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Les syndicats agricoles français appellent à la fin des manifestations

Paris (AFP) Les principaux syndicats agricoles français ont appelé jeudi à mettre fin aux obstacles nationaux en matière de salaires, de fiscalité et de réglementation, après avoir obtenu les promesses d’aide du gouvernement.

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La France a connu certaines des manifestations agricoles les plus violentes qui se soient propagées à travers l’Europe au cours de la semaine dernière. Les agriculteurs français se sont opposés à une augmentation des taxes sur les carburants agricoles, se sont plaints de leurs salaires et de leurs impôts et ont été mécontents des réglementations de l’Union européenne.

Arnaud Rousseau, président du plus grand syndicat rural FNSEA, et le président des Jeunes Agriculteurs (JA), Arnaud Gaillot, ont tenu une conférence de presse pour annoncer la suspension de l’action.

Cela faisait suite aux promesses de liquidités, d’assouplissement des réglementations et de protection contre la concurrence déloyale du Premier ministre Gabriel Attal, la deuxième vague de concessions du gouvernement en une semaine.

Rousseau a salué de « réels progrès » et a déclaré qu’Attal avait été « à l’écoute ».

Mais le chef du syndicat a prévenu que de nouvelles manifestations pourraient avoir lieu si les « premiers résultats » des promesses n’étaient pas visibles lors de l’ouverture du principal salon agricole de France à la fin du mois.

Des agriculteurs ont amené du bétail à une manifestation dans le centre de Nice
Des agriculteurs ont amené du bétail à une manifestation dans le centre de Nice Valéry HACHE / AFP

Rousseau a réservé de sévères critiques pour la « surdité » des responsables européens, fustigeant la « structure technocratique murée dans ses bureaux bruxellois ».

La FNSEA et la JA regroupent la majorité des adhérents des syndicats agricoles français.

Laurence Marandola, porte-parole du syndicat de gauche Confédération paysanne, a déclaré qu’elle n’avait « rien entendu » du gouvernement concernant les revenus des agriculteurs et les prix des produits.

« Ce que nous avons entendu, c’est un grand pas en arrière sur les questions environnementales », a-t-elle déclaré.

‘Retour à la planche à dessin’

Attal avait auparavant déclaré vouloir « mieux reconnaître le métier d’agriculteur » et « protéger » les agriculteurs contre une concurrence déloyale.

Il a proposé des mesures comprenant une allocation annuelle de 150 millions d’euros (162 millions de dollars) pour les éleveurs et une interdiction des importations de produits alimentaires traités au thiaclopride, un pesticide néonicotinoïde déjà interdit en France.

Le ministère français des Finances estime le montant total des mesures immédiates à 400 millions d’euros.

Attal s’est également engagé à garantir une définition claire à l’échelle européenne de la viande cultivée en laboratoire, une technologie encore à ses balbutiements.

Tous les grands supermarchés seront audités pour vérifier leur conformité à une loi censée garantir des prix équitables pour les produits agricoles, a ajouté le ministre des Finances Bruno Le Maire.

Le Premier ministre Gabriel Attal subit des pressions pour apaiser les agriculteurs
Le Premier ministre Gabriel Attal subit des pressions pour apaiser les agriculteurs JULIEN DE ROSE / AFP

Le plan national français de réduction de l’usage des pesticides « sera remis sur la planche à dessin », a déclaré le ministre de l’Agriculture Marc Fesneau, suscitant un tollé parmi les écologistes.

« Cela aura des conséquences dramatiques sur notre santé et sur la biodiversité », a déclaré la députée Verte Sandrine Rousseau. Sa collègue députée Marie-Charlotte Garina a observé que les agriculteurs « sont ceux qui souffrent le plus de l’utilisation des pesticides ».

Une première série de concessions la semaine dernière comprenait le retrait de la hausse de la taxe sur les carburants.

Des milliers d’agriculteurs de toute l’Europe se sont rassemblés jeudi à Bruxelles, où le président Emmanuel Macron s’est entretenu avec la chef de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, pour discuter de « l’avenir de l’agriculture européenne » avant un sommet européen jeudi.

Après le sommet, Macron a déclaré aux journalistes que la France avait réussi à persuader l’UE d' »imposer des règles plus strictes » pour les importations de céréales et de volaille, y compris en provenance d’Ukraine.

Les agriculteurs bloquent les routes principales en France depuis des jours
Les agriculteurs bloquent les routes principales en France depuis des jours Valéry HACHE / AFP

Le bloc pourrait limiter les importations de certains produits agricoles ukrainiens, sur lesquels les droits de douane ont été abaissés à la suite de l’invasion russe en 2022.

Si la France est prête à aider l’Ukraine dans son effort de guerre, elle est également en désaccord avec « une concurrence déloyale qui profitera à quelques milliardaires ou industriels qui ne respectent pas nos règles », a déclaré Macron.

Bataille des accords commerciaux

L’Union européenne a annoncé ces derniers jours une exemption temporaire des règles exigeant que certaines terres agricoles restent en jachère.

Le gouvernement français a salué ces mesures comme une victoire de son lobbying, mais elles n’ont pas suffi à apaiser les griefs des agriculteurs.

Beaucoup restent farouchement opposés à un accord de libre-échange négocié de longue date avec le bloc sud-américain du Mercosur.

Le chef du syndicat, Arnaud Rousseau, a déclaré que les agriculteurs pourraient à nouveau bloquer les routes si leurs revendications ne sont pas satisfaites.
Le chef du syndicat, Arnaud Rousseau, a déclaré que les agriculteurs pourraient à nouveau bloquer les routes si leurs revendications ne sont pas satisfaites. STÉPHANE DE SAKUTIN / AFP

Paris a déclaré qu’il n’accepterait pas l’accord sous sa forme actuelle, même si d’autres pays de l’UE sont déterminés à aller de l’avant.

Un groupe de 79 agriculteurs a été libéré après avoir été placé en garde à vue pour une incursion mercredi à Rungis, un pôle de vente en gros de produits alimentaires de la région parisienne.

Les agriculteurs d’Allemagne, de Belgique, de Pologne, de Grèce, d’Italie, de Roumanie et des Pays-Bas ont également exigé des mesures de la part de leurs gouvernements.

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