Netanyahu ne partage pas la vision de l’extrême droite ou des ultra-orthodoxes. Bien que sa politique ait toujours été de droite, son objectif a été d’assurer la sécurité nationale d’Israël et de créer une économie de marché sans remodeler la société israélienne selon des lignes antilibérales. Cependant, plus il reste au pouvoir, plus sa principale préoccupation est simplement de rester au pouvoir. Et c’est un problème.

La réticence de Netanyahu à tolérer toute concurrence sérieuse au sein de son parti, le Likoud, et son refus de quitter ses fonctions après avoir été inculpé, l’ont éloigné de la plupart de l’establishment politique, y compris du centre droit. En conséquence, les rangs du Likoud sont désormais remplis de courtisans dont le seul atout est la loyauté envers le leader. Et les seuls partis politiques disposés à rejoindre un gouvernement dirigé par Netanyahu sont l’extrême droite et les ultra-orthodoxes, car Netanyahu est prêt à payer le prix qu’ils exigent pour obtenir et conserver le pouvoir.

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