Le pari de plusieurs milliards d’euros de la France sur l’or olympique sera-t-il payant ?
Alors que la France prépare ses derniers préparatifs pour les Jeux olympiques de Paris en 2024, les experts financiers affirment qu’il est difficile de savoir avec certitude si les milliards de dollars dépensés pour le spectacle sportif susciteront le type de relance économique espérée par les organisateurs.
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La France doit faire face à une facture de près de neuf milliards d’euros pour l’organisation des Jeux olympiques de Paris, mais de hauts responsables estiment que les conséquences financières pourraient être plus « psychologiques » qu’économiques.
A l’approche de l’ouverture des Jeux le 26 juillet, ministres et observateurs financiers jonglent avec les chiffres pour estimer les coûts et les bénéfices du spectacle sportif.
Jusqu’à présent, les autorités françaises prévoient un coût de près de neuf milliards d’euros (9,5 milliards de dollars) pour les Jeux de Paris, même si le chiffre officiel prendra du temps à être confirmé.
Les coûts sont toujours difficiles à prévoir ou à confirmer.

Les Jeux olympiques de Tokyo, reportés d’un an à 2021 en raison du Covid-19, ont coûté environ 12,9 milliards de dollars, selon la Commission d’audit japonaise.
Le ministère grec des Finances estime que les Jeux d’Athènes de 2004 ont coûté 9,1 milliards de dollars, bien que certaines estimations indépendantes se rapprochent davantage de 15 milliards de dollars. Londres 2012 a coûté jusqu’à 15 milliards de dollars.
Le comité d’organisation parisien, soutenu par les ventes de billets, les sponsors et les fonds du Comité international olympique (CIO), dispose d’un budget d’environ 4,4 milliards d’euros et un montant similaire a été attribué à la société publique Solideo qui a construit le village olympique au nord de la capitale française.
Mais la facture finale dépendra des dépenses consacrées aux primes olympiques pour les conducteurs de métro, la police et les services d’urgence, ainsi que du coût général de la sécurité.
Le gouvernement a alloué cette semaine 33 millions d’euros supplémentaires aux organisateurs des Jeux paralympiques qui ont des difficultés avec la vente de billets.
Le gouvernement et les autorités locales ont jusqu’à présent engagé environ 2,4 milliards d’euros pour les Jeux olympiques de Paris, principalement pour la construction. Mais le chef de la Cour des comptes du gouvernement a estimé que le coût final pour l’État pourrait s’élever à cinq milliards d’euros.
Bruno Cavalier, économiste en chef du groupe de services financiers Oddo BHF, a déclaré que « l’implication directe de l’État est relativement limitée ». Il a ajouté que les Jeux olympiques ne « modifieront pas radicalement » la dette publique de la France, qui s’élève à environ 3 200 milliards de dollars.
Impact « psychologique »
Selon le Centre de droit et d’économie du sport (CDES), qui suit les Jeux de Paris pour le compte du CIO et des organisateurs de Paris 2024, l’événement générera entre 6,7 et 11,1 milliards d’euros de retombées économiques pour l’Île-de-France.
Mais elle a ajouté que ces avantages seraient étalés sur 20 ans.
En février, le cabinet Asteres estimait que les Jeux rapporteraient 5,3 milliards d’euros de recettes fiscales et sociales supplémentaires.
La Deutsche Bank a indiqué dans une étude réalisée ce mois-ci que « les pays hôtes des Jeux olympiques ou de la Coupe du monde de la FIFA obtiennent rarement des retours économiques ou même sociaux positifs sur des investissements massifs et financés par des fonds publics dans de nouveaux stades et infrastructures publiques ».
Il a déclaré que même l’augmentation à court terme de l’investissement et de l’emploi était « limitée », à moins que le pays hôte ne traverse une récession.
Pour le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, les JO de Paris auront plus un impact « psychologique » qu’économique.
Mais il a ajouté que si la France peut améliorer son image dans le monde grâce aux Jeux, elle pourra éventuellement s’attendre à de nouveaux investissements.
« Cela a créé du travail »
À court terme, certaines entreprises cherchent déjà à tirer profit de cette situation.
Le Slip Français, fabricant de sous-vêtements, fabrique des milliers de sous-vêtements, maillots de bain, pyjamas et autres articles supplémentaires aux couleurs olympiques, selon sa directrice générale Léa Marie.
« Cela a créé du travail dans nos usines » et pour les 80 sous-traitants de l’entreprise, a-t-elle déclaré.
Les entreprises liées à la frénésie de construction olympique en ont également bénéficié.
Selon le CDES, les entreprises de construction et de rénovation s’attendent à une augmentation de leurs revenus allant jusqu’à trois milliards d’euros grâce aux Jeux olympiques.
Le tourisme s’attend à gagner jusqu’à 3,6 milliards d’euros grâce aux 15 millions de visiteurs attendus aux Jeux, dont deux millions en provenance de l’étranger.
Oddo BHF prédit que les médias, les loisirs, les boissons et l’alcool, les biens de consommation et les entreprises de transport bénéficieront tous des Jeux.
(AFP)
