Le projet de loi français sur l’accélération des énergies renouvelables supprime les obstacles au développement de projets | JD Supra
Le 8 février 2023, le Sénat français a voté l’adoption du projet de loi d’accélération des énergies renouvelables (Projet de loi relative à l’accélération de la production d’énergies renouvelables) qui a été introduit pour la première fois en septembre 2022 par la ministre française de la Transition énergétique, Agnès Pannier-Runacher. Le projet de loi est l’aboutissement de mois de négociations entre les membres du Conseil national pour la transition écologique (le conseil national de la transition écologique).
L’objectif primordial du projet de loi est d’éliminer les obstacles au développement de projets d’énergie renouvelable en améliorant les processus administratifs et en élargissant l’accès aux sites de projets. Le projet de loi intervient à un moment où la France accuse un retard par rapport à son objectif de s’approvisionner à 32 % en énergies renouvelables d’ici 2030 fixé par la directive sur les énergies renouvelables 2018/2001/UE.
EN PROFONDEUR
Les principaux points à retenir du projet de loi sont les suivants :
- La création de « zones d’accélération », (des zones d’accélération pour l’implantation d’installations terrestres de production d’énergies renouvelables), dans lequel les procédures de développement de projets d’énergie renouvelable seront accélérées. Les zones répondant aux critères suivants peuvent devenir des « zones d’accélération » :
– ayant le potentiel d’accélérer la production d’énergie renouvelable grâce, par exemple, à un ensoleillement ou à un vent abondants ;
– contribuer à la solidarité d’approvisionnement entre les territoires, diminuant ainsi la dépendance aux importations étrangères d’énergie ;
– ne présentant aucun risque de pollution des eaux ou des sols ;
– la prise en compte de la nécessité de diversifier les énergies renouvelables selon les spécificités de chaque territoire, confirmant ainsi l’engagement de la France à développer des filières variées ; et
– ne sont pas des parcs nationaux ou des réserves naturelles, maintenant ainsi la protection du pays des préoccupations environnementales concurrentes. - Les projets d’installation d’énergies renouvelables satisferont à la présomption de servir un intérêt public supérieur et peuvent ainsi bénéficier de certaines dérogations prévues par le Code de l’environnement en matière de zonage et d’habitats naturels.
- Réduction des délais administratifs. L’un des facteurs attribués au retard de la France dans la production d’énergies renouvelables était la question du retard administratif, car il faut actuellement en moyenne cinq ans de procédures administratives pour construire un parc solaire, sept ans pour un parc éolien terrestre et dix ans pour un parc éolien offshore. . Selon le nouveau projet de loi, le temps de traitement de la phase d’examen dans les zones d’accélération aura désormais une délai maximum de trois mois.
- La définition et la promotion de « l’Agrivoltaïque », une installation de production d’électricité par rayonnement solaire qui contribue également à long terme à l’installation, au maintien ou au développement de la production agricole. Si des mesures d’exécution supplémentaires sont nécessaires pour savoir précisément comment cette filière sera valorisée et régulée, cette évolution est significative dans la mesure où plus de la moitié du territoire français est constituée de terres agricoles jusque-là inaccessibles aux projets d’énergies renouvelables.
- Plus de sites seront mis à disposition pour l’installation de panneaux solaires. Sont spécifiquement pris en considération les terrains parallèles aux routes et autoroutes, les friches le long de la côte et les terrains des communautés montagneuses avec une carte communale. De plus, les parkings de plus de 1500 mètres carrés doivent désormais disposer de dispositifs de production d’énergie solaire thermique ou solaire photovoltaïque sur au moins la moitié de leur surface.
- Les bâtiments commerciaux, industriels, artisanaux ou administratifs, ainsi que les hôpitaux et autres bâtiments d’au moins 500 mètres carrés doivent disposer d’une forme de production d’énergie renouvelable (par exemplevégétalisation).
Notamment, la France a été le seul pays de l’UE à ne pas atteindre son objectif 2020 de s’approvisionner à 23 % de sa consommation d’énergie à partir d’énergies renouvelables, et il existe donc maintenant une opportunité importante pour les développeurs de projets et autres investisseurs d’aider la France à atteindre ses objectifs plus ambitieux pour 2030. et au-delà.
Pour l’instant, l’effectivité du projet de loi reste incertaine car, suite au vote du Sénat, il a été renvoyé au Conseil constitutionnel (Conseil constitutionnel), où elle attend à présent une décision sur la compatibilité de certaines dispositions avec la Constitution française. Cette saisine a été faite par des décideurs politiques qui contestent des aspects du projet de loi (i) confirmant que les projets d’énergie renouvelable servent un intérêt public supérieur et (ii) compensant l’impact d’une production plus faible que prévu en raison de mauvaises conditions météorologiques inattendues. Certains considèrent que ces éléments favorisent injustement le secteur des énergies renouvelables et créent un déséquilibre avec les producteurs d’énergie traditionnels.
Nonobstant le cahot constitutionnel que nous venons de mentionner, le nouveau projet de loi est un développement bienvenu pour les nouveaux projets d’énergie renouvelable en France.
Notre équipe basée à Paris est disponible pour vous conseiller sur tous les aspects d’un projet d’énergie renouvelable, avec notre équipe multidisciplinaire travaillant dans les domaines de la réglementation, de l’agriculture et du commerce, du conseil aux entreprises et des litiges. Nous préparerons des mises à jour régulières au fur et à mesure de l’évolution de la situation.
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