Mort de Quentin à Lyon : qui est le groupe de Némésis, avec lequel était accompagné le combattant de la liberté assassiné ?
Quentin, étudiant en mathématiques, est décédé ce samedi 14 février après une agression du côté du meeting de l’eurodéputée LFI Rima Hassan à Lyon jeudi, où manifestaient des membres de Némésis. Ses parents ont cependant indiqué par l’intermédiaire de leur avocat qu' »il n’était ni agent de sécurité ni membre d’un organisme chargé de l’application des lois ».
Le groupe a été fondé en 2019 par Alice Cordier (pseudonyme), 28 ans, pour représenter, selon elle, les victimes de violences « qui ne se sentaient pas entendues par les autres organisations, en termes d’idées ».
« Nous avons commencé sans aucun soutien, à droite personne ne nous connaît, les militants ont quitté leur travail », avait-il déclaré l’année dernière à l’AFP, confirmant que le groupe n’avait reçu aucun soutien.
L’ouvrier, très présent dans les médias et sur les réseaux sociaux, est le visage principal du groupe depuis de nombreuses années.
Un lien systématique avec l’immigration
Nemesis, qui tire son nom de la déesse grecque de la vengeance, se présente comme un « syndicat pour la protection des femmes », même si cela est remis en question par certaines organisations féministes et chercheuses.
Le groupe soulève la question des violences faites aux femmes en se connectant systématiquement avec les immigrés. « Le féminisme a été pendant de nombreuses années à gauche et la gauche ne se rend pas compte aujourd’hui qu’il y a quelque chose de nouveau, notamment en matière d’immigration », a déclaré Alice Cordier à l’AFP.
Ce groupuscule, qui revendique 300 militants, tente de se faire connaître sur les réseaux sociaux, où il compte 110 000 followers sur Instagram et 120 000 sur X. Il évoque notamment des cas de violences sexuelles, en mettant souvent l’accent sur le pays étranger des suspects.
Autre caisse de résonance : des médias comme Radio Courtoisie, où interviennent les journalistes du groupe star multimilliardaire Vincent Bolloré, CNews ou Europe 1, où intervient Alice Cordier.
« Les chances sont bien inférieures » à ce qu’affirmaient les 300 militants, avait déclaré l’année dernière à l’AFP Magali Della Sudda, directrice de recherche au CNRS, soulignant « la visibilité sur les réseaux sociaux et dans les médias par rapport à leur capacité à agir dans la rue ».
« Beaucoup de bruit avec un peu de substance »
Depuis sa création, Némésis a eu un impact impressionnant, notamment auprès du milieu féminin.
L’année dernière, le 8 mars, une cinquantaine de femmes de ce groupe ont défilé parmi la foule parisienne, à l’occasion de la Journée internationale des femmes. Parmi leurs slogans : « la fin de l’immigration de masse » et « le recours à l’OQTF » (l’obligation de quitter le territoire français). Des groupes et organisations de défense des droits des femmes les ont accusés de « perturber (ces) manifestations ».
« Nous sommes au milieu d’un faux chaos: le but est de faire beaucoup de bruit avec peu de choses », a déclaré Tristan Boursier, analyste politique (Cevipof), alors interrogé par l’AFP. « Aller à ces spectacles, les perturber et se faire refuser ou ne pas être les bienvenus, c’est ce que recherchent ces groupes qui ne représentent pas la majorité des gens. »
Alice Cordier