Meurtre de Samuel Paty : 20 ans de prison requis contre deux auteurs de campagne anti-enseignants.

Le parquet a requis vendredi 27 février 20 ans de prison contre Brahim Chnina et Abdelhakim Sefriouri, deux auteurs de la campagne anti-haine. Samuel Patia été lancé avant qu’il ne soit décapité par un djihadiste tchétchène pour avoir montré des images de Mahomet lors d’une conférence sur la liberté d’expression.

Le procureur général a rappelé que peu de temps avant le drame, Samuel Paty arrivait au collège avec un marteau dans son sac pour se protéger. « C’est dans cette partie qu’il faut juger Chnina et Sefrioui », a-t-il plaidé dans son dossier.

« En moins de deux minutes, nous avons remonté trois siècles en arrière », poursuit le juge en évoquant la décapitation. Il a ajouté qu' »il n’existe pas d’attaque terroriste axée sur des questions sociales. C’est une école qui a été attaquée ».

« La peur est la peur à l’école »

« Vous comprendrez que le terrorisme est une manière de soumettre le peuple, ou une partie du peuple, par la peur et l’intimidation », rappelle le procureur général. Selon lui, les deux accusés « sont restés dans la peur et la terreur à l’école ».

« Je vous demande de les condamner à 20 ans de prison, assortis d’une peine de deux tiers de sûreté. Et d’interdire à jamais Brahim Chnina du territoire français », a demandé le juge à l’issue de sa peine.

La cyber-cabale représentait une « menace » pour l’école qui « existait même avant les attaques d’Anzorov ». Les deux hommes ne le connaissaient pas. Ils ont continué à dire qu’ils n’étaient pas au courant du massacre à venir et qu’ils le feraient. Il dit également qu’il n’a pas été touché par la question de la vulgarité et des caricatures, posée par Anzorov en affirmant que c’était de sa faute.

Brahim Chnina a demandé un sentiment d’injustice envers le père dont la fille lui a dit de quitter la classe parce que Samuel Paty ferait partir les musulmans en montrant le dessin. C’était un mensonge : expulsé pour désobéissance, il n’a pas assisté aux cours.

Quant à Abdelhakim Sefrioui, qui a rejoint Brahim Chnina au début de la campagne en prétendant être le représentant du Conseil des imams en France, il n’était motivé que par son combat contre le racisme et sa conviction que l’enseignant insultait les élèves musulmans.

Une question grossière

La ligne de défense, supprimée par les procureurs : « Nous sommes dans une question grossière », choisit l’avocat principal, se souvenant des témoignages et commentaires antérieurs de l’accusé.

Si Brahim Chnina affichait sa « honte » et ses doléances, ce n’était pas le cas d’Abdelhakim Sefrioui : entre les deux débats religieux et politique, il se présentait comme un publiciste des droits des musulmans, accordés au peuple « rétribution » des autorités françaises et coopération des « médias dans le respect de la loi ».

Vendredi, secouant parfois la tête ou souriant étrangement, l’ancien leader du Collectif Cheikh Yassine, fondateur du Hamas palestinien, militant depuis plus de trois décennies, a écouté le procureur général le qualifier de « traître », qui serait intervenu en estimant qu’il avait l’opportunité de « réinventer l’Islam qui était une cause politique ».

Brahim Chnina, 54 ans, et le militant islamiste Abdelhakim Sefrioui, 66 ans, sont de nouveau inculpés depuis fin janvier par le Tribunal spécial de Paris dans l’affaire en ligne qui porte sur le professeur de géographie tué par Abdoullakh Anzorov le 16 octobre 2020 près du collège de Conflans-Saindrine. (Yvelines).

Le plaignant a demandé que le jugement soit soumis à une période de protection des deux tiers (période pendant laquelle il n’y a pas de modification du jugement). Les deux hommes, qui purgent une peine de 30 ans de prison, ont fait appel de leurs peines de 13 et 15 ans.

La décision est attendue lundi 2 mars, après les appels des avocats de la défense, qui auront lieu ce samedi.

L’article original a été publié sur BFMTV.com

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