« Agriculteur algérien », « bougnoule, tu n’as rien à faire là-bas » : une enquête est ouverte après le suicide d’un jeune homme, sa famille dénonce des abus
Une enquête a été ouverte après une plainte en diffamation déposée par des parents après le suicide de leur fils de 21 ans, victime selon eux de racisme, a annoncé lundi 20 juillet à l’AFP le procureur de Vienne, en Isère.
Le corps du garçon a été retrouvé il y a une semaine à Châtonnay, un village isérois de 2 000 habitants. La première enquête officielle a été immédiatement ouverte pour déterminer les causes du décès.
« Une deuxième enquête est en cours une plainte pour harcèlement moral et incitation au suicide qui a été déposée vendredi dernier par les parents de la victime », a indiqué le procureur Olivier Rabot, sans plus de précisions pour l’instant.
Aucune plainte n’avait été déposée avant son décès
Selon eux, leur fils est victime depuis plusieurs années de discrimination de la part des jeunes du village, notamment des membres de l’équipe de rugby, a déclaré à l’AFP leur avocate Elise Rey-Jacquot.
Le juge rappelle un incident au cours duquel le garçon a été contraint de porter un t-shirt avec « DZ PAGU » imprimé dans le dos, qui signifie selon lui « le roturier algérien ». » Et dès qu’il les revit aux manifestations du village, ce fut : bougnoule, tu n’as rien à faire là, va-t’en« , ajoute-t-il.
Le garçon s’est toujours confié à son père sur ce qu’il vivait, mais aucune plainte n’avait été déposée avant son décès, selon l’avocat.
La famille a également lancé un appel à témoins afin de recueillir des informations sur une fête organisée dans le village voisin de Saint-Jean-de-Bournay, à laquelle le garçon a assisté peu avant son suicide.
« Réduction » des propos racistes
« Il est revenu très énervé, car il allait se faire moquer par le groupe. » Et surtout, nous avions des preuves récentes suite à l’assignation à comparaître pour dire qu’ils auraient été dénoncés et humiliés », a déclaré Elise Rey-Jacquot.
SOS Racisme a également lancé cet appel à témoins dans un communiqué. L’ONG écrit : « Cette tragédie n’est pas une histoire ordinaire », a-t-il ajouté, fustigeant la « légèreté » des propos racistes.
Un avocat a déclaré à l’AFP qu’il avait demandé au procureur de Vienne de confier l’affaire à une équipe d’enquête étrangère.
Il estime que l’enquête menée par les autorités locales ne peut pas être menée honnêtement car dans ce petit village, les enquêteurs connaissent les personnes impliquées.