Le Festival du Livre de Paris ne veut pas « remplacer le Festival de la BD d’Angoulême », mais…

L’absence du Festival de la BD d’Angoulême 2026 pousse d’autres rendez-vous littéraires à offrir une place à part à la bande dessinée au milieu d’une année pratiquement blanche pour le secteur. Sans FIBD et avec des chiffres de ventes moins encourageants, le Fête du Livre de Paris a quand même pris le pari de mettre l’accent sur le 9e art pour sa nouvelle édition, du 17 au 19 avril.

Verser Le HuffPost, le pLe programmateur BD du festival littéraire parisien, Romain Brethes, revient sur ce sujet. année spéciale pour le secteur. « En concertation avec les éditeurs présents, nous avons décidé de mettre en avant la BD d’une manière différente des années précédentes « , explique-t-il. Plus qu’une présence, c’est donc un statut de  » invité d’honneur » que propose la BD cette année.

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Il faut en effet rappeler que la bande dessinée s’invite désormais chaque année au Grand Palais. Pourtant, la place accordée cette année à la bande dessinée a été décidée » dans des circonstances particulières », révèle son programmeur. Sans surprise, c’est bon l’absence du Festival International d’Angoulême cette année qui a poussé les organisateurs de la Fête du livre à revoir leur copie.

Après de vives critiques d’une grande partie du monde de la bande dessinée contre l’organisation problématique du FIBD, au point de conduire à son annulation pure et simple, le secteur à la santé fluctuante s’est donc offert une place de choix.  » La bande dessinée est en difficulté depuis plus de deux ans. Aussi bien pour les grands éditeurs que pour les indépendants », note Romain Brethes, évoquant un « baisse des ventes et de la production « . De quoi inciter les gens à ne pas abandonner le secteur.

« L’idée n’est absolument pas de remplacer Angoulême »

Selon un inventaire réalisé en 2025, Radio-France a rappelé qu’après une décennie de « insolence », le marché est désormais plus fragile. En 2024, une baisse du chiffre d’affaires des bandes dessinées et mangas vendus en France de 4,4% a été enregistrée par rapport à 2023. En 2025, la présence en librairie deun nouvel album deAstérix n’avait pas fait de miracle, avec une nouvelle baisse des ventes de 5,5%, comme le souligne Le monde.

A côté de ces chiffres décourageants, il fallait « compenser un déficit médiatique sans Angoulême » développe Romain Brethes. Même s’il est le premier à rappeler que « l’idée n’est absolument pas de remplacer Angoulême « , cette démarche s’inscrit dans un contexte plus large de mise en avant du 9e art à la Fête du livre de Paris, qui accueille depuis trois ans déjà auteurs et éditeurs de bande dessinée du secteur.

Le festival a donc vu les choses en grand pour 2026 avec deux expositions au Grand Palais, en plus des habituelles dédicaces et rencontres avec les artistes. L’un est sur le voyage, thème de cette édition, l’autre sur l’amour de la bande dessinée, faisant écho au succès commercial de ce genre littéraire. La programmation prévoit également la présence d’une exposition alléchante composée de planches originales pour faire le lien entre bande dessinée et adaptations cinématographiques.

Le Festival du Livre de Paris ne veut pas « remplacer le Festival de la BD d’Angoulême », mais…
L’affiche officielle du Festival du livre de Paris, réalisée par l’auteur François Schuiten et l’illustrateur Laurent Durieux.

« D’autres belles surprises seront annoncées pendant le festival », promet encore Romain Brethes.

L’annulation du FIBD dans toutes les têtes

Et même si, la Fête du Livre de Paris n’est pas Angoulême », et que les auteurs de BD ne sont donc pas les vraies stars, cette vitrine de choix ravit l’auteur Matthieu Bonhomme, aux commandes de plusieurs BD Luc chanceux depuis 2016 et présent vendredi matin au Grand Palais. Son dernier opus, La longue marche de Lucky Luke (Éditions Dargaud), paraît ce 17 avril, jour d’ouverture du festival.  » Cela me fait extrêmement plaisir que la BD soit mise à l’honneur », salue l’artiste.

« Il y a une fierté, car c’est une initiative bénéfique pour un marché aussi fort que malmené. « . D’autant plus dans un tel contexte. Matthieu Bonhomme pense bien sûr à l’annulation de  » deuxième plus grand événement culturel en France après Cannes », incident présent dans toutes les têtes, comme nous le confirme également François Hercouët, directeur de la maison d’édition Urban Comics qui édite notamment les titres Batman En France.  » Ce n’est pas un signe de bonne santé, d’autant que les mauvais indicateurs commencent à s’accumuler pour le secteuril glisse, même si cette absence peut permettre d’investir dans d’autres rassemblements ».

« Nous avons été choqués de voir le festival sacrifié », ajoute Matthieu Bonhomme, même s’il a validé (comme beaucoup d’autres) le constat qui a fini par faire dérailler l’édition 2026. Il tient également à rappeler qu’après cette annulation, les auteurs français restent toujours  » stupéfait par l’absence totale de réaction du ministre de la Culture » alors en fonction. A savoir Rachida Dati. « Il nous faut pourtant un rendez-vous prestigieux comme Angoulême, tant pour son aspect médiatique que pour le rayonnement de la bande dessinée. « . C’est pourquoi l’initiative de la Fête du Livre rassure tout un secteur en attendant des jours meilleurs… et un potentiel retour d’un FIBD assaini l’année prochaine.

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