Six ans après le suicide d’Evaëlle dans le Val-d’Oise, son professeur tente de faire appel à elle.

Il était libéré en premiermais est-ce que ce sera encore le cas ? L’institutrice d’Evaëlle, la fillette de 11 ans qui s’est suicidée en juin 2019 dans le Val-d’Oise après avoir été victime de harcèlement scolaire, s’est présentée à Versailles (Yvelines) lundi 9 février. l’accusation a fait appel pour l’acquitterconvaincu que l’accusé avait harcelé la jeune fille en classe.

Cette deuxième affaire apporte un nouvel espoir aux proches de la petite fille, qui attendent « la justice pour tenter de franchir le Rubicon qui n’a pas encore été franchi », c’est à dire la décision de l’enseignant pour maltraitance scolaire de l’élève, commente Me Delphine Meillet, qui représente les parents d’Evaëlle et de son frère.

De son côté, Pascale B., l’enseignante, s’est dite « très concentrée sur la préparation du procès à venir », estimant que la décision du tribunal de Pontoise était pour elle un « grand soulagement ». « Le drame des parents d’Evaëlle est insupportable, tout le monde peut le comprendre, mais je n’ai aucune raison pour son malheur. » Je pense que le tribunal confirmera la décision de les libérer », nous a-t-il déclaré par l’intermédiaire de son avocat.

« Le pire jour de ma vie »

Du vivant d’Evaëlle, la première enquête a été ouverte après une plainte déposée à la police de Cergy par ses parents contre les abus dont leur fille était victime à l’école. En février 2019, il a décrit aux enquêteurs plusieurs occasions où ses camarades de classe l’avaient agressé, comme le jour où il attendait le bus après avoir quitté la classe et où l’un d’entre eux l’avait renversé, une jambe dépassant de la route.

Elle décrit les insultes et les insultes qu’elle subit chaque jour sans en parler aux autorités : la collégienne y est « tellement habituée qu’elle n’en fait plus », raconte-t-elle à la police.

Dans son témoignage, un autre nom est bien connu : celui de Pascale B., la professeure de français d’Evaëlle. Les parents disent que la jeune fille a eu des problèmes avec le professeur au début de l’année. Si le problème a été réglé par l’administration et que les choses sont restées stables pendant un certain temps, un nouvel événement dans la classe a interrompu la situation.

En février 2019, Pascale B. a organisé deux heures de vie de classe sur le thème du harcèlement scolaire. Lors de ces séances, ils demandent aux autres élèves d’expliquer les raisons pour lesquelles ils s’en prennent à leurs camarades. Lorsqu’on lui demande de répondre à ces insultes, cette dernière se met à pleurer, ce qui a pour effet d’exaspérer l’enseignante, disent encore les parents d’Evaëlle. Ce dernier leur dira que c’était « le pire jour de sa vie », ce qui entraînera des plaintes et des changements dans l’établissement.

En juin 2019, alors qu’il assistait à une exposition dans son ancienne école primaire, il propose son aide à une enseignante. « Tu es une fille merveilleuse », la remercie cette dernière. Ce n’est pas ce que disent les autres, répond Evaëlle. Une semaine plus tard, il se suicide en se pendant dans sa chambre.

A-t-il « enquêté » sur l’enseignant ou ciblé les faibles ?

Une enquête s’ouvre, la Sûreté départementale du Val-d’Oise souhaitant comprendre les raisons de ces actes. Ils trouvent les plaintes pour abus déposées il y a des mois et suivent ce processus. On comprend que beaucoup de camarades de classe d’Evaëlle montrent que c’est le professeur qui la voulait encore et encore. Il a dit qu’il lui criait souvent dessus et le séparait de ses camarades de classe.

« Cela fonctionnait toujours de la même manière : il avait un plan pour humilier les étudiants qu’on qualifiait de « courageux ». En revanche, cela montre les gens qui causent les problèmes et commence à coopérer avec eux », a déclaré Me Delphine Meillet à BFM.

Les collègues passés et présents de Pascale B. décrivent, pour certains, une enseignante exemplaire, fiable et dévouée envers ses élèves. Les autres disent au contraire que tout le monde sait qu’ils ont fait la différence entre les étudiants et ciblé les plus faibles.

Il a également entendu, quelques mois après le décès d’Evaëlle, Pascale B. nie toute implication en torturant un étudiant. À la police, il décrit une petite fille en colère, qui parlait fort, mais qui, dit-il, ne s’est pas écartée de ses amis. Des aspects populaires de la vie en classe ? L’enseignant dit avoir « raté le but », qui était selon lui d’informer les élèves que leur comportement envers Evaëlle n’était pas correct.

L’enseignant a néanmoins été déféré au tribunal de Pontoise en mars 2025 pour « harcèlement sur enfant de moins de 15 ans », tous deux liés à Evaëlle, ainsi que deux autres élèves.

Il était soulagé pour la première fois

Dans un premier temps, devant le tribunal, l’enseignant nie son refus : « Je n’ai pas humilié Evaëlle », puis il insiste, renvoyant au parti gouvernemental l’image du prévenu qui « ne se remet pas en question ».

«Il était resté fidèle à ses 40 années d’expertise, malgré les témoignages encourageants de plusieurs étudiants qui disaient qu’il avait un comportement honteux et persistant envers les autres étudiants», explique Me Delphine Meillet.

L’avocat se plaint également que Pascale B. n’ait pas eu un mot pour les parents d’Evaëlle. « Il avait très froid. Lorsqu’il était avec cette petite fille, il était avec les parents et leur douleur. »

La défense du professeur, dans son ensemble, a été confirmée par le tribunal qui l’a acquitté un mois après le procès, estimant que l’accusé « ne voulait pas détruire la vie d’Evaëlle ». Le plaignant, qui estimait au contraire que les abus commis par le prévenu « rendaient acceptable le comportement de harcèlement des étudiants », a fait appel de la décision, renvoyant Pascale B. devant le tribunal lundi.

« Afin de prononcer sa décision (dans un premier temps, NDLR), le tribunal a analysé équitablement toutes les lois en vigueur et les faits de l’affaire. Mon client – qui n’était pas accusé de la mort d’Evaëlle – n’a pas fait la moindre chose pour maltraiter elle ou tout autre enfant », affirme Me Marie Roumiaed Pascale, que défend BMF. L’avocat et son client défendront la même défense lors de l’audience en appel qui s’ouvre ce lundi.

L’article original a été publié sur BFMTV.com

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