« Maison du peuple », « menace d’étouffement » : la France devant le Conseil de l’Europe à cause des prisons, seules la Slovénie et Chypre font pire
Alan Mitchell, président du Comité pour la prévention de la torture (CPT) du Conseil de l’Europe, qui supervise les droits de l’homme sur le continent, a déclaré : « Nous sommes très préoccupés par les conditions de détention dans les prisons en France ».
La délégation du CPT a visité quatre prisons en France fin 2024 (Fleury-Mérogis et Fresnes en région parisienne, Baumettes à Marseille dans le sud et à Villefranche-sur-Saône dans le Rhône) et à la prison pour mineurs de Valentine-Marseille.
Bilan de la visite : « l’augmentation du nombre de personnes incarcérées est très dangereuse ». Le CPT, dont le précédent rapport sur la France a débuté en 2021, a écrit : « La surpopulation carcérale peut transformer les prisons en prisons.
« Néanmoins, la délégation a reçu des motifs raisonnables de violences physiques », notamment des coups et des agressions, selon le document, qui suscitent « une extrême inquiétude » à Fresnes et Villefranche-sur-Saône. La violence entre détenus était courante, notamment « dans les gymnases, où le personnel pénitentiaire intervenait rarement ». Jusqu’à ce que certains refusent de « quitter leur chambre par peur des violences ».
« L’arrestation de Fresnes est injustifiée »
Quant au logement, le CPT affirme que la prison des Baumettes est un centre de détention pour hommes Fleury-Mérogis entièrement repensé. En revanche, « les conditions de détention à la prison de Fresnes étaient inhospitalières, avec des conditions humides, sales et insalubres, et la présence dangereuse de rats, de cafards et de punaises de lit ». A Villefranche et à la prison de Fleury-Mérogis, « les cellules étaient vétustes et exiguës, avec des meubles et des vitres cassés ».
Le rapport critique de manière générale le « régime extrêmement dur » des prisonniers, qui passent « environ 20 heures par jour en cellule et davantage le week-end ». La plus grande pénurie concerne les sections pour enfants où « l’enseignement était limité à une ou deux heures par jour ».
La délégation du CPT a également visité 14 commissariats de police et centres de détention. Il voyait souvent des détritus dans les commissariats de police et des toilettes débordantes.
Les prisonniers interrogés ont fait état de coups et de violences commémorant la mort de George Floyd en 2020. ÉTATS-UNIS : « Plusieurs hommes ont expliqué avoir été plaqués au sol puis saisis par plusieurs policiers, certains d’entre eux enfonçant leurs genoux contre leur poitrine et leur cou, et parfois un pied les écrasant au visage. » « Une telle méthode devrait être revue car elle comporte un risque élevé d’insuffisance respiratoire », a averti le CPT.
Le taux d’occupation total est de 136,5%
Dans leurs réponses contenues dans le rapport, les autorités françaises « montrent leur intention de renforcer la formation dispensée aux agents des forces de l’ordre » et de « faire des travaux ou améliorer les choses ».
Début janvier, le ministre de la Justice Gérald Darmanin il a déclaré vouloir lutter contre la surpopulation, notamment en construisant des prisons, mais en interdisant toute loi sur la surpopulation. Son ministère prévoit d’ouvrir 3 000 places supplémentaires dans des prisons permanentes d’ici un an et demi. Selon les statistiques officielles, il y avait 86 229 détenus dans 63 613 prisons en France au 1er décembre 2025, soit 136,5 % de la population.
« Le CPT est fermement convaincu que la construction de nouvelles prisons ou l’augmentation de la capacité carcérale ne résoudront pas le problème de la surpopulation », selon le rapport.
La France est l’un des pays les plus performants d’Europe en matière de surpopulation carcérale. Seules la Slovénie et Chypre sont dans une situation pire, selon une enquête publiée en juillet par le Conseil de l’Europe, qui compte 46 Etats membres.