Macron s’engage à rétablir le calme dans la France frappée par les émeutes « le plus rapidement possible »

Nouméa :
Le président Emmanuel Macron a atterri jeudi en Nouvelle-Calédonie, territoire français du Pacifique, s’engageant à rétablir le calme « le plus rapidement possible » après les troubles séparatistes qui ont fait six morts et des centaines de blessés.
Macron est arrivé dans la capitale Nouméa pour rencontrer des dirigeants politiques et économiques dans le cadre d’une mission à enjeux élevés visant à mettre fin à plus d’une semaine de pillages, d’incendies criminels et d’affrontements meurtriers qui ont balayé cette destination de vacances populaire.
Après être descendu de l’avion à l’aéroport international de la Tontouta, le dirigeant français a déclaré que son objectif était que « le plus rapidement possible, il y ait un retour à la paix, au calme et à la sécurité ».
« C’est la priorité absolue », a déclaré Macron.
Les autorités françaises ont envoyé environ 3 000 soldats, policiers et autres renforts de sécurité pour apaiser les troubles, qui ont laissé les îles jonchées de voitures carbonisées et de restes d’écoles, de magasins et d’entreprises incendiés.
La police a arrêté 269 personnes depuis le début des troubles le 13 mai, ont indiqué des responsables.
Macron a observé une minute de silence pour les six morts, dont deux policiers, et a promis que les forces de sécurité resteraient « aussi longtemps que nécessaire ».
Le haut-commissaire représentant la France, Louis Le Franc, a déclaré que la nuit précédente avait été calme.
« Il n’y a pas eu de dégâts supplémentaires, mais beaucoup de choses ont été détruites », a-t-il déclaré à l’AFP.
Il existe depuis longtemps des tensions entre le gouvernement de Paris et les voix indépendantistes parmi les autochtones Kanak, qui représentent environ 40 pour cent de la population.
Des barrages kanak
Les troubles les plus meurtriers de l’archipel depuis quatre décennies ont été déclenchés par le projet français d’accorder le droit de vote à des milliers de résidents non autochtones, ce qui, selon les Kanaks, diluerait l’influence de leurs propres votes.
Des correspondants de l’AFP ont constaté que les Kanaks tenaient toujours des barrages routiers renforcés le jour de la visite de Macron, arborant des drapeaux indépendantistes et brandissant des banderoles de protestation contre la réforme électorale.
Après avoir parcouru 17 000 kilomètres (10 500 miles) depuis la France métropolitaine, Macron devait passer environ 12 heures au sol.
Il s’est rendu pour la dernière fois en Nouvelle-Calédonie en juillet 2023, lors d’un voyage boycotté par les représentants kanak.
Le parti indépendantiste FLNKS a déclaré que les barrages routiers seraient renforcés et que des « comités d’accueil » seraient mis en place pour saluer le président, soutenus par le groupe d’activistes CCAT qui a organisé des manifestations contre la réforme du vote.
Le CCAT a annoncé qu’il bloquerait les principales routes menant au nord de l’île tout au long de la journée de jeudi.
« Je ne sais pas pourquoi des gens qui ne vivent même pas ici discutent de notre sort », a déclaré Mike, un Kanak de 52 ans, à un barrage routier au nord de la capitale, à la veille de l’arrivée de Macron.
Des habitants armés, d’origine française ou autre, ont érigé leurs propres barricades dans les quartiers.
La France a imposé la semaine dernière l’état d’urgence, entraînant l’assignation à résidence des militants kanak, un couvre-feu nocturne et l’interdiction de TikTok, des rassemblements, de la vente d’alcool et du port d’armes.
La mesure de crise de 12 jours ne sera pas prolongée si toutes les parties appellent à la fin des blocus, a déclaré Macron en annonçant la création d’un groupe de travail pour faire face à la situation.
Des touristes piégés
Les touristes coincés ont commencé à fuir les troubles.
L’Australie a déclaré que 187 personnes avaient été rapatriées par avion vers le pays. La Nouvelle-Zélande a également rapatrié de nombreux touristes via l’aéroport national de Nouméa Magenta.
D’autres vols d’évacuation touristique seront organisés lorsque l’aéroport international rouvrira aux vols commerciaux, ce que l’opérateur espère avoir lieu samedi.
La Nouvelle-Calédonie a rejeté à trois reprises l’indépendance lors de référendums. Le dernier de ces scrutins a eu lieu pendant la pandémie de Covid-19 et a été boycotté par les Kanaks qui s’opposent farouchement à la domination française.
Le projet de donner le droit de vote à ceux qui vivent sur le territoire depuis au moins dix ans exacerbe le ressentiment kanak mais est largement soutenu par les élus pro-France.
Macron a exclu de revenir sur le résultat des référendums, affirmant que la paix ne pouvait pas se faire au prix d’ignorer la volonté du peuple ou de « nier d’une manière ou d’une autre le chemin déjà emprunté ».
Une option qui s’offre à Macron serait de retarder le projet de loi sur le droit de vote, qui a été approuvé par la chambre basse mais doit encore être ratifié par un congrès des deux chambres du Parlement français.
(À l’exception du titre, cette histoire n’a pas été éditée par le personnel de NDTV et est publiée à partir d’un flux syndiqué.)