La crise de légitimité de France et la nôtre
Ces jours-ci, la nouvelle de l’incendie de Paris ne mérite guère de surprise. La France a vacillé d’une crise à l’autre pendant plus longtemps que beaucoup d’entre nous n’ont été en vie. Les émeutes à la suite de décisions impopulaires sont si courantes que l’amour des Français pour la protestation bruyante est devenu une punchline. Le système politique français a déjà résisté à ces tempêtes et semble sur le point de le faire à nouveau. Dans le même temps, chaque nouvelle confrontation semble laisser le président Emmanuel Macron en particulier et le système en général plus abîmés.
Cette dernière flambée est liée à la tentative des gouvernements Macron de réformer le système de retraite. La question des retraites est une patate politique brûlante dans les démocraties occidentales. Presque tous les systèmes de retraite mis en place à l’époque du boom d’après-guerre sont des signaux d’alarme clignotants indiquant qu’ils ne peuvent pas être maintenus à long terme. De nombreux autres pays, dont la Suède, ont déjà fait face à des batailles politiques sur l’avenir de la retraite, et dans de nombreux endroits, les problèmes sont aggravés. La crise soudaine des trésors britanniques, qui a joué un rôle important dans le détrônement du Premier ministre Liz Truss, a eu un effet inquiétant sur la viabilité des fonds de pension.
Dans l’ordre des choses, la proposition de Macron n’est pas particulièrement cruelle ou draconienne. L’âge général de la retraite en France est actuellement de 62 ans, et la proposition de Macron le ramènerait à 64 ans. À titre de comparaison, l’âge de la retraite en Suède est de 63 ans, bien que certaines prestations ne commencent à être versées qu’à 66 ans. En d’autres termes, même si ces Français Si les réformes étaient réussies, elles ne signifieraient pas la fin de l’État-providence.