Les partis politiques français se lancent dans une nouvelle offensive après le succès de l’extrême droite – BBC News
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- Auteur, Paul Kirby
- Rôle, BBC News à Paris
Les rivaux politiques français ont à peine eu le temps de digérer les résultats du succès électoral du Rassemblement national (RN) qu’ils ont dû lancer une nouvelle campagne pour le vote final.
Le parti anti-immigration a obtenu un tiers des voix au premier tour des élections législatives. Il vise désormais la majorité absolue.
Le chef du RN, Jordan Bardella, qui espère devenir le prochain Premier ministre français, a appelé les électeurs à faire un choix entre une alliance de gauche qu’il a qualifiée de « menace existentielle pour la nation française » et un parti de patriotes prêts à passer à l’action.
Le Premier ministre Gabriel Attal, qui pourrait être à quelques jours de perdre son poste, affirme que l’enjeu est clair : empêcher l’extrême droite de remporter une majorité absolue.
Emmanuel Macron, qui a convoqué des élections et propulsé la France dans une crise politique, est encore président depuis trois ans et a juré de ne pas démissionner.
Mais le mouvement centriste qu’il a fondé n’est arrivé que troisième au premier tour et se trouve désormais éclipsé par une alliance de gauche appelée Nouveau Front populaire, ainsi que par le Rassemblement national de Marine Le Pen et Jordan Bardella.
Sur les 577 sièges de l’Assemblée nationale, le RN a besoin de 289 pour former une majorité absolue et faire passer son programme sur l’immigration, l’ordre public et les baisses d’impôts.
Il veut restreindre la protection sociale aux citoyens français, abolir le droit automatique à la nationalité française – droit du sol – pour les personnes arrivées en France enfants, et empêcher 3,5 millions de personnes ayant la double nationalité d’occuper des emplois sensibles et stratégiques.
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Le RN et ses alliés disposent déjà de 38 sièges confirmés, remportés dimanche avec plus de la moitié des voix locales au premier tour. Le Front populaire en compte 32 et l’alliance Macron seulement deux, signe du retard accumulé par le parti au pouvoir.
501 autres sièges restent encore à attribuer et les trois grands blocs de partis ont de grandes décisions à prendre dans les prochaines 24 heures.
Les candidats qualifiés pour le second tour de dimanche pour le camp Macron ou le Front populaire ont désormais jusqu’à mardi 18h00 pour décider s’ils se retirent ou non, afin de maximiser les chances d’un rival politique de battre le Rassemblement national.
Le Front populaire et le camp de Macron Ensemble ont tous deux appelé les électeurs à ne pas voter pour l’extrême droite.
Mais les tensions entre les deux hommes ont éclaté au grand jour lundi, signe de l’ampleur des enjeux de cette élection et de l’intensité d’une campagne aussi brève.
La cheffe de file des Verts, Marine Tondelier, était au bord des larmes lors d’une interview à la radio, lorsqu’elle a réagi avec colère à l’appel d’un ministre de Macron à ne pas soutenir le plus grand parti de l’alliance de gauche.
Le ministre des Finances Bruno Le Maire avait déclaré quelques instants plus tôt que les électeurs devraient se tenir à l’écart de La France Insoumise, que ses détracteurs dénoncent comme extrémiste, tout comme ils ne devraient pas voter pour le parti de M. Bardella.
Mme Tondelier a déclaré qu’elle avait vécu pendant dix ans dans une ville tenue par Marine Le Pen du Rassemblement national et que l’alliance Macron avait mal compris le problème et avait choisi le déshonneur et la lâcheté.
« Le Rassemblement national a-t-il une chance d’obtenir la majorité absolue à l’Assemblée nationale ? La réponse est oui. La France insoumise est-elle en position d’obtenir la majorité absolue ? La réponse est non. »
Ce qui est inhabituel dans cette élection, c’est que plus de 300 élections locales se déroulent en ballottage entre trois candidats.
Le taux de participation de dimanche, de 66,7 %, était le plus élevé depuis 1997, ce qui signifie que plus de candidats que jamais se sont qualifiés pour le second tour.
Mais lundi après-midi, un grand nombre de candidats arrivés en troisième position s’étaient retirés de la course, selon Le Monde, notamment ceux d’Ensemble et des partis individuels du Front populaire.
L’un des principaux responsables du RN, Sébastien Chenu, s’est dit confiant que même si son parti n’atteignait pas les 289 sièges, il parviendrait à « trouver des partisans » dans la nouvelle Assemblée nationale.
Il a déclaré qu’il y aurait peut-être des députés désireux d’éviter que l’Assemblée ne soit bloquée, et que si cela était possible, « nous assumerions nos responsabilités devant le peuple français ».