« Ces deux-là sont rentrés dans l’ordre » : Comment les candidats niçois font-ils campagne dans l’ombre d’Éric Ciotti et Christian Estrosi ?
Cédric Vella peine à se faire une place au soleil à la Baie des Anges. Difficile pour le représentant des élections niçoises de sortir de l’ombre des deux qui éclairent tout : ceux créés par Éric Ciotti et Christian Estrosi, les frères rivaux de la Côte d’Azur.
« Il y en a un qui a été chef du département pendant de nombreuses années, un autre qui a été maire pendant près de 18 ans. Donc, c’est sûr que pouvoir se connecter à d’autres réseaux, rencontrer des organismes alliés, aller à des événements, avoir un endroit pour louer des salles, c’est très difficile », reconnaît le courtier d’assurance de 31 ans, qui représente Reconquête, la conception à distance d’Éric Zemmour.
« Certains ne savent même pas qu’il existe une série Reconquête »
Lors de ses déplacements sur le terrain, les noms de ces « deux poids lourds politiques » – pendant très longtemps, avant de pouvoir se séparer dans les années 2010 entre conflits et divergences de lignes politiques – « pour venir ».
Au contraire, « nous n’avons jamais été dans les médias pour que certains ignorent qu’il y a une série de Reconquête », témoigne-t-il, reprochant aux médias de se focaliser sur le duel Estrosi-Ciotti, pourtant connu pour les intentions de vote des Niçois.
Pour s’exprimer, Cédric Vella, qui vit dans un poste politique très proche d’Éric Ciotti – affilié au Rassemblement national – veut prendre un « air frais », à l’écart du « système actuel ».
Cartes « Pollumon »
A gauche, l’écologiste Juliette Chesnel-Le Roux et son équipe s’appuient sur une idée pour le moins originale : « Pollumon », ou des tracts de campagne inspirés des célèbres cartes Pokémon. idée, utilisé dans le passéle but est de susciter l’intérêt des Niçois et de faire en sorte qu’ils conservent ces documents de campagne au lieu de les jeter.
Le candidat de 63 ans, soutenu par la gauche hors La France insoumise, fait passer plusieurs messages. Certains favorisent son programme, d’autres ses ennemis. Sur l’une des cartes, on peut lire : « Estrosi, ou Ciotti : le droit de naissance qui renvoie les mêmes méthodes, les mêmes échecs et la même résistance, loin des besoins réels des Niçois ».
Dès lors, Juliette Chesnel-Le Roux se présente comme une « alternative ». « Il y a une place à droite qui s’est établie depuis 80 ans à Nice. Mais la gauche a sa place, il faut le savoir, il faut le savoir. C’est tout l’intérêt de la conférence électorale », a déclaré sur BFM celle qui dirige les groupes écologistes de la Ville et Métropole de Nice.
Deux listes à gauche
Contrairement à Cédric Vella, Juliette Chesnel-Le Roux affirme ne rencontrer aucun problème visible, notamment à Nice, insistant sur l’importance de son positionnement politique : « Les Niçois ont vraiment envie d’entendre autre chose que le duel Estrosi-Ciotti, c’est ce qu’on voit tous les jours. »
L’histoire a cependant été gâchée par un certain nombre de facteurs. D’abord, en termes d’intentions de vote, la liste de Juliette Chesnel-Le Roux (13%) arrive loin derrière Éric Ciotti (41%) et Christian Estrosi (30%) en première ligne selon une enquête Elabe/Berger Levrault de BFMTV, BFM Nice Côte d’Azur, vendredi 2 février 7 et Le Figarosi.
Surtout, une autre liste de gauche, connue pour devancer de 11 % Cédric Vella (4 %), bouge. En l’occurrence, Mireille Damiano, avec l’aide de La France insoumise.
Cette avocate est plus que Juliette Chesnel-Le Roux. « Ce à quoi on peut s’attendre, c’est clairement de ne pas gagner, même avec une liste unifiée » en deuxième ligne, choisit ce dernier, préférant suivre les règles « des adversaires les plus forts, les plus stricts et les plus déterminés ».
Le soutien des statistiques nationales pour apporter des « encouragements »
Mireille Damiano et Juliette Chesnel-Le Roux sont cependant d’accord sur un point. Tous deux attendent avec impatience le débat sur BFMTV prévu ce lundi. « Ce n’est pas un hasard s’il y a Estrosi, Ciotti, Chesnel et moi. Nous sommes toujours les critiques qu’il faut », affirme le premier, tandis que le second est d’accord :
« Ce débat est important pour moi. Il me mettra face à face avec Éric Ciotti et Christian Estrosi, je pourrai leur dire ce que je pense de leurs résultats, de leurs promesses, et montrer ce que je peux offrir face à cela. »
Avant la course cathodique, les deux candidats s’appuyaient sur les statistiques nationales pour étayer leur campagne. Olivier Faure et Marine Tondelier, respectivement à la tête du PS et des Écologistes, sont venus à Nice vanter l’idée d’un « trou de souris » dans lequel Juliette Chesnel-Le Roux pourrait courir ; L’eurodéputée Manon Aubry s’est rendue chez Mireille Damiano.
Quant à Cédric Vella, ce dernier attend l’arrivée d’Éric Zemmour « dans les prochains jours », espérant que le candidat à l’élection présidentielle de 2022 (qui a recueilli 14% des voix à Nice, contre 7,07% dans l’ensemble du pays, NDLR) « sera un grand coup d’accélérateur » pour sa campagne.