« Vous m’avez brisé la vie » : après avoir été menacé par la « collusion » de la mafia DZ, l’ancien directeur de la prison des Baumettes raconte au procès les conséquences de cet « ordre de tuer »
Deux détenus devaient se présenter mardi 13 janvier devant la 7e salle du tribunal correctionnel de Marseille pour s’excuser publiquement du crime ou du délit et des menaces, violences ou menaces envers une personne dépositaire de l’autorité publique. On pense qu’ils ont été connectés en mars, sur les réseaux sociaux, un « contrat » de la DZ Mafia promettant 120 000 euros pour l’assassinat du directeur de la prison des Baumettes.
L’une des deux prévenues, Sabrina M., a refusé de comparaître. Il est actuellement incarcéré à Rennes pour vol aggravé, recel et injure sur agent public.
De son côté, Othmane B. est apparu en vidéo depuis la prison de Nantes où il a été récemment transféré. Il est incarcéré depuis juin 2024 à la prison de Val de Reuil pour vol, viol, vol et torture aggravée.
« Je prends un gros risque pour être ici aujourd’hui »
Karine L., la directrice de la prison des Baumettes au moment des faits, était là, en bas Sécurité ERISgardiens de prison et portaient des gilets pare-balles. Pour des raisons de sécurité, Karine L. a dû démissionner peu après fin mars. Il est actuellement en poste à Paris.
« Vous m’avez brisé la vie ! Ce que vous avez fait a changé ma vie. J’appelle à l’exécution avec un grand risque de mort, un risque pour mes amis, ma famille, en France », a-t-il déclaré en se levant.
Karine L. explique qu' »il devait quitter Marseille dans 15 jours, vers un endroit à Paris qu'(il) n’a pas choisi ». « Je suis parti seul. Je prends de gros risques pour être ici aujourd’hui. Cela fait un an que je suis seul en prison. J’ai été kidnappé en plein avion six mois avant l’ouverture des Baumettes 3 (ndlr : l’extension de la prison). Je ne vais pas bien du tout », dit-il.
Accusé de « sans rapport avec le trafic de drogue »
De son côté, Othmane B. avoue avoir donné « sans prêter attention au contenu » du message de DZ Mafia. Elle a pris une photo sur TikTok et l’a publiée sur Snapchat. « Je n’ai pas écouté ce qui était écrit en petites lettres. Je suis désolé de m’être vengé, je m’en veux, j’ai été stupide », regrette-t-il aujourd’hui.
Le prévenu explique qu’il possède un compte de paris sportifs sur Snapchat dont le nom commence également par DZ, en référence à son pays l’Algérie. « J’ai fait ça pour avoir plus de monde par rapport à ce que j’avais prévu », reconnaît Othmane B.. Ce dernier explique « sans aucun lien avec Marseille et le trafic de drogue ».
« J’ai rappelé et supprimé le message une heure plus tard », poursuit-il, précisant ne pas connaître Karine L.
Cette explication confuse n’a pas satisfait le président du tribunal et les avocats de la défense. Ces derniers ont évoqué les effets à long terme sur le quotidien de leur client.
« La peur ne vous empêche pas de mourir, elle vous empêche de vivre. » En mars 2025, les gens quittent rapidement Marseille. Puis il peint du plâtre de Paris. Après 30 ans de justice », a plaidé Me Kevin Lefebvre-Gourand, l’avocat de Karine L..
Le procureur de la République a requis deux ans de prison, dont six mois avec sursis, ainsi qu’une déclaration d’identité des deux prévenus, estimant que « les réseaux sociaux sont un formidable moyen pour les criminels de répandre la haine et de bien s’organiser ». « Il n’y a rien de petit dans les médias. Avec Othmane B, nous ne sommes pas au cœur de la DZ MAFIA, nous sommes à la limite (…). Des gens comme Othmane B. élargissent la base de distribution de la DZ Mafia. Il faut donc beaucoup de prudence et une grande force », explique le procureur.
De son côté, l’avocat d’Othmane B. ne nie pas la gravité des faits, mais s’oppose à la division des faits entre « excuse » et « menace ». Il a demandé la libération de son client. Le verdict était réservé jusqu’au 28 janvier.