Le bond du budget militaire de la France « correspond à la menace », déclare le ministre de la Défense – News 24

Les ministres de la Défense de l'OTAN se réunissent à Bruxelles

Le secrétaire français à la Défense, Sébastien Lecornu (à droite), s’adresse à un délégué avant la réunion du Conseil de l’Atlantique Nord le deuxième jour de la réunion des ministres de la Défense de l’OTAN le 16 juin 2022 à Bruxelles, en Belgique. (Photo par Omar Havana – Piscine / Getty Images)

PARIS Le gigantesque budget de la défense à long terme pour la France correspond à la menace que Paris envisage dans un avenir proche, selon le ministre des armées Sébastien Lecornu.

Lundi, Lecornu a exprimé son soutien à la hausse des dépenses lors d’une réunion avec des journalistes ici, quelques jours après que le président français Emmanuel Macron a dévoilé son projet de budget d’un montant sans précédent de 400 milliards de dollars (435 milliards de dollars) pour la prochaine loi de programme militaire (LPM) qui s’étend de 2024 à 2030.

Dans un discours annonçant le chiffre vendredi, Macron a déclaré que les forces armées françaises doivent se transformer pour se préparer à des guerres qui seront plus brutales, plus nombreuses mais aussi plus ambiguës.

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En ajoutant les 13 milliards (14,1 milliards de dollars) que le ministère des Armées peut se procurer en vendant des biens, des fréquences radio, etc., cela porte le budget total d’ici la fin de la décennie à 413 milliards de dollars (449 milliards de dollars) – 118 milliards (128 milliards) ou 40 % par rapport au LPM de 2019 à 2024. Ce budget précédent avait mis l’accent sur les capacités expéditionnaires des forces armées et la lutte contre le terrorisme.

Macron a fait cette annonce dans son discours de vœux du Nouvel An aux forces armées à la base aérienne de Mont-de-Marsan, dans le sud-ouest de la France, le 20 janvier. Lecornu a expliqué que les travaux sur cette loi de programmation militaire ou LPM se poursuivraient jusqu’au printemps. et que l’Assemblée nationale en débattrait en mai suivi du Sénat en juin. L’objectif est que la LPM soit promulguée à temps pour les célébrations de la fête nationale du 14 juillet.

Macron a décrit la LPM comme le mouvement stratégique ultime, qui, fondé sur une analyse de nos forces, de nos spécificités, des menaces et des vulnérabilités, incarne les choix auxquels nous nous plierons pendant des décennies.

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Il avait demandé au ministre, aux chefs d’état-major et à la centrale d’achat de la DGA d’examiner longuement non seulement ce qu’ils faisaient bien et où des améliorations étaient nécessaires, mais aussi ce qui se fait dans les pays voisins. Il est apparu que la défense sol-air, la protection des actifs sous-marins et des drones étaient faibles tandis que l’espace et l’intelligence artificielle (IA) étaient forts.

Les forces armées ont été invitées à être très claires sur leurs besoins réels, certains programmes non spécifiés pouvant être suspendus pendant qu’ils le font et d’autres, comme le transport militaire A400M, voient leur nombre global augmenté.

Macron a déclaré que l’idée derrière le LPM est simple : ne jamais avoir une guerre de retard, ne pas tenter de gagner intellectuellement le conflit précédent, mais plutôt s’assurer que le pays est prêt pour le suivant. Nous devons donc avoir une guerre d’avance. Lecornu a dit pour lui que ce sont les deux phrases les plus importantes du discours.

Le premier plan du plan en quatre points présenté par Macron est la dissuasion nucléaire. Celle-ci sera renforcée en nous donnant tous les moyens nécessaires pour assurer sa robustesse, sa fiabilité et sa modernisation. Il n’a pas chiffré cet aspect. Il n’a pas non plus dit combien est actuellement dépensé pour les capacités de renseignement, mais quoi qu’il en soit, il obtient une augmentation de 60%, y compris le doublement du budget de la DRM (agence de renseignement militaire) et de la DGSE (agence de renseignement civile).

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Le général à la retraite Christophe Gomart, ancien chef de la DRM, a déclaré à Breaking Defense dans un entretien téléphonique que cette forte augmentation du budget du renseignement était une bonne nouvelle et une belle surprise. Mais il a souligné que sur six ou sept ans, la valeur réelle de l’augmentation du budget serait plus proche de 17 % en raison de l’inflation et du coût de l’énergie.

Gomart a déclaré qu’il pensait que l’effort financier se concentrerait sur la collaboration avec de petites entreprises pour trouver des solutions d’intelligence artificielle (IA) pour nous aider à trouver l’aiguille dans la botte de foin et sur le recrutement de plus de scientifiques des données. Il a concédé qu’il était difficile pour les armées de leur offrir une rémunération compétitive par rapport aux banques ou aux assurances et de les retenir, mais quand j’étais à la barre, je faisais miroiter la carotte patriotique et le fait qu’ils travailleraient avec des données en direct.

Le deuxième point de Macron était que les équipements devaient être disponibles et, en particulier pour les forces spéciales, modernisés à l’aide des 2 milliards qui leur étaient destinés si les forces armées devaient être prêtes pour des combats de haute intensité. C’est aussi un défi pour l’industrie car Lecornu a expliqué qu’il fallait réduire le coût unitaire des matériaux.

Macron a déclaré que les capacités de toutes les couches de la défense aérienne augmenteraient d’au moins 50 %, y compris évidemment les technologies anti-drones. La capacité de frappe à longue portée, la suppression de la défense aérienne ennemie et la guerre anti-sous-marine font partie de ces priorités, a déclaré Macron.

Et dans une phrase presque jetable, le président a annoncé que pour l’armée de l’air, nous passerions à une force entièrement Rafale. Mais il n’était pas clair sur la façon dont cela serait pratiquement fait, étant donné que l’armée de l’air a actuellement quelque 115 Mirage 2000 dans son inventaire.

Pendant ce temps, pour l’armée, la numérisation du champ de bataille sera accélérée et pour la frégate de la marine, la protection sera accrue. Macron a également confirmé que le porte-avions de nouvelle génération, actuellement appelé PANG pour porte-avions nouvelle génération, sera construit.

Toujours dans la discussion à haute intensité, il a mentionné le développement de missiles guidés, le doublement des investissements dans les drones et a souligné l’investissement dans l’informatique quantique dans l’intelligence artificielle.

Son troisième point concernait des questions moins quantifiables, comme la capacité de la France à contrer l’ensemble des actions ambiguës, directes ou indirectes, intrusions, actions anonymes () intimidations, manœuvres malveillantes entreprises pour gêner, contraindre, piéger, aveugler peut-être, sans affrontement.

Pour ce faire, la surveillance doit être renforcée, a-t-il souligné, des confins de l’espace aux profondeurs des océans – jusqu’à 6 000 mètres de profondeur pour des raisons militaires mais aussi pour protéger nos infrastructures sous-marines critiques.

Enfin, son dernier point portait sur les partenariats internationaux. Il a souligné que la France devrait, si nécessaire, pouvoir agir avec les Européens au sein de l’OTAN, ou en dehors de l’alliance, et, si nécessaire, assumer le commandement d’une opération conjointe d’envergure. Pour nous, cela implique de pouvoir déployer une force conjointe pouvant aller jusqu’à 20 000 personnes, a-t-il expliqué.

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