Meurtre de Matisse à Châteauroux : la mère du meurtrier condamnée à 24 mois de prison dont 14 avec sursis
La mère de l’adolescent reconnu coupable de le meurtre de Matissetuée à l’âge de 15 ans de plusieurs coups de couteau en avril 2024, a été condamnée vendredi 27 février à 24 mois de prison, dont 14 avec sursis, alors qu’elle était jugée pour violences volontaires.
Le tribunal l’a déclaré coupable « d’un ou deux gifles à la tête », en tenant compte notamment de l’intentionnalité du geste.
Au terme d’une audience de plus de dix heures à huis clos, au cours de laquelle elle a nié les faits, le tribunal a prononcé une peine de 24 mois de prison, dont 14 avec sursis probatoire renforcé et plusieurs obligations, dont celle de soins et l’interdiction d’entrer en contact avec les victimes.
Un jeune de 15 ans reconnu coupable
Son fils, également âgé de 15 ans au moment des faits, ressortissant légal afghan, a été reconnu coupable en mai dernier d’avoir porté les coups mortels à Matisse à la suite d’une bagarre provoquée par une battle de rap le 27 avril 2024.
Il s’est ensuite rendu chez lui pour récupérer un couteau puis est revenu, accompagné de sa mère, pour frapper l’adolescent à plusieurs reprises, dont un touché au cœur.
L’adolescent a été condamné à huit ans de prison par le tribunal pour enfants de Châteauroux le 28 mai 2025, auxquels s’est ajoutée une peine de placement de quinze ans.
« Au dernier stade de l’ignoble »
Sa mère, arrivée au tribunal cachée derrière un foulard et des lunettes de soleil, a été jugée pour « violences sur personne vulnérable sans ITT (incapacité totale de travail) », car les coups « n’ont eu aucun impact » sur l’état de vulnérabilité du jeune Matisse. Elle risquait jusqu’à trois ans de prison.
Le procureur de la République de Châteauroux, David Marcat, qui avait requis une peine de trois ans de prison dont deux avec sursis, a qualifié devant la presse « un acte totalement détaché de ce qui s’est passé par rapport au meurtre », mais « au dernier stade de l’ignoble ».
« Quand un enfant est mourant, rien ne justifie une action (…) contre un mineur mourant », a ajouté David Marcat.
« Une forme de soulagement » pour les parties civiles
L’avocat des parties civiles, Me Brice Tayon, a accueilli cette condamnation avec « une forme de soulagement », malgré « une journée douloureuse, une pluie de mensonges » et des excuses « utilitaires ».
« Ce qui était important pour la famille, c’était d’avoir au moins une partie de la peine de prison », a-t-il réagi.
Le procès, qui s’est ouvert à huis clos vers 10 heures du matin, s’est déroulé sous une forte présence policière. L’accès au palais de justice et à ses abords est resté inaccessible au public.
Un dispositif justifié par un risque important d’être agressé, selon les autorités, qui ont rappelé que la femme de 39 ans avait déjà été copieusement insultée à l’issue du procès de son fils, dans les échauffourées qui avaient conduit à son exfiltration.
Violentes controverses
La nationalité afghane de l’accusé et de sa mère avait donné lieu à de violentes polémiques, des dirigeants politiques de droite et d’extrême droite appelant notamment le gouvernement à durcir sa politique migratoire.
Le meurtre de Matisse a suscité une émotion considérable dans sa ville natale et au-delà. Quelque 8 000 personnes ont défilé dans les rues de Châteauroux dans les jours qui ont suivi sa mort et environ 2 000 personnes ont assisté à la cérémonie organisée en sa mémoire.
Depuis, le père et la mère de Matisse partagent leur combat « contre ces violences » qui peuvent toucher les adolescents, en intervenant dans les écoles pour sensibiliser les jeunes.