Le pontife souverain a-t-il tiré sur la France?
Strasbourg, Marseille, Corse mais pas de visite officielle de l’État. En douze ans à la tête du Vatican et de l’Église catholique, le pape François est venu trois fois en France. C’est le pays qui a accueilli le plus de visites au pontife souverain. Cependant, le pape, qui a succombé à une AVC ce lundi 21 avrila maintenu une relation ambivalente avec la France.
Son dernier voyage, le 15 décembre sur l’île de Corse, résume ces seuls complexités. Une semaine plus tôt, le pontife souverain avait refusé d’aller au réouverture de la cathédrale de Notre-Dame de Paris où les dirigeants de nombreux pays étaient bondés.
Sur les réseaux sociaux et les téléviseurs, les voix – en particulier dans les cercles conservateurs – avaient ensuite dénoncé « l’affront » infligé par le pape avec ce calendrier proche, allant jusqu’à le comparer à « une gifle ». Dans un éditorial intitulé « François, le pape qui déteste la France », l’hebdomadaire Le point avait même fustigé «l’animosité» du pape argentin envers la France.
« Il n’a eu aucun problème avec les Français, mais avec le pouvoir des pays européens »
Les réactions avaient alors poussé Vatican NewsLe site officiel d’information du Vatican, pour publier une interview avec l’Apostolic Nonce – l’ambassadeur de Saint-Siège – affirmant que « la France fascine le pape François ».
En préférant aller à Ajaccio pour une conférence sur la religiosité populaire En Méditerranée plutôt que d’assister à une cérémonie au milieu des chefs d’États et de têtes couronnées, Jorge Bergoglio avait voulu mettre en évidence une région et les thèmes représentant les priorités de son pontificat.
« Demandez si le pape nous aime ou non » est une approche « très adolescente » lorsqu’il adopte « la France et l’Église en France très sérieusement », puis déclaré à l’AFP le président de la Conférence des évêques de France, mgré de Moulins-Beaufort.
« C’est précisément pourquoi il ne veut pas venir en France, car il considère qu’il y a des endroits qui en ont besoin », a-t-il ajouté, se disant « frappé » par le nombre d’auteurs français cités dans ses lettres et ses encycliques.
« Le pape aimait les Français, mais n’aimait pas le pouvoir, donc il n’est jamais allé à Paris. La question des migrants l’a mis dans le surplomb avec toute l’Europe », abonde pour BFMTV Mario Giro, ex-ministre des Affaires étrangères italiennes, qui dirige la communauté de Sant’egidio. « De nombreuses capitales européennes n’ont pas été visitées par le pape, car il n’aimait pas le pouvoir politique. Il s’est confronté de manière sévère », a-t-il ajouté.
« Il n’a eu aucun problème avec les Français, il a eu un problème avec le pouvoir des pays européens, des pays riches », explique Mario Giro. Pendant son pontificat, le pape n’est jamais allé à d’autres grands voisins européens, comme l’Allemagne, l’Espagne ou le Royaume-Uni. Un paradoxe reste: malgré trois voyages en France, le chef de l’Église catholique n’a jamais fait de Visite officielle de l’État.
En 2014, Il est allé à Strasbourg pour visiter les institutions européennes – Sans même s’arrêter à la cathédrale, le dam des fidèles. En septembre 2023, il a insisté pour qu’il allait « À Marseille, pas en France« .
Les médias et l’écho politique de cette visite et le Masse au stade Vélodrome Devant 60 000 fidèles dans une atmosphère plus pliée avaient cependant souligné le lien profond entre les catholiques français et le pape argentin, qui avait lancé: « Bonjour Marseille, Bonjour France! »
Une pause claire avec ses prédécesseurs
« Le pape est venu plusieurs fois en France », se souvient pour la sœur de BFMTV Nathalie Becquart, sous-secrétaire au Secrétariat général du Synode des évêques.
« Quand on lui a dit« Marseille », il éclairait, il en gardait un magnifique souvenir. Nous ne pouvons pas dire qu’il n’aimait pas la France. Il a concentré son attention, non pas sur les grands pays, mais sur les petits pays de la périphérie. Ce n’est pas contre la France, il était de sa priorité d’aller aux pays où les papes n’avaient pas été», a-t-elle dit.
Le rapport du premier pape d’Amérique latine avec la France a cependant marqué une rupture claire avec ses prédécesseurs. Donc, Jean-Paul II visité le pays huit fois avec des séquences qui sont restées dans les souvenirs, comme une messe à Paris en 1997 avant plus d’un million de personnes.
Francophile et francophone, son successeur Benoît XVIAttaché à l’héritage des grandes figures intellectuelles et théologiennes, avait marqué les esprits en 2008 en allant dans plusieurs lieux symboliques de la capitale, comme les invalides, les Bernardins et Notre-Dame.