« Profanation », « menaces constantes »… Cécile Kohler et Jacques Paris parlent de leur quotidien en prison
« Nous sommes entrés dans un autre monde. » Sur le plateau de France 2, Jacques Paris et Cécile Kohler ont décrit leur quotidien derrière les barreaux pendant plusieurs années en Iran, y compris leur arrestation, jusqu’aux menaces de mort constantes.
Arrêtés en mai 2022 et accusés d’espionnage, les deux ressortissants français ont passé plus de trois ans et demi dans la tristement célèbre prison d’Evin à Téhéran, avant d’être libérés début novembre 2025 et détenus à l’ambassade de France à Téhéran, avant de rentrer en France la semaine dernière.
Si « la joie, le « bonheur » et « l’odeur de la liberté » reviennent dans la vie de Jacques Paris et « un grand soulagement et une grande joie » chez Cécile Kohler, ils disent tous avoir vécu un « programme de déshumanisation » en prison.
« Depuis trois ans et demi nous n’avons pas vu de noirceur »
« Nous avons vécu trois mois seuls, dans une pièce complètement vide, nous dormions par terre, nous n’avions ni lit, ni matelas (…) J’ai été privée de tout ce qui constituait mon identité », raconte Cécile Kohler, qui raconte avoir vécu avec un pyjama gris « pendant trois ans et demi ».
A la prison d’Evin, Jacques Paris se souvient de cette lumière dans sa cellule, qui est là « 24 heures sur 24 ». « Pendant trois ans et demi, nous n’avons pas vu l’obscurité, tout le temps, jour et nuit, nous étions sous cette lumière », explique l’ancien prisonnier.
Myope et astigmate, Jacques Paris n’a pas pu porter ses lunettes pendant toute la durée de son incarcération. « Dans les cellules isolées, les lunettes sont aussi interdites (…) ça fait partie du processus de destruction », rappelle-t-il.
De son côté, Cécile Kohler dit avoir reçu des « menaces constantes ». Il a déclaré : « On nous a menacés qu’ils nous pendraient (…) et qu’ils nous enverraient dans un endroit où nous ne survivrions pas. »
Jacques Paris a déclaré : « Lors de notre interrogatoire, j’ai reçu des menaces de mort, soit de nous tuer immédiatement, soit de la peine de mort. »
La lecture est un jeu pour passer les journées
Afin de vaincre l’anxiété, Cécile Kohler a déclaré qu’elle apprenait par cœur L’Odyssée, Le poème classique d’Homère, avant de s’endormir : « Je suis allé au Chant numéro 5 jusqu’à ce que finalement, ils décident de me retirer le livre ».
Pour Jacques Paris, le sport était une véritable évasion, notamment le sommeil : « ça pouvait prendre une grande partie de ma journée, c’était une des façons de continuer ».
Après avoir passé une semaine en France, Cécile Kohler confirme désormais qu’elle est « en bonne santé mentale » auprès de Jacques Paris.
Au plus fort de la crise du « gouvernement » avec Paris, Téhéran a arrêté simultanément jusqu’à sept citoyens français. Maintenant, il n’y en a plus.
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