« Pression potentielle sur Israël » : la France est-elle sur la voie de la reconnaissance d’un État palestinien ?
Dans une interview au journal français Le Monde Publié samedi, le ministre français des Affaires étrangères, Stéphane Séjourné, a déclaré qu’il pensait que la reconnaissance d’un État palestinien était à portée de main et pourrait servir de mécanisme à la France pour faire pression sur Israël.
Selon Séjourné, la France travaille avec les États-Unis à la création d’une coalition avec des États arabes modérés, et d’ici quelques semaines ou mois seulement, la coalition offrira une solution politique à la crise, et pas seulement une solution sécuritaire.
Il ne fait aucun doute que la réticence du gouvernement israélien à faire des compromis est liée aux prochaines élections présidentielles aux États-Unis, a accusé Séjourné dans l’interview.
Israël est responsable de la crise humanitaire, selon le ministre français des Affaires étrangères
Dans l’interview, Séjourné a en outre expliqué que l’aggravation de la crise humanitaire dans la bande de Gaza a créé une situation qui ne peut être justifiée ou défendue, et qu’Israël doit en être tenu responsable.
Israël n’a pas répondu à la demande de la France d’augmenter le nombre de points d’entrée de l’aide humanitaire, mais selon Séjourné, Israël doit répondre à ces appels, et est également responsable du blocage de l’aide.
La France a déjà affirmé le droit d’Israël à se défendre à la suite des attaques du 7 octobre, mais elle élèvera également la voix concernant les opérations en cours à Gaza, a déclaré Séjourné, ajoutant qu’il existe une impasse concernant les opérations terrestres à Rafah. La France fait tout ce qui est en son pouvoir pour empêcher une incursion israélienne, a-t-il déclaré, ajoutant qu’une campagne militaire dans ce pays entraînerait une nouvelle crise humanitaire.
La France rejette l’étiquette de « génocide »
De même, la France soutient les mesures provisoires indiquées par la Cour internationale de Justice de La Haye suite à la plainte de l’Afrique du Sud pour génocide, mais s’est ouvertement opposée à l’utilisation du terme « génocide » pour qualifier la conduite d’Israël dans la guerre.
Concernant les opérations de l’UNRWA, selon Séjourné, la France n’a pas souscrit aux accusations portées contre le personnel de l’UNRWA, et il estime que ces accusations ont semé le mécontentement et la peur parmi les États donateurs. La France n’a pas suspendu le financement de l’UNRWA car, a déclaré Séjourné, elle ne ferme pas un service public si des personnes indésirables y opèrent.
En outre, il a déclaré qu’Israël doit comprendre que l’UNRWA n’est pas seulement lié à ses opérations à Gaza mais aussi dans tous les pays voisins qui ont accueilli des réfugiés palestiniens, comme la Jordanie.
En réponse au déclenchement de la guerre entre Israël et le Hamas et à la montée de l’antisémitisme, le ministère français de l’Intérieur a ordonné une sécurité accrue autour des institutions et des écoles juives, par crainte d’attaques de manifestants pro-palestiniens.