« On compte les corps » : fusillade, tuant trois personnes en moins d’un mois… Nantes risque le trafic de drogue

Marseille, Lyon et Nantes… Comme les deux sœurs, la ville de Loire-Atlantique est désormais tristement célèbre pour mettre en place de nombreux trafics de drogue qui se multiplient dans d’autres régions.

La dernière histoire sanglante a débuté mardi 26 mai au soir, dans le quartier de Halvêque, lorsque deux personnes à visage caché, à moto, ont pris en chasse un jeune homme de plus de 20 ans, avant de le tuer.

« Aussi, il ne fait aucun doute que ces événements s’inscrivent dans une restructuration liée au trafic de drogue et aux guerres pour la terre et l’argent qui le créent », a déclaré à BFM Antoine Leroy, procureur de Nantes.

Cette mort violente, la troisième en mai, intervient dix jours après Elijah, un jeune de 15 ans, dans une fusillade dans le quartier Port-Boyer à Nantes.

Des batailles sanglantes et sanglantes

Comme Marseille ou d’autres grandes villes françaises, Nantes a un problème de trafic de drogue en France. Dans certains quartiers de la ville, les quartiers sont désormais des centres commerciaux où les vendeurs se disputent uniquement l’argent et l’équipement.

« En ce moment, nous sommes dans un débat pour trouver les principes de l’accord. Il y a beaucoup de problèmes qui se posent sur ces principes et il y a des commerçants qui s’y opposent, ce qui fait qu’ils provoquent des morts », explique à BFM Thierry Audouin, de l’organisation Alternative Police CFDT.

Parfois, des fusillades surviennent entre membres de la communauté, comme lors de la mort d’Eliya, qui n’était pas connue de la police.

Au lendemain de la catastrophe, le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, s’est rendu dans le quartier de Port-Boyer pour venir en aide aux habitants.

« Nous le devons aux personnes vivant dans des zones qui ne peuvent plus (…) faire passer de la drogue en contrebande. La guerre que nous menons ne finira jamais », a-t-il déclaré.

En 2026, la majorité du trafic de drogue se déplace vers les banlieues de la ville. Thierry Audouin a également déclaré : « Le gros problème dans la région des Dervallières a été résolu en 2025, mais la contrebande ne s’arrête pas. Elle bouge », a déclaré Thierry Audouin avant de préciser : « Donc, les trafiquants sont partis investir dans des petites places comme la fusillade récente s’est produite.

La tension entre passeurs est également accrue par la présence de nouvelles personnes venues d’autres villes françaises, notamment d’Île-de-France.

« Ils viennent de région parisienne pour une semaine pour ‘rester’ à Nantes parce qu’ils pensent que la pression de la concurrence avec la police va diminuer », murmure la police à BFM.

« Nous avons par exemple des commerçants endettés à Angers qui viennent à Nantes pour revenir. Ils arrivent dans une ville qu’ils ne connaissent pas. Les commerçants locaux leur demandent de régler le problème », ajoute la police.

« Ils exploitent les failles du système »

Si la ville de Nantes attire l’attention des trafiquants de drogue, c’est parce qu’elle leur offre plusieurs avantages. Par exemple, la ville bénéficie d’un très bon emplacement.

« Pour distribuer la marchandise, c’est facile. La liaison entre Paris et Nantes est facile à faire et vous avez accès à la côte atlantique où il y a un client avec de l’argent », explique Thierry Audouin.

En plus de cette excellente situation sur la carte de France, Nantes offre un grand calme pour la circulation. « Au contraire, ils profitent des failles du système : il n’y a pas assez de policiers. Nous avons perdu 110 personnes en moins de deux ans », affirme un membre de l’Alternative Police CFDT.

Afin de pallier le manque de policiers dans la ville, le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a annoncé depuis le quartier de Port-Boyer que l’Office anti-stupéfiants (Ofast) de Nantes a été renforcé avec l’arrivée de six nouveaux policiers.

L’augmentation des effectifs n’est pas entièrement satisfaisante. « Il faut comprendre une chose : ce bureau s’occupe du trafic de drogue. Quand ça va mal, c’est le ‘criminel’ qui le dirige et a peu d’employés », assure Thierry Audouin.

« J’ai des policiers qui me disent : ‘En fait, ici, nous n’avons que le temps de ramasser les cadavres et de compter les cadavres’. Les trafiquants n’ont pas de règles, ils arrivent, ils tuent et puis ils repartent », ajoute-t-il.

« Le trafic de drogue continue de mourir »

Du côté de la ville, l’augmentation de la violence liée au trafic de drogue est désormais l’un des sujets les plus importants.

« Le trafic de drogue continue de tuer (…) La réponse du gouvernement doit être à la hauteur du problème », écrivait la maire PS Johanna Rolland dans le livre X, peu après la fusillade.

Dans une interview avec Ouest de la Francel’édile a mentionné les moyens par lesquels il souhaite que le gouvernement veille à éteindre le feu du trafic de drogue.

« J’appelle à une équipe de renseignement dédiée, comme la Grande-Bretagne l’a fait, pour renforcer ce que nous avons fait en France pour lutter contre le terrorisme », a-t-il déclaré à ses amis.

Sur le rôle de la municipalité dans ces problèmes, la réponse est claire : « Face à un tel désastre, chacun doit se réévaluer. Mais si la municipalité doit continuer à investir dans la sécurité au quotidien, ne faisons croire à personne que, sans l’engagement du Gouvernement, avec de vraies mesures, nous pourrons avancer clairement.

De son côté, la situation à Nantes inquiète beaucoup les forces de l’ordre, qui craignent d’y voir de plus en plus de dangers. « Les tireurs sont jeunes et petits et parfois jeunes, on va vers une catastrophe… », conclut Thierry Audouin, secrétaire de la zone Ouest de l’Alternative Police-CFDT, sur BFM.

L’article original a été publié sur BFMTV.com

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