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L’argent numérique, soigneusement géré, peut contribuer à la croissance et à l’égalité dans les îles du Pacifique

Les pays insulaires du Pacifique sont impatients de tirer parti des opportunités offertes par la révolution de la monnaie numérique en développant des systèmes de paiement, en élargissant l’inclusion financière et en atténuant la perte des relations de correspondant bancaire.

Ces pays, parmi les plus isolés et les plus dispersés du monde, sont confrontés à des défis en matière de services financiers et d’inclusion, en partie à cause de leur petite taille et de leur paysage unique. L’accès limité et inégal aux services financiers contribue à la persistance de la pauvreté et des inégalités. Ces pays sont également fortement dépendants des flux de transferts de fonds, ce qui les rend touchés de manière disproportionnée par la diminution des relations de correspondant bancaire.

Nos dernières recherches explorent le rôle potentiel de la monnaie numérique dans la région, y compris les pièces stables et la monnaie numérique de la banque centrale, ou CBDC. Nous n’incluons pas les actifs cryptographiques non garantis dans notre discussion car ils ne répondent pas à la définition de l’argent.

Dans un monde de plus en plus interconnecté, la monnaie numérique et les innovations associées offrent des avantages tels que l’efficacité, l’accessibilité et la sécurité. Une monnaie numérique bien conçue et gouvernée peut contribuer à atteindre des objectifs politiques tels que l’inclusion financière et une plus grande connectivité transfrontalière. Cela peut contribuer à autonomiser des personnes et des groupes auparavant mal desservis, en leur fournissant un accès aux services financiers et au soutien du gouvernement.

À l’inverse, l’adoption de la monnaie numérique sans préparation et garanties adéquates peut perturber les économies et les marchés financiers. Des interruptions prolongées peuvent même entraîner de graves risques pour la stabilité financière dans les pays qui ne disposent pas des capacités appropriées. La monnaie numérique pourrait également introduire de nouvelles menaces liées au blanchiment d’argent et au financement du terrorisme.

Les pays insulaires du Pacifique et d’autres pays similaires sont limités par l’échelle et les ressources nécessaires à l’introduction de la monnaie numérique. L’infrastructure numérique et les cadres institutionnels (légaux, réglementaires et de surveillance) nécessaires à une mise en œuvre réussie de la monnaie numérique ont tendance à être sous-développés. En outre, de nombreux pays de la région ne peuvent pas se permettre des coûts de développement élevés, tels que ceux liés à la formation, aux opérations et au développement technologique.

L’adoption de l’argent numérique nécessite une infrastructure sous-jacente stable, sécurisée et accessible. Les prestataires de services devraient être encouragés à développer des modèles commerciaux qui génèrent des revenus durables et couvrent les coûts. L’argent numérique doit également être attrayant à utiliser, y compris par les touristes, car il représente une part importante du revenu national de nombreux pays de la région. Le statut juridique de la monnaie numérique doit être clair, tout comme les obligations des prestataires de services, les droits des utilisateurs et les responsabilités des autorités de surveillance et autres.

Considérations politiques

En fin de compte, les décisions en matière de monnaie numérique devraient dépendre d’une variété de conditions monétaires et financières, telles que l’existence ou non d’une monnaie nationale et la maturité des systèmes de paiement nationaux, outre la mise en place de capacités institutionnelles adéquates. Les pays dotés d’une monnaie nationale pourraient éventuellement introduire une CBDC dans les années à venir.

La maturité des secteurs des banques et des prestataires de services de paiement peut aider à déterminer quel type de monnaie numérique ou quels choix de conception fonctionnent le mieux pour les pays insulaires du Pacifique. Par exemple, une CBDC à deux niveaux (dans laquelle la banque centrale émet mais délègue l’opération à des intermédiaires privés) peut être la meilleure solution pour les pays dotés d’une monnaie nationale et de banques et prestataires de paiement matures. Ailleurs, les pièces stables basées sur des devises étrangères pourraient constituer une alternative réaliste pour les pays ne disposant pas de leur propre monnaie, mais uniquement avec une réglementation et une supervision solides.

Les pays insulaires du Pacifique pourraient explorer une approche régionale pour introduire de nouvelles formes de monnaie et de paiements numériques tout en gérant les risques associés. Cela pourrait impliquer de connecter les systèmes de paiement nationaux traditionnels, d’interconnecter les CBDC une fois en place, d’établir ou de rejoindre des plateformes de paiement numérique multilatérales et des réseaux régionaux. Et cela peut inclure le partage de connaissances avec des pairs, des partenaires de développement et des organisations internationales comme le FMI.

Pour sa part, le FMI fournit une formation et une assistance technique dans la région depuis trois décennies, notamment par l’intermédiaire de son Centre d’assistance technique financière dans le Pacifique, et contribue en réunissant ses pairs et des décideurs politiques de haut niveau d’autres régions pour partager leurs expériences.

—Ce blog, basé sur l’article départemental Rise of Digital Money: Implications for Pacific Island Countries, reflète les contributions de recherche de Tao Sun, Arvinder Bharath, Stephanie Forte, Kathleen Kao, Yinqiu Lu, Maria Fernanda Chacon Rey, Piyaporn Sodsriwiboon, Chia Yi Tan. et Bo Zhao. Pour en savoir plus sur le travail du Fonds dans la région, voir le récent commentaire du directeur général adjoint Bo Li et de Marshall Mills, qui dirige la division des îles du Pacifique et est chef de mission pour les Fidji.

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