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Le héros de la Résistance arménienne Manouchian rejoint les sommités françaises du Panthon

Les cendres du survivant du génocide arménien et héros de la Résistance française, Missak Manouchian, ont été intronisées mercredi au Panthon de Paris, 80 ans après son exécution et celle de ses camarades pendant l’occupation nazie.

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La cérémonie solennelle met en lumière le rôle important que les étrangers ont joué dans la libération de la France.

L’épouse de Manouchian, Mline, également résistante, a rejoint son mari dans le mausolée des personnages historiques vénérés conformément aux vœux de sa famille.

Elle a survécu à la guerre et est décédée citoyenne française en 1989.

Dans un discours prononcé devant leurs cercueils dans la nef du monument, le président français Emmanuel Macron a déclaré que Manouchian avait voulu être poète, mais qu’il était devenu « un soldat de l’ombre ».

La décision de lui décerner la plus haute distinction posthume de France a été prise par Macron en 2023.

Les noms de 23 de ses camarades communistes, dont des combattants polonais, hongrois, italiens, espagnols et roumains, seront ajoutés sur une plaque commémorative à l’intérieur du Panthon.

La dirigeante d’extrême droite Marine Le Pen a assisté à la cérémonie malgré les suggestions de Macron selon lesquelles la présence de son parti, le Rassemblement national, serait irrespectueuse.

Un réfugié apatride

Né en 1906 dans ce qui était alors l’Empire ottoman, Manouchian était orphelin et survivant du génocide arménien de 1915 et 1916.

Arrivé en France en 1925 comme réfugié apatride avec son frère, il dirige l’un des groupes armés les plus actifs contre les nazis.

Le groupe manouchien de résistants étrangers était composé d’une soixantaine d’hommes et de femmes, dont de nombreux juifs, et était proche du Parti communiste français.

Ils menèrent près d’une centaine d’opérations armées et de sabotage en région parisienne, dont l’exécution du général SS Julius Ritter, chef du travail obligatoire, en septembre 1943.

Portraits au pochoir des résistants Pierre Brossolette et Missak Manouchian réalisés par l'artiste C215 à la prison de Fresnes.
Portraits au pochoir des résistants Pierre Brossolette et Missak Manouchian réalisés par l’artiste C215 à la prison de Fresnes. AFP – Joël SAGET

« Parce que ces combattants ont réussi à exécuter un haut dignitaire du Reich, ils ont été plus que jamais pourchassés », a déclaré Macron lors de son discours au Panthon.

« Sur leurs traces ont marché les inspecteurs de la préfecture de police. »

En 1944, le groupe fut mis hors service lorsque 23 de ses membres furent arrêtés et condamnés à mort par un tribunal militaire allemand.

Les combattants furent exécutés le 21 février 1944 au Mont Valrien près de Paris.

Le régime de Vichy a ensuite tenté de discréditer le groupe manouchien et de désamorcer la colère suscitée par les exécutions. affiche rouge(affiche rouge) qui présentait les combattants morts comme des terroristes.

Jamais naturalisé

Communiste, chrétien et internationaliste, le désir de Manouchien de servir son pays d’adoption dans les forces armées l’a amené à faire plusieurs tentatives pour obtenir la citoyenneté française.

Mais il est mort apatride : son dossier de naturalisation, conservé aux Archives nationales, contient deux demandes inachevées.

Manouchian était « mort pour notre nation, qui ne l’a jamais pleinement embrassé », a déclaré Macron.

En entrant au Panthon, Manouchian devient le premier résistant armé étranger à recevoir cet honneur.

Le Panthon honore déjà huit autres héros de la Résistance française, dont la militante des droits civiques d’origine américaine Joséphine Baker.

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