L’Irlande et la France signent un accord pour connecter directement l’électricité irlandaise au réseau électrique du continent européen
Avec l’interconnexion celtique, l’Irlande sera connectée pour la première fois au réseau électrique de l’Europe continentale, permettant à l’Irlande et à la France d’importer et d’exporter de l’électricité en cas de besoin.

La France et l’Irlande, par l’intermédiaire de leurs opérateurs nationaux de réseaux de transport d’électricité, ont signé le 25 novembre un accord pour la construction de l’interconnexion celtique qui connectera directement le réseau électrique irlandais à l’Europe continentale pour la première fois.
Le chef du gouvernement irlandais Michel Martin, le ministre irlandais de l’Environnement Eamon Ryan et la ministre française de la Transition énergétique Agns Pannier-Runacher se sont rencontrés à Paris pour assister à la signature du projet de construction de 575 kilomètres de câble hybride sous-marin reliant la côte sud de L’Irlande à l’ouest de la France.
Il s’agit de la première interconnexion directe du réseau électrique irlandais avec l’Europe continentale et facilitera l’importation et l’exportation d’électricité entre les pays de l’Union européenne.
L’interconnexion électrique a une capacité de 700 MW, suffisante pour alimenter 450 000 foyers, selon les déclarations officielles françaises et irlandaises.
Lorsque l’Irlande produira beaucoup d’électricité à partir du vent, elle pourra la vendre à la France, et la France pourra vendre son électricité à l’Irlande lorsque la France aura un surplus d’électricité.
Dans un pays où certaines personnes utilisent encore du gazon pour chauffer leurs maisons, le vent représentait 37 % de toute l’électricité produite en Irlande en 2020, la deuxième source derrière le gaz naturel (52 %) selon la Sustainable Energy Authority of Ireland.
Exporter et importer de l’électricité avec les États membres de l’Union européenne
Une partie de l’électricité française vendue à l’Irlande sera nucléaire bien que la production nucléaire soit interdite dans le pays. Cependant, il reçoit déjà de l’énergie nucléaire civile du Royaume-Uni avec une interconnexion (la Grande-Bretagne est déjà directement connectée au réseau électrique continental européen).
Xavier Piechacyzk, président du directoire de RTE, et Mark Foley, directeur général d’EirGrid, les opérateurs français et irlandais des réseaux de transport d’électricité, ont signé l’accord. Les deux sociétés seront en charge de la construction de l’interconnexion celtique. Pour M. Foley, cette interconnexion est «le projet d’infrastructure irlandais le plus important de cette décennie.
Le projet devrait démarrer en 2023 pour être opérationnel d’ici 2026. Il devrait coûter un peu plus de 1,6 milliard d’euros (1,7 milliard de dollars). Une subvention de 2019 du Connecting Europe Facility, un instrument de financement de l’Union européenne pour les investissements dans les infrastructures, a fourni 531 millions d’euros à RTE et EirGrid pour le projet.
L’interconnexion celtique reliera les villes de Knockraha dans le comté de Cork à La Martyre en Bretagne, qui ont été identifiées comme les deux emplacements optimaux pour la connexion au réseau.
Agns Pannier-Runacher, ministre française de la Transition énergétique, a déclaré : «cette interconnexion contribuera à sécuriser l’approvisionnement électrique français et européen, et accélérera l’utilisation des énergies renouvelables dans toute l’Europe.
Taoiseach, nom irlandais équivalent à Premier ministre, Michel Martin a déclaré «l’interconnexion celtique contribuera à réduire les coûts et à accroître la sécurité d’approvisionnement des consommateurs d’énergie irlandais et français. […] Aujourd’hui marque une étape importante dans la coopération de l’Irlande avec ses partenaires de l’UE pour assurer une transition énergétique à faible émission de carbone.»
Pour le ministre irlandais de l’Environnement, cet accord signifie que l’Irlande pourra «importer de l’énergie d’Europe quand nous en avons besoin, et surtout, cela signifie que nous pouvons également exporter de l’énergie, en particulier lorsque nous commençons à réaliser l’énorme potentiel de notre capacité éolienne offshore.
Le 9 novembre, le gouvernement irlandais a accepté la première vente aux enchères du pays pour la construction de parcs éoliens offshore, un grand potentiel inexploité pour le pays. Ils devraient fournir 2,5 GW d’énergie renouvelable au réseau irlandais, soit l’équivalent de la puissance nécessaire à 2,5 millions de foyers irlandais.
Lire plus d’actualités sur l’Irlande