Le gouvernement français et l’élu corse s’accordent sur un projet de texte reconnaissant l’autonomie de l’île
Le ministre français de l’Intérieur, Grald Darmanin, a annoncé lundi 11 mars que le gouvernement et les élus corses étaient parvenus à un accord sur un projet de texte constitutionnel prévoyant la « reconnaissance d’un statut d’autonomie » pour l’île méditerranéenne « au sein de la République ». Le texte va maintenant être transmis à l’Assemblée de Corse pour vote, a indiqué le ministère de l’Intérieur à la presse à l’issue d’une réunion de près de cinq heures au ministère.
Le projet de texte « respecte à la fois les lignes rouges fixées par le président de la République et moi-même », a déclaré Darmanin, « et aussi le calendrier fixé » par Emmanuel Macron. Macron a fixé en septembre un délai de six mois pour trouver un moyen de donner à l’île « une forme d’autonomie ».
Les Corses souhaitent depuis longtemps avoir davantage leur mot à dire sur leurs propres affaires, ainsi qu’un statut officiel pour leur langue et une protection contre les étrangers qui achètent des terres. Deux demandes épineuses que Paris a hésité à accéder.
Darmanin et les élus de l’île présents à la réunion sont parvenus à un accord unanime sur le premier paragraphe de ce texte. On y lit : « L’écriture constitutionnelle actuelle prévoit la reconnaissance d’un statut d’autonomie pour la Corse au sein de la République, qui prend en compte ses intérêts propres liés à son insularité méditerranéenne, à sa communauté historique, linguistique et culturelle qui a développé un lien singulier. vers sa terre. »
Gouvernement et élus ont également convenu que « les lois et réglementations peuvent être adaptées » sur l’île, a ajouté Darmanin. A cet effet, une loi organique viendra compléter le texte constitutionnel pour « préciser les domaines dans lesquels la Corse pourra fixer des règles normatives, qu’elles soient législatives ou réglementaires », a détaillé Darmanin.
« Pas de séparation de la Corse de la République »
Gilles Simeoni, président du Conseil exécutif de Corse et partisan de l’autonomie, a estimé qu’une « étape décisive » avait été franchie à l’issue de cette réunion, saluant que « le principe d’un pouvoir législatif, soumis au contrôle du Conseil constitutionnel, ait été désormais clairement établi. » Mais il a ajouté qu’ils devaient encore peaufiner les détails du fonctionnement de cette législature régionale. « Nous sommes en demi-finale. Nous devons encore gagner les demi-finales et la finale », a-t-il déclaré en utilisant une métaphore du football.
« Je reste convaincu que l’octroi du pouvoir législatif est un problème, mais je ne vais pas assumer le rôle d’exécuteur du processus », a déclaré Jean-Martin Mondoloni, leader de l’opposition locale indépendantiste. groupe à l’Assemblée de Corse, ne sachant pas s’il soutiendrait le texte à la chambre locale.
Le sénateur corse Jean-Jacques Panunzi (membre du parti de droite Les Républicains, LR) a réitéré sa « farouche opposition à l’octroi du pouvoir législatif » à la collectivité, même si d’autres souhaitent « aller beaucoup plus loin ». Le président du Snat français, Grard Larcher, et le président du groupe LR au Snat, Bruno Retailleau, pour qui « la loi reste et doit rester au Parlement », étaient « également farouchement opposés (à l’octroi du) pouvoir législatif ». « .
Darmanin a insisté sur le fait que le texte n’ouvrait en aucun cas la porte à « deux catégories de citoyens ». « Il n’y a pas de notion de peuple (corse), mais de communauté culturelle », a-t-il expliqué, disant également écarter tout « statut de résident » sur l’île. « Nous avons avancé vers l’autonomie » et « il n’y a pas de séparation de la Corse de la République », puisqu’il n’y a « aucune mention du peuple, ni du statut de résident, ni de la co-officialité de la langue », a résumé Darmanin.
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Après consultation de l’Assemblée de Corse, « le président de la République engagera la réforme constitutionnelle à sa convenance », a poursuivi Darmanin, soulignant que le texte devra être voté par les deux chambres du Parlement dans les mêmes termes. Ce n’est que s’ils donnent tous deux leur feu vert qu’il passera à une session conjointe et à un vote des deux chambres, au cours duquel il aura besoin des trois cinquièmes des voix pour être adopté.