Orchestre de la Crèche : des « papys rumba » pour la première fois à Paris

Pour nous joindre, ils doivent faire face à une série de problèmes et d’étranges demandes de papiers. Rapidement, ils font leurs valises et partent pour Kinshasa (RDC). Après ce parcours difficile, les deux cousins ​​de Dassy et Seli-Ja Mbelani, âgés de 73 et 71 ans, sont arrivés en courant malgré les difficultés et étaient heureux de visiter pour la première fois le sol français. » même si le temps est un peu frais pour nous les chauds ».

L’âge d’or de la rumba

Quelques minutes plus tard, attachés dans leur doudoune, entourés de leur groupe, deux guitaristes, un bassiste, un batteur – trois jeunes et un vieux – ces deux musiciens espiègles participent au festival Banlieues Bleues. Et faites monter rapidement la température de quelques degrés.

En effet, dès les premières mesures, le groupe met tout le monde en contact : le son continu, qui est dans la célèbre chanson, ces mesures de guitare haute, omniprésentes et thématiques, virtuoses et foisonnantes, signature de la rumba… Épinay-sur-Seine. Désormais, tout le monde se déhanche au rythme de ce mot obscur, du temps de la précieuse rumba à Kinshasa.

Parce que faire trembler les gens jusqu’à ce qu’ils aient soif, c’est leur spécialité ! Depuis la fin des années 1980, chaque week-end, dans le quartier de Matongé, sur le toit du complexe Crèche (danse, hôtels, clubs, snacks…), aux allures de Kinshasa, Dassy et Seli-Ja font danser les différentes générations jusqu’à l’aube.

Orchestre de la Crèche : des « papys rumba » pour la première fois à Paris
L’Orchestre de la Crèche, à Paris, mars 2026.

Dans leurs mots et sous leurs doigts, plusieurs centaines de titres des héros du genre –FrancoTabu Ley Rochereau, Le Grand Kalle, Zaïko Langa Langa, Wendo Kolosoy… Depuis près de 40 ans, ces deux cousins, originaires de la ville de Matadi, située sur le fleuve Congo, dans la région centrale du Congo, protègent ces chants de tout leur cœur.

Enfant, dans les années 1950, il écoute l’émission spéciale belge Radio Congo et découvre cette nouvelle musique : un mélange irrésistible entre rumba cubaine, musique africaine, musique lingala et guitare électrique.

Dassy et Seli-Ja apprennent à jouer comme des autodidactes, révélant un sentiment de joie. Ils « chevauchent » jusqu’à Kinshasa pour terminer leur œuvre et rejoindre cet Orchestre de la Crèche créé en 1984.

« de bons moments »

Leur taille impose le respect : « Plusieurs fois, nous avons été tentés de quitter l’Orchestre de la Crèche, mais à Kinshasa il n’y a plus de cours de ce genre ou de ce niveau. Car ces deux cousins ​​protègent la rumba « originelle ». Et s’ils peuvent accepter le changement d’instruments de musique, ils ne se contentent pas des croisements avec les sonorités nigérianes par exemple.

Pour eux, la vérité sur leur musique n’est pas négociable : trésor, nommé « patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO » en 2021. Alors, quelle pourrait être cette exigence pour leur rumba « originale » ? D’une seule voix, il crie sans l’ombre d’un doute :  » La bonne vitesse ! Le bon rythme ! », ce qu’il n’arrive pas à croire. un-deux, un-deux « . Déjà, en route pour donner le rythme, les pieds commencent à trembler…

Et c’est justement cette fois, ce bon tempo, dangereusement contagieux, qu’il interprète, à Épinay, les classiques, dont l’intemporel Independance Cha-Cha. Dans leur balancement, dans leur chant mélodieux, dans leurs voix puissamment harmonisantes, la rumba sonne comme la musique de leur vie. Et pour tout le monde.  » C’est notre vie. Elle nous accompagne chaque jour dans notre culture : lors de nos funérailles, lors de nos célébrations, lors des naissances… », mentionnent ces pionniers, qui souhaitent léguer cet héritage aux jeunes générations.

Ligne 2

Une semaine après ces spectacles pour les Français des Banlieues Bleues, Dassy et Seli-Ja nous offrent la deuxième scène derrière un petit bar de la Goutte d’Or. L’ambiance est joyeuse. « C’était la première sueur à Paris », sourit Dassy. Les billets tombent du chapeau, comme le dit la tradition. Et une chanson est née :  » Grand-mère rumba, oh ! », chante-t-il, chantant fort avec la foule. Mission accomplie. Paris a accueilli à bras ouverts ce « grand-père de la rumba ». Et ce n’est que le début.

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