L’Union africaine devrait avoir un siège à la table du G20, la France insiste
Le président français Emmanuel Macron a déclaré aux dirigeants mondiaux réunis à Bali que Paris « soutient l’intégration pleine et entière de l’Union africaine au G20 », au même titre que l’Union européenne en est membre.
« Si nous voulons exprimer une réelle solidarité avec le Sud, nous devons accepter que l’Union africaine, comme l’Union européenne, vienne à la table », a déclaré Emmanuel Macron lors d’une conférence de presse mercredi.
L’Afrique du Sud est actuellement le seul membre africain du G20.
Le président sénégalais Macky Sall, qui dirige l’Union africaine, a précédemment appelé à une refonte de la gouvernance internationale et a appelé à une plus grande représentation africaine dans des organes tels que le Conseil de sécurité de l’ONU et le G20.
En octobre, Sall a déclaré que le multilatéralisme devait « servir les intérêts de tous » ou bien risquer la « perte de légitimité et d’autorité ».
Sall et le président sud-africain Cyril Ramaphosa étaient présents au sommet des dirigeants du G20 cette semaine.
Le président français a également annoncé qu’il tiendrait en juin une conférence internationale sur un nouveau pacte financier avec le Sud, insistant sur le fait qu' »il ne faut pas demander à ces pays de soutenir le multilatéralisme s’il n’est pas en mesure de répondre à leurs urgences vitales ».
Droits de tirage spéciaux
Il s’agira notamment de faire le point sur la réaffectation des droits de tirage spéciaux (DTS) du Fonds monétaire international (FMI) des pays riches vers les pays pauvres.
La France s’est engagée, avec quelques autres pays, à pouvoir réallouer 30% des « droits de tirage spéciaux » aux « pays les plus fragiles ».
Les DTS sont une sorte de monnaie créée par le FMI. Ils peuvent être accordés par le FMI directement aux pays membres qui peuvent les utiliser soit pour rembourser leurs obligations envers le FMI, soit pour ajuster leurs réserves monétaires.
Macron a également expliqué que la réunion du G20 de mardi et mercredi avait « permis d’avancer en matière de restructuration des dettes des pays les plus fragiles, qui est un élément clé de la solidarité ».
Il a insisté pour impliquer davantage le secteur privé, notamment dans les secteurs de l’énergie, de l’agriculture et de l’industrie, en facilitant l’accès aux financements.
« Nous devons, dans le cadre de ce nouveau pacte financier, intégrer également la question de la vulnérabilité climatique », a insisté Macron.
Un groupe d’experts a été mandaté en marge de la conférence sur le climat COP27 à Charm-el-Cheikh en Egypte pour prendre des mesures pour mettre en place des « mécanismes financiers spécifiques », a-t-il expliqué.