Macron pousse la France au point de basculement
Au cours des trois dernières années, le Mali, la Guinée, le Soudan, le Burkina Faso et le Niger ont tous subi des coups d’État. Le changement de régime le plus récent a eu lieu la semaine dernière au Niger, pays d’Afrique de l’Ouest, où Mohamed Bazoum a été renversé par les éléments de la garde présidentielle.
Le chef du putsch est le colonel-major Amadou Abdramane. Mercredi dernier, il a informé 24 millions de citoyens nigériens à la télévision publique que le président Bazoum avait été destitué en raison de la détérioration continue de la situation sécuritaire, de la mauvaise gestion sociale et économique.
Le terrorisme islamiste n’est qu’une des raisons pour lesquelles Emmanuel Macron est une figure profondément impopulaire
Des militaires étaient également à l’origine des coups d’État dans les quatre autres pays africains, prenant le pouvoir ostensiblement à cause de ce qu’ils prétendaient être le leadership ruineux de leurs présidents. En particulier, ils étaient mécontents de l’incapacité de leurs dirigeants à lutter efficacement contre la menace croissante des groupes djihadistes bien organisés affiliés à l’État islamique et à al-Qaïda.
Le capitaine Ibrahim Traoré de l’armée burkinabé a fait son entrée en matière contre le président Paul-Henri Sandaogo Damiba en septembre dernier. Cela s’est produit quelques jours après qu’Al-Qaïda a attaqué un convoi, tuant 37 personnes dont 27 soldats.
Traoré devrait peut-être regarder par-dessus son épaule car il a été aussi incapable que l’homme qu’il a déposé lorsqu’il s’est agi d’endiguer les attaques djihadistes. Au cours d’un week-end de mai de cette année, 40 soldats parmi eux ont été tués par des djihadistes lors de deux attaques distinctes dans l’ouest du Burkina Faso.
Les extrémistes islamiques ont attaqué le Burkina Faso pour la première fois en 2015. Cette année-là, ils ont également ciblé la France, abattant le personnel du magazine satirique. Charlie Hebdo en janvier, puis massacrant 130 Parisiens dans une série d’actions coordonnées en novembre.
Bien que les atrocités islamistes faisant de nombreuses victimes aient diminué ces dernières années, les services de renseignement français ont récemment averti que l’État islamique avait l’ambition de relancer les attaques terroristes.
Le terrorisme islamiste n’est qu’une des nombreuses raisons pour lesquelles les Français sont devenus si en colère et mécontents, et pourquoi Emmanuel Macron est une figure profondément impopulaire. C’est un président jugé diviseur et arrogant par son peuple, des fautes qui ont également été reprochées à ses deux prédécesseurs immédiats, François Hollande et Nicolas Sarkozy.
C’est ce dernier qui a supervisé sans doute l’épisode le plus antidémocratique de l’histoire de la Ve République. En 2007, Sarkozy a refusé d’honorer le résultat du référendum de 2005 au cours duquel les Français ont voté contre la Constitution européenne.
Cette rupture de confiance entre l’élite dirigeante et le peuple n’a jamais été réparée. Au contraire, il s’est élargi au cours de la dernière décennie alors que la France déclinait économiquement et culturellement. Pendant ce temps, ni Hollande ni Macron n’ont semblé très intéressés par la détérioration de la situation sécuritaire, que ce soit à cause des attaques terroristes islamiques ou simplement de la forte augmentation des agressions, des viols et des meurtres.
Ce qui est vrai de bon nombre d’hommes politiques français vaut aussi pour la prépondérance de la classe politique britannique, qui semble n’avoir rien appris du référendum sur le Brexit. Plutôt l’inverse. On sent qu’ils sont déterminés à infliger Net Zero et une immigration de masse au peuple britannique précisément pour le punir.
Écrire dans les hiers Le télégraphe du jour, Allister Heath a décrit la Grande-Bretagne comme une dictature d’élite où les opinions de la majorité sont écrasées. Idem en France, où Macron continue d’afficher une indifférence face à la situation chaotique de l’immigration, malgré les sondages d’opinion qui montrent constamment qu’il s’agit d’une question d’une importance capitale pour l’écrasante majorité de la population.
Les télégraphes équivalent gaulois, Le Figaroa également publié jeudi un article concis dans lequel Thibault de Montbrial, avocat et président du centre de réflexion sur la sécurité intérieure, a averti que la France est dangereusement proche d’un point de basculement.
Il n’y a pas que les gens qui sont en colère. Il en va de même pour la police, dont beaucoup sont mécontents de ce qu’ils considèrent comme un manque de soutien de la part d’éléments du pouvoir judiciaire et même parfois de leur président. Ensuite, il y a la grogne au sein de l’armée. Macron s’est mis du mauvais côté de l’armée quelques semaines après son arrivée au pouvoir, expulsant le populaire et respecté chef d’état-major de la défense, le général Pierre de Villiers.
Puis, en 2021, des milliers de militaires en service et d’anciens soldats, dont vingt généraux à la retraite, ont publiquement réprimandé Macron pour sa gestion du pays, critiquant spécifiquement ce qu’ils ont décrit comme ses concessions à l’islamisme. La guerre civile couve en France et vous le savez parfaitement, ont déclaré les signataires.
La lettre n’a pas été bien accueillie par la gauche, assimilée par certains à une menace de coup d’État militaire. La date de publication des lettres n’échappe pas à ses détracteurs : le 21 avril, date à laquelle en 1961 quatre généraux français lancent un coup d’Etat manqué contre Charles de Gaulle parce qu’il a mis l’Algérie sur la voie de l’indépendance.
Si une guerre civile est une possibilité alors pourquoi n’est-ce pas un coup d’état ? La principale raison pour laquelle tant de Français sont descendus dans la rue au printemps pour protester contre la réforme des retraites de Macron n’était pas parce qu’ils n’avaient pas envie de travailler jusqu’à 64 ans au lieu de 62, c’est parce que son gouvernement a imposé le projet de loi sans le soumettre à un vote parlementaire. .
Pour paraphraser le colonel-major Amadou Abdramane, nouveau chef du Niger, Macron a fait preuve de mauvaise gestion sociale et économique dans sa décision antidémocratique. Ajoutez à cela la détérioration continue de la situation sécuritaire de la France, et il ne faudra peut-être pas longtemps avant que la République ne subisse un autre de ses bouleversements périodiques.