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Malgré l’engagement de la Cop28, la France continue de subventionner les énergies fossiles

La France a abandonné son projet de supprimer progressivement les allégements fiscaux sur le diesel agricole afin d’apaiser ses agriculteurs de plus en plus mécontents.

Lors de la Cop28 en décembre dernier, l’ancienne ministre française de la transition énergétique, Agns Pannier-Runacher, a annoncé qu’elle était très heureuse de soutenir une initiative néerlandaise visant à supprimer les subventions aux énergies fossiles.

Montrer l’exemple est évidemment un moyen essentiel pour avancer et montrer que les solutions sont sous nos yeux, elle a dit une conférence de presse, aux côtés de ministres du Canada, d’Espagne et d’autres gouvernements principalement européens.

Mais, à peine deux mois plus tard, dans le but d’apaiser les agriculteurs protestataires, son gouvernement a renoncé à son projet de supprimer les subventions aux combustibles fossiles qui alimentent les machines agricoles comme les tracteurs.

Et les retombées politiques de cette décision pourraient se répercuter au-delà des frontières françaises, a déclaré Peter Newell, professeur de relations internationales à l’Université du Sussex, à Climate Home.

Cela n’enverrait pas un bon signal quant à ces engagements si, au premier signe de difficultés, les pays les plus riches cèdent pour des raisons électorales étroites et à court terme, a-t-il déclaré.

 – Actusduweb.com

Le ministre français de l’Environnement de l’époque (deuxième à gauche) posant pour des photos après avoir rejoint une initiative visant à mettre fin aux subventions aux combustibles fossiles

Le groupe des grandes économies du G20 promet depuis 2009 de supprimer progressivement les subventions « inefficaces » aux combustibles fossiles, mais sans grand résultat. À l’échelle mondiale, les subventions explicites – sous-facturation des coûts d’approvisionnement en combustibles fossiles – ont plus que doublé pour atteindre 1 300 milliards de dollars en 2022, selon les chiffres du Fonds monétaire international.

Mauvais exemple

Newell a averti que la décision de la France envoie le signal qu’il est acceptable de capituler face à la pression sociale lorsqu’il s’agit de choix difficiles concernant la réforme des subventions aux combustibles fossiles.

Cela pourrait inciter d’autres groupes à s’opposer à des réformes similaires, a-t-il déclaré. Agriculteurs en Allemagne et en Lituanie se battent également actuellement envisagent de supprimer leurs subventions aux carburants.

Une équipe de chercheurs trouvé ceci entre 2005 et 2018, 41 pays ont connu au moins une émeute liée à la demande populaire de carburant. Leur étude concluait que la suppression des subventions avait souvent conduit à des troubles sociaux. En France, par exemple, en 2018, la hausse du coût de la voiture a déclenché une vague de protestations du mouvement des gilets jaunes, conduisant à un recul des hausses de taxes sur les carburants.

Machines agricoles françaises produit environ dix millions de tonnes d’équivalent dioxyde de carbone par an, soit un peu plus d’un dixième des émissions agricoles françaises, selon une étude. analyse récente par les conseillers officiels pour le climat (HCC) du gouvernement français.

Environ la moitié des émissions agricoles françaises proviennent des vaches qui rejettent du méthane lors de leurs rots. Un peu plus d’un dixième provient d’engrais à base de combustibles fossiles, et de plus petites quantités proviennent de porcs, de moutons et d’autres sources.

Les agriculteurs français reçoivent actuellement une subvention annuelle des contribuables de 1,7 milliard de dollars (1,8 milliard de dollars) pour rendre moins cher le diesel qui fait fonctionner leurs machines.

Fabriqué avec Flourish

L’analyse du HCC indique qu’environ un dixième de la pollution par le carbone des machines agricoles peut être stoppée grâce à une conduite utilisant moins de carburant et d’entretien du moteur.

Pour réduire davantage les émissions, il recommande que les tracteurs soient convertis au biodiesel ou aux moteurs électriques dès que possible afin d’éviter les risques de blocage, étant donné que de nombreux tracteurs achetés aujourd’hui seront encore utilisés alors que la France approche de son objectif d’atteindre le niveau net d’émissions. zéro émission en 2050.

Juste une transition

Stéphane De Cara, directeur de recherche à l’institut français de recherche agronomique INRAE, considère l’incapacité à s’attaquer à ce fruit à portée de main comme un signal clair que la France n’avance pas dans la bonne direction en matière d’objectifs d’émissions.

Mais, a-t-il ajouté, si les subventions aux carburants devaient être supprimées, l’argent économisé devrait alors être reversé aux agriculteurs les plus pauvres afin qu’ils puissent investir dans des technologies plus vertes.

Depuis la Cop28, Pannier-Runacher a été nommée au ministère de l’Agriculture et chargée de la planification écologique, des questions énergétiques et de la production de biomasse. Elle a juré de consacrer toute son énergie aux « agriculteurs et à la souveraineté alimentaire ».

À la veille des élections européennes de mai, les protestations des agriculteurs ont fait la une des journaux à travers l’Europe, plaçant leurs griefs concernant la concurrence étrangère et la baisse des revenus, associés à la hausse des coûts, au premier plan de l’agenda politique. Certains agriculteurs ont ciblé les politiques climatiques et naturelles aux niveaux national et européen.

Selon Newell, les partis politiques de droite utilisent cette question comme un paratonnerre pour attiser un mécontentement social plus large, dans le cadre d’une militarisation de la politique climatique à travers l’Europe à l’approche des élections européennes de juin.

L’agriculture est la nouvelle ligne de bataille dans les discussions autour des transitions justes, a ajouté le chercheur.

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