« Venir en aide aux personnes contraintes à l’exil est un devoir.

Monsieur le Président,

Je tiens à remercier M. Grandi pour son discours et surtout pour son travail remarquable à la tête du bureau des Nations Unies pour le Haut Commissariat aux Réfugiés.

Comme vous l’avez mentionné, Monsieur le Haut Commissaire, nous avons atteint cette année le triste record de 100 millions de personnes déplacées à travers le monde. Les causes de ces déplacements sont diverses : la multiplication des conflits, l’aggravation de l’insécurité alimentaire et de la malnutrition dans le monde, le changement climatique. Les femmes et les filles déplacées souffrent également de difficultés spécifiques auxquelles nous devons faire face : accès à la santé sexuelle et reproductive, exposition à des risques plus élevés de violence sexuelle.

Dans ce contexte de crise, le mandat du HCR reste plus fondamental que jamais et je tiens à saluer le travail remarquable, le courage et le dévouement de tout le personnel du HCR.

Depuis le début de l’agression illégale de la Russie contre l’Ukraine, l’Europe a connu le plus grand déplacement de population au monde, le plus important depuis la Seconde Guerre mondiale, avec 7,5 millions de réfugiés et 6,5 millions de déplacés internes. Face à ce drame, la France met tout en œuvre : elle a promis 200 millions d’euros d’aide humanitaire, accueilli plus de 100 000 Ukrainiens et scolarisé plus de 20 000 enfants ayant fui la guerre. La France continuera à soutenir l’action du HCR en faveur des millions d’Ukrainiens déplacés, notamment pour les protéger des effets conjugués de la guerre et du froid de l’hiver.

Le soutien à l’Ukraine ne diminue en rien l’attention portée aux autres crises humanitaires. La France est pleinement mobilisée pour répondre aux autres urgences, notamment au Sahel et au Moyen-Orient. Depuis 2021, nous avons doublé nos contributions volontaires au HCR et sommes désormais le 8e plus grand donateur. De même, la France assume sa part de responsabilité en réinstallant des réfugiés sur son territoire et en accueillant des personnes ayant besoin de protection. L’assistance aux personnes contraintes à l’exil est un devoir.

Nous devons faire tout notre possible pour aider les pays qui sont en première ligne des déplacements à grande échelle. Ce n’est que par une approche solidaire que nous pourrons améliorer la prise en charge des réfugiés et des personnes déplacées. Dans ce contexte, les menaces pesant sur la sécurité alimentaire et la nutrition imposent un devoir de solidarité. La France se mobilise à travers l’initiative FARM, l’opération « Sauver les cultures » et les corridors européens de solidarité.

Elle coparrainera le prochain Forum mondial des réfugiés fin 2023. Cette rencontre doit permettre une plus grande coopération dans l’accueil des réfugiés et le renforcement des systèmes d’asile dans le monde.

Enfin, nous ne transigerons pas avec les principes fondamentaux concernant le retour des réfugiés. En Syrie, le régime trie les réfugiés, poursuivant ainsi par d’autres moyens sa politique d’ingénierie démographique soigneusement mise en œuvre depuis le début du conflit. C’est pourquoi je le répète : les conditions d’un retour digne, sûr et volontaire ne sont pas réunies. Seul le régime peut lever les obstacles au retour. Il est essentiel que le HCR puisse assurer un suivi efficace des réfugiés syriens rapatriés et des conditions de leur retour.

Enfin, Monsieur le Président, il appartient à ce Conseil de créer les conditions d’un règlement durable des crises, afin de s’attaquer aux causes profondes des déplacements de population.

Je te remercie

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