Un enfant retenu dans une voiture en Alsace : « Personne ne se soucie de son sort depuis un an et demi »
Le 6 avril 2026, dans le Haut-Rhin, un garçon de 9 ans a été retrouvé nu et sans nourriture dans une voiture, après signalement d’un voisin. Selon les premières conclusions de l’enquête, son père l’y aurait caché pendant plus d’un an et demi, affirmant qu’il voulait le protéger de son amant qui voulait l’envoyer dans un hôpital psychiatrique.
Pendant ce temps, l’enfant a reçu de la nourriture et de l’eau, mais aucun soin. Disparue du jour au lendemain, elle n’avait entendu aucun rapport avant avril, ni de l’école ni de sa famille, malgré plusieurs demandes concernant son absence. Comment une chose pareille a-t-elle pu se produire pendant si longtemps ? Que faut-il changer pour éviter que cela ne se reproduise ? Dans cette nouvelle rubrique de‘Prochain casMaître Grégory Thuan, avocat de L’innocence en dangerle parti gouvernemental dans cette affaire, souligne les erreurs révélées par cet article et les problèmes de l’enquête en cours.
La malnutrition et une mauvaise hygiène sont-elles des indicateurs courants d’abus ?
Absolument. Il n’y a aucune contestation sur les abus subis par le garçon. La malnutrition et la privation volontaire de nourriture en sont des symptômes évidents. Il faudra aussi mesurer les dégâts psychologiques, les dégâts sur l’éducation scolaire puisqu’ils n’étaient plus scolarisés, et les dégâts patrimoniaux et extra-patrimoniaux.
Depuis 2023, nous avons une marque nationale créée par La Haute Autorité de Santé (HAS) l’évaluation des risques. Parmi les paramètres scientifiques, on retrouve l’encoprésie (se cacher au lit après 6 ou 7 ans), l’énurésie, le retard de croissance ou de langage, et les troubles du comportement comme l’égoïsme ou la violence envers les parents. Ou un comportement sexuel en étant maltraité.
Y a-t-il parfois une résistance à l’idée d’être maltraité ? Autrement dit, des parents qui ne réalisent pas le danger qu’ils font courir à leur enfant ?
Cette résistance aux abus est ahurissante. Certains écrivains cherchent toujours des raisons pour blâmer l’enfant parce que c’est un enfant difficile. Dans ce cas, j’attends davantage des compétences psychologiques des beaux-pères et des belles-mères. Il est difficile de croire que le père devait absolument arrêter l’enfant devant son ami, ou qu’il n’en savait rien.
Nous devons rester mesurés alors que l’enquête commence et nous sommes également liés par le mystère de l’enquête. Ce rejet des abus des écrivains n’est donc pas courant mais il est révélateur. Dans le cas du petit Nino, il est très triste de voir le côté protecteur de ce père.
D’autant plus que l’enfant semble protéger son père ?
C’est une forme du syndrome de Stockholm. Le fils décharge son père de toute responsabilité en chargeant sa belle-mère. Cela montre l’influence qu’il avait pour couvrir son parent. Le procureur a également précisé qu’il n’était pas possible au médecin légiste d’établir les dates exactes de l’ITT (incapacité totale de travail) puisque l’enfant « a un problème polytraumatique » dû à des chocs de plusieurs types. Bien que l’ITT soit un élément important dans l’évaluation de l’étendue des dommages. C’est très rare et signifie beaucoup.
Plusieurs personnes proches de la famille du garçon pensaient savoir quelque chose, mais n’ont-ils pas osé appeler la police de peur d’être perçus comme un journaliste ?
C’est ce qu’il y a de plus étonnant dans cette histoire, car on se demande tous comment un enfant peut disparaître du monde du jour au lendemain. Personne ne s’est soucié de son avenir pendant un an et demi. Il faudra établir les rôles de l’école, ainsi que des tuteurs directs, notamment des grands-parents.
Comment se fait-il que les grands-parents, père et mère, n’aient pas vu leur petit-fils depuis un an et demi ? L’excuse de l’homme était qu’il était enfermé ou enterré. Mais même si l’enfant était admis dans un établissement psychiatrique ou un hôpital, la grand-mère pourrait manifester son intention de lui rendre visite. Du côté des voisins, les données sont également contradictoires. Le voisin aurait appelé la gendarmerie trois semaines avant sa sortie, ce qui pose aussi la question de la réponse des autorités.
Quant aux gens du quartier, cette histoire en dit long sur les gens dans lesquels nous vivons. Nous préférons regarder notre téléphone portable pour regarder des vidéos sans grand intérêt plutôt que de nous soucier de ce qui se passe autour de notre maison. L’innocence en danger plaide depuis des années pour sensibiliser le public au reportage et le rendre légal.
Quels sont les premiers signes qui doivent vous alerter lorsqu’un enfant est maltraité à la maison ?
Nous disposons de cet outil de diagnostic, depuis fin 2022, un symbole national créé par la Haute Autorité de Santé (HAS). Il précise une liste d’exigences au niveau national.
Nous vous encourageons cependant à rendre le pays plus robuste et à éviter la division de la protection de l’enfance, qui entraîne des différences de prise en charge selon les départements. En cas de doute, il n’est pas nécessaire de dire non : il faut le dire, notamment via le numéro gratuit 119.