Notre lutte contre le terrorisme doit faire partie d’une réponse mondiale
Monsieur le Président,
Tout d’abord, je tiens à vous remercier d’avoir convoqué cette réunion. Je voudrais également remercier le Secrétaire général pour son exposé et saluer la présence de la présidence de l’Union africaine.
Le terrorisme continue de représenter une menace majeure pour la paix et la sécurité internationales.
Les groupes terroristes tels que Daech et Al-Qaida et leurs affiliés restent la menace la plus aiguë, en particulier sur le continent africain, où ils se propagent, tant en Afrique de l’Ouest qu’en Afrique centrale et australe.
Cette menace ne cesse de se reconfigurer et de croître, par exemple au Sahel, où des groupes terroristes poursuivent leurs plans d’expansion vers le golfe de Guinée.
Nous devons donc poursuivre nos efforts pour répondre à ce fléau. Je voudrais mentionner cinq priorités.
Le premier problème concerne les moyens. La menace terroriste en Afrique affecte la région, mais aussi la paix et la sécurité internationales dans leur ensemble. La France appelle donc ce Conseil à reprendre les discussions sur le financement des opérations de paix africaines, sur la base de la position commune adoptée à Addis-Abeba.
Deuxièmement, la France et l’Union européenne sont déterminées à poursuivre et à renforcer leurs partenariats avec les États africains et les organisations régionales africaines. L’Union européenne apporte une contribution essentielle à la paix et à la stabilité en Afrique. La France continue de se mobiliser contre le terrorisme, aux côtés de ses partenaires, à leur demande et selon leurs besoins, selon une approche globale et renouvelée, esquissée il y a un mois par le président Emmanuel Macron. Cette démarche se traduit par des actions concrètes. L’Académie Internationale de Lutte Contre le Terrorisme d’Abidjan, initiée par la Côte d’Ivoire et la France, avec le soutien politique de l’Union Africaine et de la CEDEAO, s’étend aujourd’hui à l’international.
Troisièmement, nous devons défendre une approche résolument multilatérale. Les instruments des Nations Unies sont essentiels, qu’il s’agisse de groupes d’experts ou de sanctions. La Direction exécutive de lutte contre le terrorisme contribue à une meilleure compréhension de la menace en Afrique et au renforcement de capacités fortes, notamment à travers le Bureau de lutte contre le terrorisme, dont l’Union européenne est le troisième bailleur de fonds.
Quatrièmement, nous devons soutenir le renforcement de la résilience des communautés en collaboration avec les États de la région. Cela signifie tenir compte des facteurs socio-économiques qui contribuent au recrutement de terroristes. Nous devons relever les défis fondamentaux du changement climatique, les liens entre le terrorisme et le trafic de ressources, et tous les crimes qui affectent l’environnement. Il s’agit aussi et enfin de lutter contre la propagande terroriste sur Internet, qui s’appuie sur la désinformation et vise surtout la jeunesse.
Cinquièmement, pour être totalement efficace, notre lutte contre le terrorisme doit s’inscrire dans une réponse mondiale. Cette lutte doit inclure des initiatives conjointes pour favoriser le développement, renforcer la gouvernance et l’État de droit et lutter contre la corruption.
Les offres de pseudo-sécurité faites par certaines sociétés militaires privées et leur sponsor étatique sont à l’opposé de l’approche respectueuse envers les partenaires que j’ai décrite. Ils sont contre-productifs dans la lutte contre le terrorisme et servent un objectif économique d’enrichissement par l’exploitation des ressources naturelles, au détriment de la souveraineté des États africains et des populations, victimes d’abus bien documentés. C’est pourquoi la France encourage l’Union africaine à moderniser et à mettre en œuvre les instruments que l’Organisation de l’unité africaine a mis en place en 1977 contre les sociétés mercenaires.
La France continuera d’œuvrer à la mise en œuvre de cette approche globale, dans le respect des droits de l’homme, des libertés fondamentales et du multilatéralisme.
Merci.