Les législateurs français se préparent à un débat houleux sur le soutien à l’Ukraine
L’heure est officiellement venue de la clarification politique. Deux semaines après la conférence de Paris en soutien à l’Ukraine, les parlementaires français discuteront de la stratégie d’aide de la France à ce pays attaqué par la Russie. Le débat sera suivi d’un vote mardi 12 mars. Bien que le vote soit purement symbolique, la séance s’annonce houleuse. Les partis d’opposition sont particulièrement en colère contre les récentes déclarations du président Emmanuel Macron, qui n’a pas exclu l’envoi de troupes terrestres en Ukraine et n’a exprimé « aucune limite » au soutien à Kiev. Une position jugée « irresponsable » par l’ensemble de l’Assemblée, à l’exception du bloc présidentiel.
A trois mois des élections européennes de juin, tous les éléments sont réunis pour que ce débat se transforme en affrontement entre la coalition présidentielle et le Rassemblement national (RN) d’extrême droite, accusé d’être proche de Vladimir Poutine. , et qui devance de 13 points (31%) la liste du camp Macron (18%) selon un sondage publié lundi.
« Pour le RN, face à la Russie, toute mollesse, toute faiblesse est bonne », a attaqué samedi à Lille le Premier ministre français Gabriel Attal, au lancement de la campagne de son parti pour les élections européennes. Le Premier ministre devrait défendre devant les députés l’accord bilatéral de sécurité franco-ukrainien du 16 février. « Le RN dit soutenir l’Ukraine, mais adopte le langage du Kremlin », accuse Stéphane Séjour, le ministre des Affaires étrangères, dans le journal économique. La Tribune le dimanche.
Hésitant entre s’abstenir ou voter contre jusqu’à la veille du débat, les députés du RN se décideraient « en fonction du discours de Gabriel Attal », a expliqué le vice-président du parti d’extrême droite, Sébastien Chenu, à la télévision française. Dimanche, ajoutant que « nous avons des lignes rouges qui nous empêcheraient probablement de voter ». Des lignes rouges telles que « l’adhésion de l’Ukraine à l’Union européenne » et « les troupes sur le terrain », a-t-il déclaré. Le président du parti, Jordan Bardella, a invoqué mardi ces mêmes lignes rouges sur une autre chaîne, annonçant que « le RN s’abstiendra ».
A gauche, le coordinateur du parti La France Insoumise (LFI, gauche radicale), Manuel Bompard, a utilisé dimanche des termes similaires pour exposer sa position. « Quand nous sommes appelés à donner notre avis sur un texte, et que ce texte contient des questions aussi importantes que l’adhésion de l’Ukraine à l’Union européenne, ou l’adhésion de l’Ukraine à l’OTAN, ce sont pour nous des lignes rouges, et il est hors de question pour nous de nous de voter en faveur de ce texte », a-t-il déclaré sur la radio privée RTL.
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