Une commission sénatoriale met en garde contre un trafic de drogue florissant en France
Les sénateurs français ont mis en garde mardi contre une industrie des stupéfiants florissante en France et ont proposé des mesures pour lutter contre ce qu’ils considèrent comme une menace pour les intérêts nationaux.
Après six mois d’auditions, une commission d’enquête du Sénat a constaté que le trafic de drogue se propageait à travers la France et a critiqué les mesures gouvernementales comme étant insuffisantes.
Il souligne l’ubérisation du trafic de drogues illicites et la recrudescence des violences liées à la compétition entre bandes criminelles.
Le comité a publié 35 propositions pour lutter contre ce fléau.
Il s’agit notamment de créer un procureur national anti-drogue et de transformer l’agence principale chargée de s’attaquer au problème en une « DEA à la française », sur le modèle de la puissante agence anti-drogue américaine.
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Le président de la commission, Jérôme Durain, a déclaré que la France n’était « pas encore un narco-État », mais que le trafic de drogue constituait néanmoins « une menace directe pour l’intérêt national » et que les mesures antidrogue du gouvernement n’étaient « pas à la hauteur du défi ».
Il a déclaré que l’Office de lutte contre les stupéfiants (OFAST) ne menait la lutte contre la drogue que « de nom » et qu’il devait être renforcé.
En faire une DEA à la française signifierait lui donner « une véritable autorité sur les enquêtes et les moyens de lutter » contre le trafic de drogue, a-t-il déclaré à la presse.
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Le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin et les chefs de la police ont rejeté la proposition et défendu l’OFAST.
En mars, le président Emmanuel Macron a lancé une vaste opération contre le trafic de drogue à Marseille et dans d’autres villes françaises.
Il a déclaré que les combats entre gangs qui ont fait des dizaines de morts l’année dernière ont rendu la vie difficile aux résidents locaux.
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Le rapport du comité sénatorial indique que les résultats des opérations antidrogue n’ont pas été impressionnants, compte tenu des ressources considérables déployées.
Il a également souligné l’importance de frapper financièrement les trafiquants.
Le sénateur Etienne Blanc a déclaré que le trafic de drogue en France générait entre trois et six milliards d’euros (3,2 à 6,5 milliards de dollars) par an, mais que seulement 100 millions d’euros étaient saisis.
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« Il est temps de réagir avant de subir le même sort que les pays voisins », a déclaré Durain. « Le risque est immense ».
Les deux sénateurs ont également souligné la nécessité de lutter contre toutes les formes de corruption liée à la drogue, y compris la collaboration entre les dockers et les gangs de stupéfiants.
« Chacun a un prix et les ressources de ces réseaux sont quasiment illimitées », a déclaré le procureur de la République de Marseille, Nicolas Bessone.
« Oui, nous constatons une augmentation de la corruption. »
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