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Les sénateurs français avertissent que la France est « submergée par le trafic de drogue »

Les douaniers français découvrent de la cocaïne cachée dans une valise alors qu'ils inspectent les bagages d'un passager à destination de Paris à l'aéroport international de Cayenne, en Guyane française, le 24 mars 2024.

Après six mois d’enquête, 158 auditions tenues avec des enquêteurs, des magistrats, des universitaires, des journalistes, des représentants de la profession judiciaire et des organismes de logement social ; 8 visites sur place, notamment à Marseille, Le Havre et Anvers, Belgique ; et 19 contributions écrites d’organisations d’experts, le rapport de la commission du Snat français sur le trafic de drogue présidée par le sénateur socialiste Jrmé Durain publié mardi 14 mai, marque une étape indéniable. Il reconnaît un problème qui menace aujourd’hui la stabilité des institutions françaises.

Le rapport, achevé entre novembre 2023 et mai 2024, n’est pas sans défauts. La dimension santé, en particulier, est délibérément omise ; et la recommandation de certaines solutions juridiques est discutable. Il donne pourtant un aperçu sans concession d’un phénomène souvent ignoré par les gouvernements de tous bords depuis des décennies, qui, au lieu de s’attaquer à ses racines, ont préféré lutter contre ce qui remonte à la surface.

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Pour commencer, le comité a résumé la situation en un mot : « submersion ». « Le trafic de drogue s’infiltre partout, avec pour corollaire une violence exacerbée », écrivent avec fatalisme les sénateurs, ajoutant que « comme une marée inexorablement montante, le trafic de drogue semble toujours trouver le moyen de s’infiltrer ». De plus, affirment-ils, son omniprésence a entraîné une mainmise croissante sur certains quartiers les plus défavorisés, exposant leurs habitants à un « quotidien insupportable » ponctué d’incivilités, d’insécurité et de dégradation des équipements publics, ponctué d’une politique ultra-sociale. des règlements de comptes violents entre bandes rivales qui aboutissent parfois à « l’assassinat de victimes collatérales ».

Terreur et pouvoir financier

Surtout, le rapport révèle le danger réel que représente la croissance exponentielle du trafic de drogue : la création d’un modèle social parallèle avec ses propres hiérarchies, sa propre police chargée d’assurer la sécurité des réseaux de trafic, sa propre économie « tayloriste », avec « spécialisation des tâches et création d’un marché du travail parallèle. » Autrement dit, une véritable contre-société dont l’efficacité est garantie par les deux forces puissantes qu’elle emploie au quotidien : non pas le contrat social, mais la terreur et le pouvoir financier, qui lui garantissent le soutien résigné ou actif des populations délaissées, qui ont ont été privés d’accès aux services publics, isolés et abandonnés à leur sort.

Loin de se limiter aux périphéries des grandes villes, le trafic s’est également étendu « aux zones rurales et aux villes moyennes », où il en est venu à imposer ses propres codes. A la fois base de repli, zone de conquête commerciale et lieu de stockage des marchandises vendues par les réseaux, cet « arrière-front » n’est plus à l’abri d’une « explosion de violence particulièrement spectaculaire », écrivent les sénateurs. comme en témoigne la situation dans des villes longtemps épargnées par les gangs de drogue, comme Besanon ou Le Creusot dans l’est de la France.

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